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Le sumo japonais a un nouveau champion

Le sumo japonais a un nouveau champion
AFP

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TOKY), Japon | Le sumo a un nouveau grand champion: le Mongol Terunofuji a été élevé mercredi au rang de yokozuna, le plus prestigieux de cette discipline japonaise, après un héroïque retour au sommet malgré de graves blessures aux genoux. 

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Gantulga Ganerdene (le vrai nom de Terunofuji), 29 ans, est seulement le 73e lutteur depuis la création du rang de yokozuna à la fin du 18e siècle à recevoir cet honneur, réservé en principe aux sumotoris ayant réussi l’exploit de remporter deux tournois d’affilée, tout en possédant la « dignité » nécessaire.

C’est la première fois en plus de quatre ans qu’un nouveau yokozuna est promu.

Terunofuji, vainqueur des deux précédents tournois bimestriels en mars et mai, s’est incliné le dernier jour de celui de juillet face à l’autre yokozuna du sport, le Mongol naturalisé japonais Hakuho. Il a cependant été jugé digne de l’ascension.

« Je m’efforcerai d’être inébranlable et imperturbable et d’œuvrer à l’élévation de la dignité et de la force » des yokozuna, a déclaré Terunofuji lors d’une cérémonie mercredi à Tokyo.

Entré dans le monde du sumo professionnel en 2011, Terunofuji avait rapidement gravi les échelons jusqu’à la première division grâce à son physique imposant (1,92 m pour 177 kg), remportant son premier tournoi en 2015 et obtenant le grade d’ozeki, juste en dessous de yokozuna.

Le sumo japonais a un nouveau champion
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Mais sa prise signature, consistant à soulever son adversaire pour le déposer délicatement de l’autre côté du cercle de paille entourant l’aire de combat, s’est révélée fatale pour ses genoux: victime de blessures à répétition et souffrant de diabète, il sombre dans les tréfonds du classement.

Persuadé par son maître de persévérer, il se fait opérer des deux genoux et entame une lente transformation par des séances de musculation, tout en assainissant son alimentation et en renonçant à l’alcool.

En 2020, le colosse aux genoux d’argile se hisse à nouveau dans la première division avant de retrouver son rang d’ozeki en mai dernier. Il porte les stigmates de sa remontée des enfers, et son air espiègle des premières années a laissé place à un visage invariablement grave.

Selon un rituel codifié, l’Association japonaise de sumo (AJS) a consulté dimanche, dès la fin du tournoi, le comité de délibération sur les yokozuna, composé de personnalités extérieures au monde du sumo, sur l’opportunité d’une promotion pour Terunofuji.

Les membres de l’instance ayant estimé à l’unanimité que le lutteur possédait la dignité et la force nécessaires pour devenir un bon yokozuna, l’AJS a dépêché mercredi deux messagers vers la confrérie (« heya ») où vit et s’entraîne Terunofuji pour informer celui-ci de sa promotion.

Hakuho, l’autre yokozuna que compte actuellement le sumo, est considéré comme le plus grand yokozuna de l’histoire pour ses exploits, mais critiqué par certains admirateurs japonais pour son attitude bravache, qu’ils jugent indigne de ce rang.

Les plus hauts rangs de la discipline sont occupés depuis une vingtaine d’années par des étrangers. Le dernier yokozuna japonais, Kisenosato, a mis fin à sa carrière début 2019.

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