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Revers pour une mine à ciel ouvert

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Une compagnie minière pourrait devoir attendre encore deux ans avant de savoir si elle peut exploiter une mine de graphite à ciel ouvert dans les Laurentides, une demie-victoire aux yeux d’un comité citoyen.

«C’est une bonne nouvelle, tempérée par le fait que [Canada Carbon] peut poursuivre son exploration pendant ce temps», soutient Norman Éthier, l’un des porte-paroles de SOS Grenville-sur-la-Rouge.

Depuis cinq ans, le regroupement se bat pour empêcher la concrétisation du projet de mine à ciel ouvert Miller, qui empiéterait sur un territoire près de la municipalité comptant plusieurs érablières.

En raison de la présence de ces arbres, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) doit se prononcer sur l’avenir du projet.

Dans un avis préliminaire publié l’été dernier, les commissaires s’étaient montrés favorables aux demandes de Canada Carbon.

Oui mais non

Ils se sont toutefois ravisés cette semaine après avoir entendu les réticences de plusieurs experts, de citoyens, de l’Union des producteurs agricole (UPA), de la MRC d’Argenteuil et de la municipalité.

« La Commission considère qu’au moment d’émettre sa décision [en 2020], elle n’avait pas tous les renseignements permettant d’apprécier le projet en son état réel », écrit-elle en justification dans son avis de changement de l’orientation préliminaire.

Au nombre de ses réserves, elle note le peu de documentation concernant les dangers guettant la nappe phréatique du secteur et les effets de la mine sur les activités agricoles existantes.

En conséquence, la CPTAQ prévoit désormais autoriser pendant deux ans les travaux exploratoires qui permettront à Canada Carbon de déposer une demande complète, mais de refuser le reste du projet d’ici là.

«Il ne s’agit absolument pas d’un retour à la case départ», affirme Valérie Pomerleau, porte-parole de Canada Carbon.

Cette dernière soutient que la minière en profitera pour collecter des informations qui serviront aussi dans ses demandes auprès du Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles et du Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

La saga n’est pas terminée

Bien que cet avis préliminaire de la CPTAQ constitue un revers pour l’entreprise, SOS Grenville ne s’attend pas à ce qu’elle abandonne la partie pour autant.

«Le marché des minéraux stratégiques comme le graphite est très alléchant pour les compagnies en ce moment, alors ils sont très tenaces», note Norman Éthier.

Canada Carbon a entre autres intenté puis abandonné en 2020 une poursuite de 96 millions de $ contre la petite municipalité pour faire annuler un règlement municipal interdisant l’activité extractive.

La municipalité de Grenville-sur-la-rouge et la MRC d’Argenteuil n’ont pas donné suite à nos demandes d’entrevue.

Les pourparlers au sujet du projet de mine Miller durent depuis 2013.