/finance/opinion/columnists
Navigation

Les Jeux de la catastrophe

Coup d'oeil sur cet article

Catastrophe sanitaire oblige à cause de la COVID-19, les Jeux de Tokyo débutent demain non seulement avec une année de retard, mais en plus, ils doivent se dérouler à huis clos. Sans spectateurs, ni étrangers ni locaux.

Pauvres Japonais ! Par surcroît, ils doivent absorber la plus grosse facture de l’histoire des Jeux olympiques. Une facture éléphantesque de 19 milliards $.

À titre de comparaison, cette facture des Jeux de Tokyo est 14,6 fois plus élevée que la facture de 1,3 milliard $ des Jeux de Montréal, en 1976. En dollars d’aujourd’hui, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation durant les 45 ans séparant les Jeux de Tokyo des Jeux de Montréal, la facture des JO de 1976 s’élèverait à 5,93 milliards $. C’est donc dire que les Jeux de Tokyo coûtent en réalité 3,2 fois plus cher que les Jeux de Montréal.

Convenons qu’il s’agit d’une colossale facture pour des Jeux de Tokyo qui ne rapporteront au pays que de faibles retombées économiques, exception faite, bien entendu, de la télédiffusion mondiale des compétitions sportives.

LES JAPONAIS SONT CONTRE

Bien que les dés soient jetés, à quatre jours de l’ouverture des JO, un vaste sondage d’Ipsos Global Advisor a indiqué que les Japonais souhaitaient que leur gouvernement fasse marche arrière en annulant les compétitions olympiques.

Selon ce récent sondage réalisé dans 28 pays, 78 % des Japonais sondés s’opposent à la tenue des Jeux de Tokyo.

Les Japonais font eux-mêmes partie des plus grands opposants aux JO de Tokyo. Sur les 28 pays sondés, ils ne sont devancés que par les Sud-Coréens, dont 86 % ne veulent pas de ces Jeux.

LES CANADIENS AUSSI

Sur les 19 510 adultes interrogés dans les 28 pays participants, Ipsos affirme qu’une moyenne de 57 % des personnes interrogées est opposée à la tenue des Jeux, cette année.

Les Canadiens arrivent au quatrième rang des plus grands opposants alors que 68 % des personnes interviewées se sont prononcées contre la tenue des Jeux de Tokyo en pleine pandémie du coronavirus.

Sur les 28 pays participants au sondage Ipsos, 21 affichent un taux d’opposition supérieur à 50 %.

Les États-Unis font partie des sept pays qui se montrent relativement favorables aux Jeux olympiques de Tokyo. Quelque 52 % des Américains sondés approuvent les Jeux de Tokyo. Loin de moi l’idée de jouer les casse-pieds, le résultat montre que 48 % des Américains n’en ont toutefois rien à cirer.

RÉTICENCE DES ANNONCEURS

De tout temps, les annonceurs, qui ont les moyens de s’associer aux JO, acceptent de payer le très gros prix pour mousser leurs produits pendant la télédiffusion des compétitions.

En raison des malheureuses circonstances entourant les JO de Tokyo, dont l’absence de spectateurs à cause de la COVID-19 et l’opposition massive des Japonais eux-mêmes, les commanditaires japonais risquent de manger toute une claque s’ils ne réussissent pas à renégocier leurs contrats. 

Le journal Le Figaro rapportait hier que jamais des commanditaires nationaux n’avaient autant investi pour soutenir des Jeux se tenant dans leur pays. La soixantaine de commanditaires japonais a investi 2,6 milliards d’euros (3,9 milliards $ canadiens).

L’un des principaux commanditaires, Toyota Motor Corporation, a même annoncé lundi qu’il ne diffusera pas de publicités liées aux Jeux et n’assistera même pas à la cérémonie d’ouverture de demain.

Cela démontre à quel point le géant de l’auto japonais se montre réticent à associer son image à une manifestation sportive devenue impopulaire dans son propre pays.