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Démocrates, mais pas trop

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Tout comme au Québec des électeurs dénoncent que les enjeux de Montréal ou de Québec prennent le pas sur les préoccupations de certaines régions, les Américains des zones rurales se sentent régulièrement délaissés et même méprisés. 

Depuis plusieurs cycles électoraux déjà, les démocrates sont associés, souvent avec raison, aux élites intellectuelles des grands centres, là où la formation politique fait régulièrement le plein d’électeurs. Déjà la formation a dû modifier sa stratégie pour récupérer les habitants des banlieues séduits par Donald Trump.

Si la performance s’est améliorée dans les banlieues lors de la campagne 2020, le Parti démocrate a encore fort à faire pour préserver cet électorat, mais également pour effectuer des gains en zones rurales. Le défi est de taille et l’enjeu crucial si on veut préserver la majorité à la chambre.

À quel point l’image de ce parti est-elle mauvaise? Assez pour que des candidats du Midwest ou du Sud ne mentionnent pas leur affiliation dans des publicités ou lorsqu’ils courtisent directement les électeurs! C’est notamment le cas de Tim Ryan dans cette publicité de 3 minutes. 

Ryan tente de se faire élire en Ohio et le représentant sortant est un républicain.

Le site Axios rapportait lundi matin que les stratèges démocrates sont déjà à pied d’œuvre et qu’ils tentent d’aider les candidats démocrates à se défaire de l’étiquette associée à leur parti. On met de côté les grandes théories dont débattent les universitaires, on évite un vocabulaire trop recherché et on se concentre sur un populisme économique plus près des intérêts des électeurs de ces régions.

Qu’on l’admette ou non, le ton et les mots retenus ont une grande incidence sur les résultats espérés. Quand on observe attentivement le programme de Joe Biden, on y trouve beaucoup plus de propositions ou de solutions aux problèmes des zones rurales que ce Donald Trump a pu avancer.

Trump a su parler à ces électeurs, leur donner l’impression qu’il serait un politicien différent et qu’il ne les prenait pas de haut. Maintenant que plusieurs d’entre eux ont constaté que la manne espérée ne se matérialisera pas, le moment est opportun pour les démocrates de mettre en valeur des propositions concrètes. D’où l’urgence de se défaire des étiquettes.

Si on parvient à convaincre les électeurs que tous les démocrates ne se ressemblent pas et qu’on trouve les bons mots, on ne devrait pas ensuite éprouver des difficultés à présenter des crédits d’impôt pour les enfants, le plan d’infrastructure, des mesures pour protéger les droits des travailleurs ou encore un accès fiable `internet à la grandeur du pays. Toutes ces idées sont déjà sur la table.

Centré sur les zones urbaines et fort de l’appui des minorités qu’on courtise avec succès depuis longtemps, le Parti démocrate doit maintenant s’éloigner un peu des seules préoccupations des progressistes et de sa faction la plus à gauche. Les électeurs à séduire sont majoritairement blancs et ils vivent hors des grands centres.

Il semble que même Bernie Sanders soit devenu plus pragmatique depuis qu’il collabore régulièrement avec Joe Biden. Ce dernier sait mieux que quiconque que sa formation politique a besoin de préserver l’appui des indépendants, tout comme il est parfaitement conscient que des républicains déçus de la mainmise de Trump sur le Parti républicain pourraient lui permettre de préserver les majorités dans les deux chambres, majorités dont il a grandement besoin pour aller de l’avant avec un programme ambitieux.