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De l’islamophobie systémique au Canada!

Pourquoi s’installer dans un pays qu’on assimile à un tel enfer ?
Photo courtoisie Pourquoi s’installer dans un pays qu’on assimile à un tel enfer ?

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Aujourd’hui se tient à Ottawa un sommet sur « l’islamophobie ». On le sait, ce concept qui place dans une même catégorie la haine des musulmans, la critique de l’islam, celle de l’islamisme et le simple constat que l’islam s’intègre bien mal aux sociétés où il s’installe est bancal et sert à amalgamer au premier phénomène évoqué les trois autres. 

Pourtant, la classe politique fait comme s’il allait de soi. Il suffit pourtant de porter attention aux principales associations qui en font la promotion pour voir la charge explosive de ce concept.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:

C’est le cas du Conseil national des musulmans canadiens, qui a dénoncé cette semaine « l’islamophobie systémique » qui prévaudrait au Canada ! 

Québec

On pourrait se contenter de rire d’un concept symptomatique d’une paranoïa idéologique, mais quand on se rappelle à quelle vitesse se répandent de telles idées, on devrait plutôt s’en inquiéter. 

Le CNMC a présenté une série de recommandations. 

On pourrait s’intéresser à chacune, tellement cette organisation entend manifestement imposer à la société canadienne sa vision de l’islamophobie, pour ne pas dire la soumettre, en l’imposant à coup de formations obligatoires dans l’ensemble de la société. 

D’autres associations militantes veulent aussi imposer aux médias leur représentation de l’islam, et censurer celles qui en dévient, comme on le constate dans l’appendice aux propositions du CNMC.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Mais penchons-nous particulièrement sur celles visant la société québécoise. 

Ainsi, le CNMC souhaite que « le procureur général intervien[ne] dans toutes les affaires futures mettant, contestant la loi 21 devant les tribunaux ». 

Autrement dit, la contestation de la laïcité québécoise devrait devenir une politique officielle du régime canadien – ce qu’elle est déjà à bien des égards, soit dit en passant ! Mais on aura compris l’essentiel : pour le CNMC, la loi 21 relève de l’islamophobie, elle en serait une manifestation telle qu’il faudrait chercher à l’abattre.

Dans le même esprit, le CNMC plaide pour la création d’un « fonds pour aider les personnes touchées par la loi 21 à bénéficier d’une certaine sécurité financière jusqu’à ce que la loi soit invalidée. Il ne s’agit pas d’un fonds de transition, car aucun Québécois ne devrait avoir à changer de vocation à cause de la discrimination. Ce fonds fédéral est destiné à fournir de l’aide pendant que la contestation judiciaire est en instance ». 

Enfer ?

En gros, il faudrait transformer en victimes de l’islamophobie ceux qui refusent simplement de se plier à une loi démocratiquement adoptée par l’Assemblée nationale.

Prenons un peu de hauteur : l’islam est d’implantation récente dans les sociétés occidentales, et pour l’instant, il peine à s’y intégrer. Et partout, des militants portant une version radicale de leur religion en étendard dénoncent l’islamophobie supposée de nos sociétés. 

Osons la question : pourquoi s’installer dans un pays qu’on assimile à un tel enfer ? 

Et permettons-nous une supposition : le CNMC est loin de représenter l’avis de la majorité des musulmans canadiens. Nous pouvons donc aisément nous passer du sien et de ses recommandations.