/news/society
Navigation

Cérémonie en souvenir des enfants disparus

Une centaine d’Autochtones se sont réunis en Mauricie

Retraite enfants disparus
Photo courtoisie, Mathieu Durocher Des participantes au rassemblement déposent photos, jouets et souvenirs en l’honneur des petits Autochtones morts ou disparus dans le système de santé.

Coup d'oeil sur cet article

Plus d’une centaine d’Autochtones se sont réunis en nature cette semaine pour une retraite émotive axée sur la guérison et le souvenir des enfants des Premières Nations morts ou disparus dans le système de santé québécois.

« C’est impossible de rester insensible devant des grands-parents qui déposent des photos ou des souvenirs des enfants qu’ils ont perdus », a témoigné Viviane Michel, présidente du regroupement Femmes autochtones du Québec.

Cette dernière assistait à un rassemblement de familles endeuillées, qui a eu lieu aux abords du lac Decelles, à 250 kilomètres de La Tuque, en Haute-Mauricie.

C’est là qu’Attikameks, Anishnabés et Innus ont aménagé un campement pour la semaine, le temps de partager leurs histoires et leur peine.

Ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière tenait à être présent au rassemblement, nommé Mikoweritamihiwewin, pour établir un premier contact avec les familles touchées. 

Discours de dignitaires, chants, tambours et cercles de partage se sont succédé dans les derniers jours à l’intérieur de grandes tentes érigées pour l’occasion.

Une cinquantaine d’enfants

« Le rassemblement nous a permis de constater l’étendue de la situation. Au départ, on parlait peut-être de 40 ou 50 enfants, mais ça semble être beaucoup plus », a affirmé le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

« Leurs parents portent encore la douleur. Ils attendent des réponses », a ajouté Mme Michel.

La loi 79 leur permettra d’en obtenir certaines. Conçue pour leur permettre d’accéder aux documents concernant leur proche disparu dans le système de santé, elle entrera en vigueur le 1er septembre. 

« Ça va prendre du temps, de l’énergie, ça va être douloureux comme processus, mais on va être là pour eux », a souligné le ministre Lafrenière en entrevue.

Viviane Michel tenait toutefois à rappeler que plusieurs souhaitaient une enquête publique sur le sort de ces enfants, dont certains pourraient avoir disparu sans laisser de traces écrites derrière eux.