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Féminicide dans Parc-Extension: le meurtrier aurait filmé son crime

L’auteur du 14e féminicide aurait montré le corps ensanglanté de la victime à sa famille, en Inde

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La victime du 14e féminicide de l’année, survenu lundi à Montréal, est la troisième à se faire tuer par un homme sous le coup d’une ordonnance de la cour visant à la protéger d’un conjoint violent.

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Le meurtre sanglant de Rajinder Prabhneed Kaur, une Montréalaise d’origine indienne âgée de 32 ans, a ébranlé tout le quartier Parc-Extension. C’est son conjoint, Navdeep Ghotra, 30 ans, qui l’aurait tuée dans une chambre de son logement.

Selon nos informations, la victime était mère de deux jeunes enfants. Sa fillette de 8 ans se serait d’ailleurs enfuie de l’appartement au moment du crime, avant d’être localisée peu après 17 h.

Un peu plus tôt, l’auteur présumé du meurtre aurait avoué son crime à des membres de sa famille en Inde lors d’un appel vidéo horrifiant durant lequel il leur aurait montré les blessures infligées à sa femme, a-t-on appris.

Paniqués, ce sont des proches de Ghotra qui auraient contacté leur service de police local, en Inde, pour les aviser du drame qui venait de se produire à l’autre bout du monde.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Les policiers indiens auraient ensuite réussi à transmettre l’information au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui s’est rendu sur les lieux du meurtre en soirée, lundi.  

  • Écoutez l'analyse d'Alexandre Moranville-Ouellet avec Vincent Dessureault sur QUB radio:   

Les patrouilleurs auraient retrouvé la femme dans une mare de sang.

Quant au tueur présumé, il avait déjà pris la fuite. Il a été recherché par les autorités durant toute la journée de mardi.

Suspect décédé ?

En soirée, deux bateaux du SPVM et un troisième appartenant au Service de police de Laval arpentaient la rivière des Prairies, près du pont Lachapelle. Selon nos informations, ils tentaient de retrouver le corps de Navdeep Ghotra.

Deux bateaux des services de police de Montréal et de Laval effectuaient des recherches sur la rivière des Prairies mardi soir, possiblement pour retrouver le corps du suspect du 14e féminicide de l’année. Celui-ci qui aurait sauté à l’eau lundi après le drame survenu dans le quartier Parc-Extension, à Montréal.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
Deux bateaux des services de police de Montréal et de Laval effectuaient des recherches sur la rivière des Prairies mardi soir, possiblement pour retrouver le corps du suspect du 14e féminicide de l’année. Celui-ci qui aurait sauté à l’eau lundi après le drame survenu dans le quartier Parc-Extension, à Montréal.

Son véhicule abandonné aurait été localisé plus tôt dans ce secteur.

Fait inquiétant, Rajinder Prabhneed Kaur est la troisième femme depuis le début de l’année au Québec à être tuée alors qu’une ordonnance de la cour devait la protéger de son assaillant.

La victime aurait aussi fait changer les serrures de son logement, en mai dernier, pour éviter que son mari revienne chez elle, selon le voisinage. 

  • Écoutez l'entrevue avec Léonie Couture, fondatrice et directrice générale de l’organisme La rue des femmes sur QUB radio :    

Menaces de mort

Navdeep Ghotra avait en effet été accusé le 19 mai, au palais de justice de Montréal, de menaces de mort envers sa conjointe.

Il avait été remis en liberté à condition de ne pas s’approcher d’elle et de ne pas aller à l’appartement où le meurtre est survenu. Il devait revenir en cour en octobre prochain pour la suite des procédures, mais l’irréparable a été commis à peine deux mois après son inculpation.

L’histoire se répète donc puisque l’auteur présumé du premier féminicide de 2021 n’avait pas non plus le droit de s’approcher de sa victime, Elisapee Angma.

La mère de 44 ans a été tuée deux semaines après la libération sous caution de son ex-conjoint, Thomassie Cain.

Enfin, le meurtrier qui serait à l’origine du 13e féminicide était quant à lui sous le coup d’une interdiction « d’importuner » Nathalie Piché. Cette dernière a été poignardée à mort en juin dernier et son conjoint Noureddine Mimouni a été accusé.

Voisins ébranlés

Dans le quartier Parc-Extension, où résidaient Rajinder Prabhneed Kaur et Navdeep Ghotra, plusieurs voisins étaient ébranlés par le drame, samedi.

« Qu’est-ce qu’il va arriver avec les enfants ? Comment peut-on leur faire ça à eux », a laissé tomber Krikor Kartzian, une voisine du couple.

– Avec la collaboration d’Olivier Faucher

Les 13 autres féminicides de 2021 

Carolyne Labonté, 40 ans

Photo courtoisie

Elle a été retrouvée sans vie dans sa résidence de Notre-Dame-des-Monts, dans la région de Charlevoix. Après quatre semaines d’enquête, la Sûreté du Québec a épinglé son conjoint, Éric Levasseur. L’homme de 46 ans a été accusé de meurtre non prémédité. 


Kataluk Paningayak, 43 ans

Photo courtoisie

Elle et son conjoint ont été retrouvés inanimés dans une résidence d’Ivujivik, dans le Nord-du-Québec. L’autopsie a révélé que la femme avait été assassinée. La mère de six enfants aurait été tuée par son conjoint, qui s’est ensuite enlevé la vie. 


Rebekah Harry, 29 ans

Photo tirée de Facebook

La mère d’un jeune garçon a succombé à ses blessures trois jours après avoir été sauvagement battue à coups de poing par son conjoint, Brandon McIntyre, dans le secteur LaSalle, à Montréal. L’homme de 32 ans a été accusé pour ce meurtre ainsi que de voies de fait sur une autre personne.


Nadège Jolicœur, 40 ans

Photo courtoisie

Elle a été poignardée à mort dans le véhicule de taxi de son conjoint, Enock Fenelon, dans l’arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal. L’homme de 52 ans s’est ensuite enlevé la vie. Nadège Jolicoeur laisse dans le deuil cinq enfants.


Sylvie Bisson, 60 ans, et Myriam Dallaire, 28 ans

Capture d'écran, Le Nécrologue

Myriam Dallaire et sa mère Sylvie Bisson ont été brutalement tuées à coups de hache dans leur résidence de Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Benjamin Soudin, qui était en couple jusqu’à tout récemment avec Myriam et avec qui il avait un enfant, fait face à deux chefs d’accusation de meurtre non prémédité.

L’homme de 33 ans a des antécédents criminels, notamment en matière de violence conjugale.


Nancy Roy, 44 ans

Photo courtoisie

La mère de deux enfants a été poignardée à mort dans son logement de Saint-Hyacinthe, en Montérégie. Depuis le début de sa relation avec Jean-Yves Lajoie, la mère de Nancy Roy craignait le côté possessif et jaloux de cet homme de 57 ans. Ce dernier a été accusé du meurtre.


Marly Edouard, 32 ans

Photo tirée de Instagram

Elle a été abattue d’une balle à la tête dans le stationnement de son domicile, à Laval. Deux jours plus tôt, elle avait composé le 911 afin de déposer une plainte contre l’ex-conjoint de sa nouvelle copine. 

L’auteur du meurtre n’a toujours pas été épinglé.


Elisapee Angma, 44 ans

Photo Facebook

La mère de famille de Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec, a été tuée par son ex-conjoint violent deux semaines après qu’il a été libéré sous caution. La poursuite s’était opposée à sa remise en liberté puisqu’il avait bafoué à répétition l’interdit de contact. Thomassie Cain, 41 ans, s’est suicidé après le meurtre.


Lisette Corbeil, 56 ans

Photo tirée de Twitter

C’est la fille du nouveau conjoint de Mme Corbeil qui l’aurait trouvée inanimée avec une blessure à la tête, dans sa résidence de Contrecœur, en Montérégie. Son ex-conjoint de 49 ans, David Joly, s’est enlevé la vie après le crime. Un portrait élogieux de Lisette Corbeil a été dressé par ses proches et ses collègues, dont la mairesse de Contrecœur, qui l’ont louangée, entre autres, pour ses nombreux engagements.


Dyann Serafica-Donaire, 38 ans

Photo tirée de Facebook

Elle a été retrouvée à son domicile de Mercier, en Montérégie, après avoir été tuée par son conjoint Richard West. L’homme de 50 ans s’est ensuite enlevé la vie. La mère de quatre enfants incarnait une « joie de vivre » et était aimée par ses collègues de travail, à la cafétéria de la maison de retraite Sélection de L’Île-des-Sœurs, à Montréal.


Zoleikha Bakhtiar, 36 ans

Son mari, Ariobarzan Bakhtiar, l’aurait poignardé dans leur appartement de Côte-Saint-Luc, sur l’île de Montréal, avant d’appeler le 911 pour se dénoncer. Deux enfants en bas âge se trouvaient alors dans le logement. Selon une voisine, la victime semblait « sous l’emprise » de son conjoint de 35 ans et « soumise à lui ». 


Nathalie Piché, 55 ans

Photo tirée de Facebook

Elle a été retrouvée sans vie dans son appartement du secteur Limoilou, à Québec. Elle aurait été poignardée par son conjoint Noureddine Mimouni, 33 ans, qui devait pourtant respecter une interdiction de l’importuner. Le tribunal avait allégé ses conditions quelques mois plus tôt, lui permettant, entre autres, de se retrouver à nouveau en présence de Nathalie Piché.

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

SOS violence conjugale  

  • www.sosviolenceconjugale.ca  
  • 1 800 363-9010                                                   

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