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Un règlement encadre le blasphème à Baie-Comeau

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On retrouve encore aujourd’hui des traces de l’influence de la religion catholique sur la société dans des règlements de plusieurs municipalités du Québec. C’est le cas à Baie-Comeau, qui a un règlement municipal encadrant le blasphème en public.

«Je suis une personne qui blasphème pas mal. Quand je travaille pis que je me choque, je blasphème», explique un citoyen. 

«Ça ne donne rien de blasphémer, donc je suis d’accord avec ça», affirme pour sa part une autre citoyenne. 

Dans les lieux habités et les espaces publics, peut-on lire dans le règlement concernant les nuisances et l’environnement, il est «défendu de faire du tapage, de crier, jurer, blasphémer, se battre, faire du tumulte ou se conduire de façon à importuner ses voisins ou les passants». L’interdiction de blasphème remonte aux origines de la ville, en 1937.

«Un règlement qu’on retrouve dans beaucoup de municipalités de ces époques-là, donc avant la Révolution tranquille. Beaucoup de municipalités ont été créées par des paroisses. Donc la paroisse existait puis ensuite on les a élevées au rang de municipalité. Baie-Comeau, veut, veut pas, ne fait pas exception. Même si elle était une ville de compagnie, la religion était très présente dans l’espace public», explique Catherine Pellerin, coordonnatrice et archiviste à la Société historique de la Côte-Nord.

À l’époque, les personnes qui contrevenaient au règlement s’exposaient à des amendes salées.

«Tout ce genre d’infraction là qui contrevient au bon ordre, ça venait avec une amende de 40$ ou un mois de prison. Et 40$ à l’époque, c’était environ deux semaines de salaire pour un employé de la compagnie à 60 sous de l’heure», affirme Mme Pellerin.

Le conseiller municipal Alain Charest croit que la portion du règlement sur les nuisances qui concerne le blasphème appartient à une autre époque.

«Il y a des règlements qui sont actualisés, revampés, et dans ce cas-ci, je pense qu’il a peut-être un peu échappé. On ne voyait pas la nécessité de l’actualiser rapidement, mais comme vous le mettez en lumière, il se pourrait qu’on nous le propose comme un changement possible», soutient-il.

Des agents de la Ville de Baie-Comeau autorisés à émettre des constats municipaux pourraient imposer une contravention s’ils sont témoins d’une scène de blasphème troublant la paix et le bon ordre ou s’ils reçoivent une plainte à ce sujet. Une amende de 100$ pourrait en théorie être imposée.