/news/society
Navigation

Déluge du Saguenay: sa propriété sauvée par une statue du Sacré-Cœur?

Coup d'oeil sur cet article

Un habitant du secteur La Baie, Kelley Claveau, a assisté à la destruction de son quartier lors des inondations tragiques de juillet 1996, mais sa maison et son dépanneur adjacent ont été épargnés par les flots.

• À lire aussi: Déluge du Saguenay: «Le coffre-fort de la Caisse populaire n’a jamais été retrouvé»

• À lire aussi: Il y a 25 ans, le déluge du Saguenay

En entrevue à TVA Nouvelles 25 ans plus tard, M. Claveau s’est souvenu des minutes d’angoisse alors qu’on annonçait à la radio que sa maison serait la prochaine touchée par le déluge. 

L’homme qui refusait de quitter son domicile malgré l’ordre d’évacuation s’est dirigé dans son commerce pour récupérer ses documents d’assurance, mais en ressortira quelques instants plus tard avec dans les bras, une statue du Sacré-Cœur.

Capture d'écran TVA Nouvelles

«Elle était dans le coin du dépanneur, je suis allé pour sortir et je vous jure que c’est vrai, ce n’est pas une histoire inventée, ça fait comme un “flash”! Je lui ai dit “toi, tu peux faire de quoi pour nous autres”. Je suis retourné dans le dépanneur, j’ai pris mon Sacré-Cœur, et je suis sorti», raconte l’homme au journaliste Michel Jean. 

Si tout le monde lui demandait où il s’en allait avec sa statue religieuse alors que l’urgence se faisait sentir, il l’a finalement installée près d’une borne-fontaine, sur un terrain surélevé, devant le dépanneur. 

Contre toute attente, le fort débit d’eau a contourné la propriété et n’y aura fait aucun dommage. 

La maison de Kelley Claveau | archives | TVA Nouvelles

«Les journalistes me parlaient par après et me demandaient quelle prière j’avais faite. Je leur expliquais que j’ai [parlé à mon Sacré-Cœur] comme à un ami», se souvient le Baieriverain. 

S’en remettre à Dieu

La situation était tellement épouvantable que l’homme a jugé que la seule chose qui pouvait venir à son secours était une force plus grande que nature. 

«Y’a une seule chose qui pouvait nous sauver: la force d’en haut. L’eau descendait là... ce n’était pas un verre d’eau! Le bruit que les roches faisaient dans le fond de la rivière, tu as ça pendant des semaines de temps dans la tête!»

Kelley Claveau a finalement remplacé la statue religieuse de deux pieds de haut par une plus grande et plus imposante, qu’il a placée dans son jardin, derrière une vitre de protection, l’année suivant le déluge. Pour lui, c’est une façon de remercier Dieu. 

À La Baie, personne ne s’en moque, bien au contraire. 

Capture d'écran TVA Nouvelles

«Dans le monde d’aujourd’hui où on n’a pas vraiment de respect pour la religion, beaucoup de gens passent et saluent le Sacré-Cœur. Les personnes qui passent font le signe de croix, même les enfants. Moi-même j’ai été surpris», admet-il. 

Au-delà de tout, ce que Kelley Claveau retient, 25 ans plus tard, c’est la grande solidarité qui a permis aux citoyens de se remettre de la tragédie, malgré tout. 

«La force qu’on a eue, la force d’être ensemble. On s’est beaucoup entraidé dans les dossiers de reconstruction, on a fait front commun. À un moment, j’avais quasiment un bureau de psychologue au dépanneur pour essayer de remonter les gens. Quand ta maison est partie, c’est autre chose que de ramasser des dégâts», conclut-il. 

À VOIR AUSSI