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Godbout veut sortir du «désert alimentaire»

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Sur la Côte-Nord, la municipalité de Godbout espère séduire des touristes pour les inciter à fonder un dépanneur dans la région et se sortir ainsi du «désert alimentaire».

Selon l’Institut national de Santé publique du Québec, une population relativement défavorisée vit dans un désert alimentaire en milieu rural lorsque ses résidences se trouvent en moyenne à plus de 16 kilomètres d’une épicerie.

C’est le cas à Godbout, comme le confirme le «Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord», une étude publiée en mai dernier par la Table Santé-Qualité de vie de la Côte-Nord.

Les résidents de la petite municipalité d’environ 280 personnes doivent parcourir 37,1 kilomètres pour se rendre à la petite épicerie de Baie-Trinité ou plus de 60 km pour fréquenter les supermarchés de Baie-Comeau.

«Ne pas avoir accès à une alimentaire fraiche, saine, variée, c’est un facteur de risque pour un paquet de maladies. Puis, notre portrait sociosanitaire sur la Côte-Nord est quand même préoccupant, donc ça serait un facteur de protection à aller chercher. Il y a aussi toute la dimension où ça impacte l’attractivité d’une communauté, sa vitalité», souligne Adèle Lavoie, coordonnatrice du plan d’action régional pour la promotion des saines habitudes de vie.

Le problème, c’est que la population du village a en moyenne plus de 60 ans, comme le constate la directrice générale de la municipalité, Chantale Caron. Elle affirme que la communauté fait tout en son pouvoir pour s’assurer que tout le monde a accès à l’épicerie malgré la distance. Elle invite les touristes et les investisseurs à fonder un dépanneur dans la municipalité pour faciliter la vie des aînés.

«C’est le temps. Il ne faut pas attendre que toutes nos personnes âgées soient parties. La moyenne d’âge est de 62 ans. C’est pas juste ça, nos touristes, ils veulent acheter une pinte de lait ou du pain, il n’y en a pas, il n’y a rien. Ça nous prend quelque chose, et l’avantage qu’on a, c’est que nos propriétés ne coûtent pas cher. Donc quelqu’un qui veut investir, ça ne lui coûtera pas cher», affirme la directrice générale. 

Sur la Côte-Nord, 37 % de la population vit dans une zone de faible accès alimentaire, d’après le «Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord». La différence entre le faible accès et le désert alimentaire, c’est que dans un désert alimentaire la population est plus défavorisée.