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Saguenay, 25 ans plus tard: comment la petite maison blanche a-t-elle résisté?

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Il y a 25 ans, une seule maison a survécu au déluge dans le quartier du Bassin, à Chicoutimi, au-dessus de la rivière du même nom, grâce sa fondation solidifiée.

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Le quartier a été submergé et l’ensemble des maisons a été emporté par le fort courant des eaux. La petite maison blanche est la seule à avoir survécu et est devenue le symbole de la résilience des gens du Saguenay. 

La maison, depuis, a été transformée en musée. Guy Genest a été élevé dans cette maison. 

Photo Les Archives, LE JOURNAL DE QUÉBEC

«On était huit enfants; avec les parents, on était dix. En haut, il y avait quatre chambres. On était environ deux par chambre», note-t-il.

C'est grâce aux travaux faits par le père de M. Genest que la maison a résisté au déluge. 

Son père avait décidé de la surélever après une première inondation dans les années 1940. Sans le savoir, il solidifiait la structure qui a fait survivre la maison. 

«Il a fait des trous dans le granit, d'à peu près 15 pouces, et il a mis des tiges d’acier reliées au nouveau solage qu’il faisait en ciment», explique M. Genest. «La maison était bien ancrée avec le ciment et le granit, c’est ça qui a résisté.»

La maison évacuée

Lorsque l'accident est arrivé, les parents de M. Genest se sont fait avertir de prendre quelques effets personnels et d'évacuer la propriété. 

Notre journaliste Michel Jean avait rencontré la mère de M. Genest, à l'époque. Cette dernière avait de la peine parce qu'elle venait d'installer des bacs à fleurs à côté des fenêtres et avait peur qu'elles soient perdues. Pourtant, elles ont résisté au déluge, et M. Jean est par la suite venu lui porter ses bacs. 

«Elle était fière que ses fleurs [aient] résisté au déluge», dit M. Genest. 

La création d'un musée

Guy Genest a eu l'idée de créer un musée dans la maison de son enfance, avec sa femme et son fils Sylvain. C'est d'ailleurs ce dernier qui s'occupe maintenant du musée. 

M. Genest est heureux que les gens viennent de partout dans le monde pour voir la maison. 

«Je suis fier que les gens comprennent ce que la maison blanche était avant, pendant et après le déluge», dit M. Genest. «C’est la seule qui est demeurée debout et elle est bien conservée.»

Une meilleure gestion des barrages depuis le Déluge du Saguenay

Photo d'archives

Jean Houle

La gestion des barrages avait été grandement critiquée après le Déluge du Saguenay, en juillet 1996, ce qui a donné lieu à des améliorations.

La Commission Nicolet a permis de mettre en lumière les lacunes dans la façon dont les barrages avaient été gérés cette fin de semaine-là.

«Les gens de l'époque avaient fait un bon travail, mais nous sommes mieux outillés», a expliqué l'ingénieur à la gestion des barrages au ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Charles Poirier.

Le réseau est désormais doté d'appareils qui mesurent le niveau d'eau et le débit en temps réel. Les données météo sont aussi régulièrement remises à jour.

«En cas de pluie abondante attendue, on est capable d'adapter le niveau d'eau en ouvrant les pelles pour un écoulement calculé, a précisé l'ingénieur. On est capable ainsi de laminer l'eau – comme on dit dans le jargon – pour qu'il n'y ait aucun dommage.»

Les crêtes des barrages ont été également été élevées.

«Notre capacité d'évacuation a été augmentée, ce qui nous permet d'agir plus rapidement et de la meilleure façon possible. Nous faisons aussi régulièrement des simulations avec une crue catastrophe pour valider nos pratiques», a poursuivi l’ingénieur.

Québec administre 800 barrages dans la province. Une quarantaine d'entre eux, dont celui Portage des Roches à Laterrière, font l'objet d'une surveillance permanente.

La pluie de juillet 1996 est considérée comme un phénomène décamillennal, soit avec un risque de se produire une fois par 10 000 ans.

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