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Violence conjugale: la fin du silence d’Isabelle Huot

La nutritionniste du Journal confie avoir été victime de violence conjugale pendant quatre ans­­­­­­­­

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Photo tirée de Facebook Isabelle Huot porte le t-shirt à l’effigie de l’initiative Une pour toutes, qui vise à afficher son soutien aux victimes.

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La docteure en nutrition et chroniqueuse Isabelle Huot a révélé avoir été victime de violence conjugale pendant quatre ans, quand elle était en couple avec un homme « très connu ».

Dans un message publié samedi sur sa page Facebook, Isabelle Huot raconte notamment avoir été étranglée et menacée avec un couteau à de nombreuses reprises.

« C’est fou comme ça a ouvert la porte à d’autres témoignages. J’ai reçu plusieurs messages, dont ceux d’hommes qui disent avoir vécu la même chose », s’étonne après coup la femme d’affaires avec une émotion sincère.   

  • Écoutez la chronique de Danny St Pierre avec Caroline St-Hilaire et Varda Étienne sur QUB radio:    

Manipulation et mensonges

En entrevue au Journal hier, elle a également davantage levé le voile sur cette histoire, qui a pris fin lorsqu’elle s’est aperçue que ce conjoint toxique menait une double vie avec une autre femme.

Tant cette dernière, qui évoluait dans le milieu des médias, que Mme Huot croyaient qu’elles étaient la seule femme dans sa vie.

« C’est un malade, un grand manipulateur ! Il a même déjà inventé avoir un cancer. Quand je l’ai laissé, il menaçait de me tuer », se souvient la nutritionniste, qui ne divulgue pas son identité par peur de représailles.

Isabelle Huot ne voudrait surtout pas revivre certaines expériences désagréables, elle qui file le parfait bonheur depuis une dizaine d’années avec son conjoint actuel. La preuve que l’on peut se reconstruire après pareil traumatisme.

Reste qu’elle regrette de ne pas avoir porté plainte formellement à la police à l’époque. 

Car aujourd’hui, l’homme qui lui a fait subir ce calvaire est toujours cité comme une sommité, le grand public ne connaissant rien de l’odieux personnage qu’il est réellement.

« Il y a encore des gens autour de moi qui l’admirent. C’est ça les hommes violents, ce sont de beaux parleurs », regrette la chroniqueuse, qui assure être passée à autre chose.

Partir

Si Isabelle Huot prend la parole aujourd’hui, c’est pour inciter les victimes à faire leurs valises.

Elle dit d’ailleurs avoir attendu beaucoup trop longtemps avant de le faire, faute de confiance en soi à force d’être continuellement insultée.

« La première année, c’est la lune de miel. Puis après, quand ils savent que tu es dans leur poche, ils t’abaissent pour que tu perdes confiance en toi. C’est là que le cercle vicieux de la violence conjugale embarque », déplore-t-elle.

Un mouvement qui a un impact important  

SOS violence conjugale espère que plusieurs femmes se reconnaîtront dans le témoignage d’Isabelle Huot, ainsi que dans celui de Laurence Jalbert avant elle, comme la pandémie a donné lieu à une vague de féminicides.

« Que ce soit des femmes fortes qui ont des carrières, comme Laurence Jalbert et Isabelle Huot, ça brise certains stéréotypes par rapport à la violence conjugale voulant que ça n’arrive qu’à des femmes naïves », explique la porte-parole de l’organisme, Claudine Thibaudeau.

Dans les prochains jours, Mme Thibaudeau s’attend à une hausse du nombre d’appels sur la ligne d’écoute de SOS violence conjugale, comme en avril dernier, lorsque la chanteuse Laurence Jalbert avait raconté avoir été sous le joug d’un conjoint abusif pendant de nombreuses années.

« Au lendemain de son passage à Tout le monde en parle, ça a été la journée où on a reçu le plus d’appels en plus de 30 ans d’existence », poursuit Claudine Thibaudeau. 

  • Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Claudine Thibaudeau sur QUB radio:   

Pandémie de violence

Il faut dire que la violence conjugale a pris des proportions hors-norme dans le contexte actuel, où plusieurs femmes se sont retrouvées confinées avec un homme violent.

Avec 13 femmes décédées depuis janvier, le Québec a déjà dépassé le nombre de féminicides recensés habituellement en une année complète.

Et, malgré la fin imminente de la pandémie, les pronostics de SOS violence conjugale ne sont guère rassurants.

« Beaucoup de femmes ont attendu la fin de la pandémie pour rompre et on sait que la rupture est le moment où arrivent le plus souvent les féminicides », appréhende la porte-parole de l’organisme.

Pour inverser la tendance, Claudine Thibaudeau insiste sur l’importance de changer les mentalités.

« En ce moment, il y a encore beaucoup de banalisation. Quand un conjoint envoie un texto menaçant, on a le réflexe de dire que ce n’est pas violent alors que ce l’est », ajoute-t-elle.


SOS violence conjugale a reçu près de 41 000 appels en 2020-2021, alors que le nombre d’appels tournait autour de 33 000 un an auparavant.

Si vous avez besoin d’aide  

SOS Violence Conjugale