/news/currentevents
Navigation

Deux ans de prison pour leurre de mineures sur les réseaux sociaux

Coup d'oeil sur cet article

Un homme de 20 ans qui ne savait pas qu’il commettait des crimes en leurrant des adolescentes dont il disait avoir le «consentement» a écopé de deux ans de prison. 

Vincent St-Amour est entré en contact avec cinq adolescentes âgées de 12 à 17 ans via les réseaux sociaux Messenger et Snapchat, et se faisait «extrêmement insistant [pour obtenir des photos des adolescentes nues]», a souligné la procureure de la Couronne dans ce dossier, Me Kahina Rougeau Daoud, au palais de justice de Joliette, jeudi, lors des représentations sur sentence.

  • Écoutez l'entrevue de l'avocate Nada Boumeftah avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:

En tout, le délinquant a obtenu près de 320 photos explicites des adolescentes en l’espace de quatre mois, entre février et juin 2019.

St-Amour, qui n’avait que 18 ans au moment des événements, «croyait agir en toute légalité considérant qu’il avait l’accord des victimes et qu’il n’a pas eu recours à de la supercherie», a mentionné le juge à la Cour du Québec, Normand Bonin, en rendant sa décision.

En matière de consentement à une relation sexuelle, l’âge prévu par le Code criminel est de 16 ans, mais ce n’est pas le cas en matière d’échanges de photos nues dans le cadre d’un leurre, d’accès à de la pornographie juvénile et dans le cas où du matériel sexuellement explicite est rendu accessible à un enfant.

Pour ces chefs d’accusation, il ne peut y avoir de consentement, car la loi protège toute personne en bas de 18 ans, a tenu à rappeler Me Rougeau Daoud.

Déficience

La Couronne avait requis une peine d’emprisonnement de 3 ans et demi et la défense de 2 ans. Le magistrat s’est finalement rangé à la demande de la défense puisque «la situation de l’accusé est très particulière», a-t-il dit.

«Son jeune âge, son niveau intellectuel et ses difficultés de santé [sont] en cause [et] dans certains cas l’âge des victimes est rapproché du sien», a ajouté le juge.

Vincent St-Amour, possède une «intelligence à la borne supérieure du registre intellectuel limite, une immaturité affective, un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, un trouble dysphasique sévère, des éléments d’anxiété sociale et une personnalité avec des traits évitants», a énuméré le magistrat.

«Le tribunal conclut que les difficultés de santé mentale de l’accusé sont directement reliées à ses agissements», a déclaré le juge Bonin.

Si l’on soustrait le temps purgé de façon préventive par Vincent St-Amour, il lui reste un an et 134 jours à passer derrière les barreaux.

À VOIR AUSSI :