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Il termine son secondaire en avance malgré son TDAH

Faire l’école à la maison a sauvé le parcours scolaire du jeune de 16 ans

GEN - GAIA CHAGNON ET CATHERINE DUPUIS
Photo Martin Alarie Catherine Dupuis n’est pas peu fière de son fils Gaïa Chagnon, 16 ans, qui vient de finir son secondaire un an plus tôt que prévu.

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Un adolescent de 16 ans ayant un TDAH et des difficultés d’apprentissage a réussi à finir son secondaire un an plus tôt que prévu en faisant à l’école à la maison.

« Je pense que si j’étais resté dans le système scolaire, j’aurais quand même fini mon secondaire, mais sûrement pas un an plus tôt et pas avec les cours enrichis », résume Gaïa Chagnon.

L’adolescent de Val-Morin a complété ses 4e et 5e secondaire dans la dernière année.  

Un exploit qui comble de fierté sa mère, Catherine Dupuis. D’autant que, quand la femme a commencé à lui faire l’école à la maison il y a de cela sept ans Gaïa était loin d’être un premier de classe. 

« On était en train de le perdre. Ses notes baissaient, et il était démotivé. C’est un enfant intelligent, mais il s’emmerdait à l’école », se souvient Catherine Dupuis.

Elle a la conviction d’avoir pris la « meilleure décision de sa vie » en retirant son fils de l’école à la fin du primaire. 

Un modèle dépassé

Selon Mme Dupuis, l’école traditionnelle n’est pas adaptée pour les enfants à besoins particuliers comme son fils, qui vit avec un trouble d’attention avec hyperactivité (TDAH) et une douance. 

À domicile, elle a pu remodeler le programme du ministère en fonction des intérêts personnels de son garçon, une manière de le garder captif. Par exemple, les problèmes mathématiques s’articulaient toujours autour du monde des affaires, qui passionne Gaïa.  

Qui plus est, il était beaucoup plus facile pour lui de rester concentré quelques heures par jour à la maison que toute une journée avec une trentaine d’autres enfants. 

« Le modèle de l’école date de la révolution industrielle et vise à créer des ouvriers qui vont être capables de travailler huit heures en ligne, assis, alors qu’on sait que ça ne correspond plus à la réalité aujourd’hui », se désole Catherine Dupuis, une ancienne enseignante de sciences physiques. 

Pas le party à la maison 

Toujours active dans le milieu de l’éducation, elle est toutefois convaincue que l’école à domicile est à la portée de tous, même pour les parents qui ont connu un parcours scolaire sinueux. 

Elle insiste toutefois pour dire que ce n’est pas toujours une partie de plaisir et qu’il faut être prêt à y mettre du temps. 

« Tu ne peux pas réussir l’école à la maison sans donner un cadre très strict », prévient la mère de Gaïa.

Ce dernier s’apprête maintenant à poursuivre ses études en sciences de la nature au cégep, un retour en classe après sept ans d’école à la maison qui ne le rend pas plus nerveux qu’il le faut. 

« Les adolescents qui ont fait leur secondaire à la maison ont dû développer leur sens de l’autonomie et de l’organisation et sont donc souvent plus prêts au cégep que les autres », constate l’orthopédagogue Michèle Potvin. 

L’école à la maison au Québec   

  • Près de 12 000 enfants ont fait l’école à la maison lors de la dernière année scolaire, soit le double par rapport à l’an dernier. 
  • Environ 60 % des parents qui ont fait ce choix avaient l’intention de poursuivre dans cette veine l’an prochain, selon l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED). 
  • Toujours selon l’AQED, les deux tiers des enfants scolarisés à la maison sont de niveau primaire, le tiers de niveau secondaire.  
  • Malgré la pandémie, qui a rendu l’école à domicile plus populaire que jamais, on parle toujours de moins de 1 % des enfants québécois. 

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