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Des chercheurs proposent un système d’alerte de chaleur extrême plus adapté à la réalité

Fateh Chebana
Capture d'écran INRS Fateh Chebana

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Dans l’espoir de réduire les hospitalisations et les décès reliés aux épisodes de chaleur extrême, des chercheurs Québécois ont développé un système d’alerte plus sophistiqué et adapté à la réalité, en espérant qu’il soit maintenant adopté par les autorités de santé publique.

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L’idée est d’avoir un système qui ratisse plus large, incluant des mois où la température est plus fraîche en générale, mais qui peuvent néanmoins connaître des vagues de chaleur intense. 

  • Écoutez l'analyse d'Alexandre Moranville-Ouellet avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:

 

L’objectif est aussi d’adapter les seuils de déclenchement d’une alerte, parce 33 degrés en avril n’est pas ressenti de la même manière que 33 degrés en juillet par exemple.  

Unique

«À notre connaissance ça n’existe pas (ailleurs). On est les premiers à faire ce genre de système d’alerte avec des saisons élargies et surtout avec le seuil évolutif», dit Fateh Chebana, professeur à l’Institut national de recherche scientifique (INRS) et co-auteur de l’étude qui sera publiée dans la revue scientifique BMC Public Health

Dans le système de vigie sanitaire pour chaleur extrême employé présentement au Québec, entre la mi-mai et la fin septembre, le seuil de température pour déclencher une alerte reste stable durant l’été pour une même région.  

Dans la Grande région de Montréal, une alerte de chaleur peut être sonnée lorsque dans une même journée, les températures minimale et maximale dépassent, respectivement, 20 et 33 degrés Celsius (°C), illustre M. Chebana.  

Les chercheurs ont voulu développer un modèle plus précis, qui serait adapté à d’autres saisons que celle estivale, puisque des vagues de chaleur peuvent aussi se produire au printemps ou à l’automne.

Selon l’INRS, «la gestion des vagues de chaleur sera de plus en plus complexe, tant en raison de l’augmentation de leur fréquence et de leur intensité qu’à cause de leur apparition précoce en début d’été et tardive à l’automne». 

Impact sur la santé

Au-delà du désagrément causé par les périodes de canicule, celles-ci peuvent avoir des impacts graves sur la santé, voire mortels.  

«Certaines études ont démontré que les impacts sanitaires des vagues de chaleur, comme la mortalité, sont plus importants lorsque le corps humain n’est pas acclimaté à la chaleur, comme cela peut être le cas au début de la saison estivale», explique l’INRS.  

Ainsi les chercheurs proposent de moduler les seuils de chaleur extrême en fonction des mois, pour tenir compte de l’acclimatation du corps humain. «Le système est plus réaliste d’un point de vue climatique et sanitaire», résume le professeur Chebana.  

Par exemple, en avril, une alerte pourrait être provoquée par des températures minimale et maximale de 12 et 23 °C, contre 21 et 32 °C en juillet et 13 et 25 °C en octobre.  

Le modèle proposé par les chercheurs est basé sur des données du Grand Montréal, mais il pourrait être adapté à d’autres régions.  

Il revient maintenant aux autorités de santé publique d’évaluer la pertinence de modifier le système d’alerte actuel, en place depuis une dizaine d’années.  

Ultimement, «ça permet de sauver des vies, de prévenir les gens, de préparer le système de santé», fait valoir Fateh Chebana.