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«C’est comme ça que je t’aime»: la pression de la deuxième saison

«C’est comme ça que je t’aime»: la pression de la deuxième saison
Joël Lemay / Agence QMI

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Ne comptez pas sur François Létourneau pour révéler les secrets de la deuxième saison de C’est comme ça que je t’aime. Sans ébruiter la moindre surprise, l’auteur de la décalée œuvre et interprète du passif Gaétan nous met un peu en appétit avec quelques confidences sur son travail et sa série acclamée partout. 

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Après un succès populaire et critique comme celui remporté par le premier volet de C’est comme ça que je t’aime – qui a été déposé sur ICI Tou.tv Extra en début de pandémie, en février 2020, et qui en a aidé quelques-uns à traverser le premier confinement –, François Létourneau reconnaît que les attentes envers la suite, en tournage depuis le 13 juin (jusqu’au 5 octobre) sont élevées.

«C’est comme ça que je t’aime»: la pression de la deuxième saison
Joël Lemay / Agence QMI

Plaisir d’écrire

«Quand j’ai commencé à écrire la deuxième saison, les gens commençaient à regarder la première sur Tou.tv et me disaient qu’ils aimaient ça, raconte Létourneau. Ça me faisait plaisir, mais à un moment donné, ça me mettait de la pression. Il a fallu que je m’enlève un peu de cette pression pour avoir du plaisir à écrire. Ça, c’était au début de l’écriture. Puis, une fois dans mon histoire, j’ai retrouvé le plaisir de la structurer et de la faire avancer, et j’ai oublié le reste. Je sais qu’il y aura des attentes, mais je l’ai déjà vécu avec d’autres séries.»

Les aventures rocambolesques des Delisle et des Paquette ont déjà remporté 10 trophées Gémeaux, fait écarquiller des yeux en festival à Banff, à Berlin et en Grande-Bretagne, ont été achetées par Salto (une plateforme de vidéo sur demande française) et sont l’objet de négociations pour une adaptation aux États-Unis. Ici, à peu près tout le monde et son frère ont entendu parler de la menue Huguette (Marilyn Castonguay) et de ses pulsions meurtrières. Aussi difficile l’accomplissement soit-il à égaler, François Létourneau affirme que son «feeling est bon».

«C’est comme ça que je t’aime»: la pression de la deuxième saison
PHOTO COURTOISIE/Radio-Canada

«Ce que j’aime, c’est que c’est assez différent de la première saison. Ce n’est pas une tentative de refaire la même chose, sans toutefois dénaturer quoi que ce soit. Il y a de nouvelles petites complexités au niveau des personnages, j’ai ajouté des petites couches... C’est parfois plus sombre ou plus drôle par moments. J’ai l’impression d’être allé un peu ailleurs, d’avoir exploré de nouvelles affaires.»

Grâce à Seinfeld

Quoi dire sur l’intrigue, donc, sinon qu’Huguette, désormais caïd de Sainte-Foy, compte doter ses troupes d’une approche encore plus féministe, en plein cœur de l’Année internationale de la femme (1975), et que nos banlieusards favoris devront en découdre avec de nouveaux ennemis (peut-être même la mafia montréalaise!) et qu’un traître sèmera la bisbille au sein de la bande...

«C’est comme ça que je t’aime»: la pression de la deuxième saison
PHOTO COURTOISIE/Radio-Canada

«Il y a une menace qui va apparaître rapidement dans la saison, qui va nous mener vers Montréal, confirme François Létourneau. L’organisation criminelle d’Huguette va se retrouver avec des ennemis assez redoutables. Ils vont entrer dans les ligues majeures de la criminalité!»

Les fondements de l’humour complètement déjanté de François Létourneau, qui se reflétait dans Les Invincibles, et encore plus dans Série noire et dans C’est comme ça que je t’aime, lui viennent probablement de sa passion pour Seinfeld, comédie qu’il a regardée et re-regardée jusqu’à plus soif lors de ses études en philosophie politique à l’université, et qu’il revisite encore aujourd’hui avec son fils de 13 ans.

«Pour moi, c’était comme mettre un bon disque. Avec le recul, j’ai l’impression que ça m’a beaucoup inspiré», image-t-il au sujet des épisodes qu’il connaît par cœur.

Mais C’est comme ça que je t’aime trouve d’abord racine dans l’enfance du créateur, qui aime bien partir d’une corde de sensibilité et d’authenticité pour façonner ses univers dramatico-comiques.

«Mes parents n’étaient pas du tout des criminels, mais ils avaient une relation difficile. Je suis né à Sainte-Foy, en 1974, et quand j’étais petit garçon, je sentais ma mère très insatisfaite. Elle avait des ambitions professionnelles et menait une carrière, mais c’est elle qui faisait tout à la maison. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de partage de tâches entre les hommes et les femmes. J’ai donc grandi en sentant que ma mère était un peu prise là-dedans. Il faut croire que ça m’a marqué. C’est un peu de là que sont partis les personnages d’Huguette et de Micheline, puis j’ai inventé tout un monde autour.»

«Malgré l’univers farfelu, le côté un peu loufoque et invraisemblable, je pense que le fait que cette série parte de quelque chose de très personnel est peut-être ce qui a touché les gens», avance Létourneau, grand adepte de trilogies à la Star Wars ou au Parrain, qui a construit C’est comme ça que je t’aime sur le même modèle et qui puise aussi dans la culture populaire en consultant des journaux des années 1970 pour ajouter une touche de véracité à la trame de C’est comme ça que je t’aime.

La première saison de C’est comme ça que je t’aime est toujours disponible sur ICI Tou.tv. La deuxième sera en ligne au cours de la saison 2021-2022.