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Avec Michel Charette, il coanime un gala ComediHa!: «Faire rire le monde, c’est dur à battre» -Gildor Roy

Gildor Roy
Photo Pierre-Paul Poulin

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Gildor Roy fait partie du paysage culturel québécois depuis bientôt quatre décennies. Après autant d’années dans l’œil du public, on pourrait croire qu’il s’est habitué aux projecteurs, mais en entrevue avec Le Journal, il avoue n’avoir jamais apprivoisé le côté showbiz du métier d’artiste. Les talk-shows, les photos et – surtout – les tapis rouges, il pourrait s’en passer. « S’habiller, se coiffer, le look... Je n’ai pas beaucoup de temps pour ça. J’aime ma job, mais je suis quelqu’un de relativement gêné, donc aller parader devant les kodaks, ce n’est pas mon activité favorite. »  

Que ce soit en tant qu’acteur, chanteur ou même animateur radio (au tournant du millénaire, il s’est retrouvé au micro de plusieurs émissions à Montréal, dont Yé trop de bonne heure à CKOI et C’t’encore drôle à CKMF), Gildor Roy a toujours le même objectif : « transmettre une émotion ».

« J’ai toujours perçu mon rôle comme ça, même quand j’animais le matin. J’avais envie de faire sentir les auditeurs bien chez eux. Et pour ceux qui étaient en voiture, je voulais leur faire endurer le trafic. »

Le téléphone sonne

Quand on mentionne à Gildor Roy qu’il s’est écoulé 38 années depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre, il laisse échapper un rire. « J’ai l’impression que ça fait deux ans que j’ai commencé ! »

Cette réaction est surprenante, parce que sa feuille de route ne ressemble en rien à celle d’une recrue. Au grand écran, on l’a vu dans deux douzaines de films, dont Requiem pour un beau sans-cœur (1992), La mystérieuse Mademoiselle C (2002) et Contre toute espérance (2007). À la télé, il s’est illustré dans autant de séries, comme Épopée rock (1984-1990), Super sans plomb (1989-1991), Km/h (1998-2006), Lâcher prise (2017-2020) et District 31, qui soulève les passions depuis 2016.

« Après tout ce temps, le monde m’appelle encore, commente le principal intéressé. Ça doit vouloir dire que j’ai un certain talent. C’est encourageant. Ce n’est pas juste parce que j’apprends mes textes et que j’arrive à l’heure. »

Retour au country

Gildor Roy a également lancé quatre albums de musique country durant cette période. Sa première chanson, Donne-moi un bec, fête d’ailleurs son 30e anniversaire en 2021.

« J’ai fait dans ma vie ce que je voulais faire. Ce n’est pas rien. C’est un grand privilège. »

À 61 ans, Gildor Roy souhaite lancer un cinquième album. Mais pour concrétiser ce projet, il attend d’avoir plus de temps libre.

« J’ai des chansons qui sont prêtes, mais quand je vais lancer un nouvel album, je vais prendre le temps de faire les choses comme du monde. Je vais faire la promo, je vais faire le tour, je vais faire des spectacles... Tant et aussi longtemps que je vais jouer dans District 31, je vais devoir attendre, parce que c’est trop prenant. »

Re-bonjour la police

Parlant de District 31, Gildor Roy retrou-vera l’uniforme du commandant Daniel Chiasson lundi, alors que recommenceront les tournages du populaire drame policier, qui sera de retour pour une cinquième saison en septembre à ICI Télé.

Le comédien a reçu les textes des 10 premiers épisodes au début du mois. Et c’est tout ce qu’on saura par rapport aux rebondissements qui attendent les 1 800 000 téléspectateurs qui suivent assidûment la série.

« Pour les acteurs, c’est toujours excitant d’apprendre ce que Luc [Dionne, l’auteur] a imaginé. C’est aussi ben l’fun de retrouver les amis, avec qui on passe plus de temps qu’avec nos familles pendant la saison. Ce show, c’est tellement gros. Il y a tellement d’affaires à tourner. C’est cinq jours par semaine, des journées de 12 heures... Une chance que tout le monde s’entend aussi bien, une chance que tout le monde est aussi impliqué, parce que sinon, ça serait impossible à faire. »

Contrairement à Michel Charette (Bruno Gagné) et Vincent-Guillaume Otis (Patrick Bissonnette), Gildor Roy n’a pas décroché de nomination aux prix Gémeaux cette année. Son absence ne semble pas l’ennuyer outre mesure.

« J’en ai gagné, des trophées. Je serais mal venu d’être offusqué. Les autres boys le méritent. C’est donc très correct. »

Dans l’univers de Patrick Senécal

District 31 ne sera pas l’unique série dans laquelle Gildor Roy jouera cet automne. Au cours du dernier mois, il a tourné dans Patrick Senécal présente, cette nouvelle série d’anthologie du Club illico. Il sera la tête d’affi-che d’un épisode avec Richardson Zéphir.

« C’est Stéphane Lapointe qui réalise. Je l’ai connu sur Lâcher prise et La théorie du K.O. On se connaît bien. Quand il m’a appelé, j’ai dit oui tout de suite avant même d’avoir le scénario entre les mains. »

Gildor Roy caresse également un projet de documentaire qu’il espère mettre en branle une fois la pandémie terminée. Deux ans après avoir coanimé Au volant d’une belle cubaine avec José Gaudet pour Z, il souhaite retourner à Cuba pour explorer la scène musicale du pays. La boîte de production ComediHa ! est impliquée dans l’aventure.

« J’ai aussi écrit un scénario de film, révèle le touche-à-tout. Les choses suivent leur cours. On verra... »  

La réalisation d’un rêve de petit gars 

« J’ai fait dans ma vie ce que je voulais faire. »
Photo Pierre-Paul Poulin
« J’ai fait dans ma vie ce que je voulais faire. »

Gildor Roy n’a pas hésité longtemps avant d’accepter la proposition des dirigeants de ComediHa ! quand ils l’ont contacté pour coanimer un gala avec Michel Charette au Théâtre du Capitole de Québec, le mois prochain.

« C’était en septembre, raconte le comédien. On était en train de tourner District. On est sorti de nos loges, on s’est regardé, pis on s’est dit que ça nous tentait. Ça n’a pas été compliqué. »

Visiblement enthousiastes à l’idée de piloter un spectacle d’humour, les deux hommes ont même brossé les grandes lignes de leurs numéros en moins d’une semaine, durant leurs pauses de tournage.

« Au premier meeting de production avec l’équipe de ComediHa !, le monde était ben surpris de voir tout le travail qu’on avait fait ! » s’exclame-t-il.

Souvenirs de Johnny Carson

Pour Gildor Roy, cette expérience représente une chance unique : celle de devenir humoriste... le temps d’une soirée.

« C’était un rêve secret que j’avais depuis longtemps. Quand j’étais petit gars, à Rigaud, je regardais toujours le Tonight Show de Johnny Carson avec mon père. Les stand-ups comiques, ça m’a toujours fait triper. Et aujourd’hui, c’est mon tour d’essayer. C’est ça qui m’excite le plus. Faire rire le monde, c’est dur à battre. On va peut-être se casser la gueule, mais jusqu’à date, ça augure bien. »

Expérience

Gildor Roy pourra s’appuyer sur plusieurs années d’expérience en comédie pour tirer son épingle du jeu. Outre ses huit années passées à jouer le garagiste Germain Langlois dans Km/h à TVA, il est apparu aux génériques de séries comme Bienvenue aux dames, La théorie du K.O. et Lâcher prise. Au cinéma, le public se rappelle ses rôles dans Karmina, La Florida et Les boys 4.

« J’ai surtout fait des drames dans ma carrière, mais les gens se souviennent beaucoup des comédies. Tant mieux s’ils pensent à moi comme un acteur comique ! »


Gildor Roy et Michel Charette animent un gala ComediHa ! au Théâtre du Capitole de Québec le 14 août. Parmi leurs invités : Dominic et Martin, Lise Dion, Matt Duff, Mathieu Cyr, Simon Delisle et Catherine Éthier. 

La famille s’élargit

Gildor Roy est devenu grand-père pour une deuxième fois en janvier dernier, quand sa fille, Mahalia, a accouché d’une petite fille prénommée Laïa.

Malgré la COVID-19, le comédien n’a pas dû patienter longtemps avant de serrer l’enfant dans ses bras puisque sa fille était venue vivre sa grossesse au domicile familial, à Vaudreuil.

« Il y avait de l’action dans la maison ! raconte Gildor Roy. C’était étrange comme feeling. On était comme des nouveaux parents ! »

Pour l’acteur, cette première année de pandémie a donc été marquée par l’arrivée d’un nouveau bébé. Son fils, William, était devenu père en 2019.

« J’ai été chanceux. Notre famille s’est élargie et j’ai continué de travailler. Ça n’a pas été plate comme année ! »