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Les deux accusés se méfiaient d’un agent

Ils n’ont pas apprécié une visite à l’improviste chez eux

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Le procès pour complot et meurtres prémédités de Guy Dion et Marie-Josée Viau (en mortaise, sans masque) se poursuivait jeudi, au centre judiciaire Gouin, à Montréal.

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L’un des scénarios d’infiltration de la police pour tenter de coincer un couple accusé d’être des nettoyeurs au compte de la mafia a démarré du bien mauvais pied, car ceux-ci étaient sur leurs gardes.

« [L’accusée] sort par la porte. Elle indique qu’elle n’était pas contente qu’on soit là, sans s’annoncer, qu’on [ne] fait pas ça », a expliqué jeudi au jury un agent d’infiltration (AI), qu’on ne peut nommer pour protéger sa réelle identité.

Celui qui a été désigné aux jurés sous son matricule d’agent, soit le 1203, a amorcé cette semaine son témoignage dans le cadre du procès de Marie-Josée Viau, 45 ans, et Guy Dion, 49 ans, qui sont accusés de complot et de meurtres prémédités.

L’AI 1203 doit présenter cinq « scénarios préétablis » mis en place dans le cadre d’une opération d’envergure de la Sûreté du Québec visant à soutirer des aveux au couple.

Lors des rencontres, il accompagnait un tueur à gages de la mafia qui a retourné sa veste afin d’aider à coincer Viau et Dion, qui auraient contribué à assassiner les frères Giuseppe et Vincenzo Falduto en juin 2016.

Le délateur, considéré comme un agent civil d’infiltration (ACI), et l’AI 1203 portaient alors des dispositifs d’enregistrement, et le jury écoute les audio un à un.

« J’te connais pas »

Le but du troisième scénario était expressément d’obtenir des « verbalisations » de la part de Guy Dion, a souligné l’AI, puisque c’est sa conjointe qui a été abordée lors des deux premières rencontres.

Or, le 9 juillet 2019, le duo s’est présenté à l’improviste au domicile du couple de Saint-Jude, en Montérégie, ce que celui-ci n’a pas semblé apprécier.

Dion avait les bras croisés, ayant l’air de « protéger la porte d’entrée », a dit l’AI.

« Eh tabarnac, rentrer de même. [...] Non tu [ne] fais pas ça. Je te l’ai dit, fais pas ça », a lancé Viau aux deux hommes.

« Pis toi, j’te connais pas. [...] T’es parti une heure et demie, t’as fait un paquet d’affaires, a-t-elle ensuite mentionné à l’agent d’infiltration, méfiante, en faisant allusion au scénario deux. Moi, j’ai du mal, tu comprends ce que je veux dire ? »

L’AI 1203 et le délateur ont toutefois été en mesure de rassurer le couple et faire en sorte que la discussion se poursuive. Ils ont alors évoqué un futur projet commun impliquant du cannabis.

Le procès se poursuit vendredi.