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La fermeture prolongée de la frontière américaine suscite la frustration

En empêchant qu’on les visite cet été, le gouvernement américain sème la grogne au Canada et aux États-Unis

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Des touristes canadiens et de nombreux Américains qui en ont marre de la pandémie de COVID-19 sont furieux de la décision des États-Unis de prolonger la fermeture des frontières terrestres. 

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« La décision du gouvernement fédéral de retarder une fois de plus le passage à la frontière avec le Canada est absurde. Elle nuit à nos petites entreprises et à nos familles et n’est pas conforme à la science », a grondé Chris Sununu, le gouverneur républicain de l’état du New Hampshire.

Mercredi, l’administration de Joe Biden a annoncé qu’elle prolongeait la fermeture de la frontière terrestre jusqu’au 22 août, même si Ottawa autorisera les Américains à traverser dès le 9 août.

Ce prolongement est « absolument et sans équivoque inacceptable », gronde Elise Stefanik, représentante républicaine de l’État de New York. 

De son côté, Brian Higgins, démocrate de l’État de New York, l’a qualifié d’« inutile » et d’« illogique ».

Coup dur pour l’économie

Cette décision « nuit à la reprise économique et blesse les familles tout au long de la frontière nord de l’Amérique, a-t-il déclaré. Pendant que les États-Unis ne font rien, des êtres chers restent séparés, et les communautés dont l’économie dépend des échanges transfrontaliers continuent de souffrir économiquement ».

C’est le cas au Beau Rivage Motel, à Old Orchard, où la propriétaire, Sarah Alexander, confie être « complètement découragée ».

« On a seulement deux mois pour faire de l’argent et les Québécois, c’est 40 à 60 % de notre clientèle », indique-t-elle.   

  • Écoutez le chroniqueur de politique américaine Luc Laliberté avec Vincent Dessureault sur QUB Radio :   

Mme Alexander explique que les touristes américains permettent de maintenir l’établissement à flot en remplissant son calendrier de réservations les fins de semaine d’été, mais sans les Canadiens, en semaine, les chambres sont vides.

Denys Laflamme, propriétaire d’un chalet au New Hampshire, situé à 20 km de la douane de Coaticook en Estrie, a quant à lui tiré un trait sur ses vacances chez lui.

La frontière terrestre des États-Unis, comme ici à Lacolle, restera fermée au moins jusqu’au 22 août.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
La frontière terrestre des États-Unis, comme ici à Lacolle, restera fermée au moins jusqu’au 22 août.

Aller au chalet en avion

« L’été est complètement gâché. On est tellement malheureux, complètement débinés, je n’ai pas de mots pour vous dire combien je suis frustré », dit-il.

Depuis le début de la pandémie, M. Laflamme et son épouse ont été contraints de prendre l’avion jusqu’à Burlington et de faire transporter leur voiture pour pouvoir se rendre chez eux. 

Ce périple effectué quatre fois leur a coûté pas moins de 8000 $.

« Ce n’est pas juste pour le plaisir. Une maison, il faut l’entretenir. On a des responsabilités comme propriétaires. Nos assureurs exigent qu’on soit sur place. C’est absurde qu’on puisse y aller en avion, mais pas par la route », rage-t-il.

Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, appelle Ottawa à faire pression sur l’administration Biden pour changer les choses.

« Rien ne justifie de continuer à séparer les familles et à décourager les voyages touristiques et d’affaires. Les coûts économiques et sociaux sont tout simplement trop élevés », dit-il.

Manque de cohérence

« Je ne comprends pas que les gens dans nos gouvernements ne soient pas capables de travailler ensemble pour prendre des décisions cohérentes », renchérit June Lapointe, propriétaire du Biarritz Motel à Old Orchard, qui a hâte de revoir sa clientèle.

Mais le ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, Dominic LeBlanc, a indiqué plus tôt cette semaine que, contrairement au Canada, les États-Unis ont à gérer deux frontières terrestres et doivent donc tenir compte également de la situation au Mexique, où le taux de vaccination contre la COVID-19 est moindre qu’ici.

Rappelons que certains travailleurs essentiels, comme les camionneurs, peuvent toujours traverser la frontière.

Avec Francis Pilon 

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