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«Kaamelott – Premier volet» : Alexandre Astier, d’indépendance et de sincérité

Alexandre Astier
Photo d'archives, AFP Alexandre Astier

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La dernière fois que de nouveaux épisodes de la série télévisée Kaamelott ont été présentés, c’était en 2009. Depuis, les amateurs ont pu découvrir les bandes dessinées et aujourd’hui, un premier long métrage arrive enfin en salle. Alexandre Astier reprend son rôle d’Arthur et revient sur son expérience et sa démarche... En plus de commenter le fait que le film est désormais à bord de la Station spatiale internationale! 

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Véritable homme-orchestre, Alexandre Astier est le scénariste, réalisateur, acteur – c’est lui qui incarne de nouveau le roi Arthur – et compositeur de la musique, tant de la série que du film.

Kaamelott – Premier volet se déroule dix ans après les événements du Livre VI de Kaamelott, alors que le royaume de Logres est toujours aux mains de Lancelot (Thomas Cousseau), qui a fait appel à des mercenaires saxons. En parallèle, Arthur Pendragon effectue son retour.

Outre les personnages indéboulonnables, les fidèles retrouvent Christian Clavier en jurisconsulte ou Alain Chabat en duc d’Aquitaine. Mais les surprises ne manquent pas. Ainsi, et pour ne citer qu’eux, Sting (oui, le chanteur) se transforme en Horsa, un Saxon, et Guillaume Gallienne se mue efficacement en Alzagar, rôles écrits sur mesure par Alexandre Astier qui «n’écrit jamais de personnages sans savoir qui va les jouer.»

Une démarche réfléchie

Pas d’improvisation sur le plateau. La musique était composée à l’avance par Alexandre Astier lui-même, qui a ensuite monté le long métrage en fonction des pièces enregistrées par l’Orchestre de Lyon.

«Je vais être franc, la première impression qui vient quand on fait le film et qu’on vient de la série est que c’est plus facile de faire le film. Je ne le vois pas tellement comme une série de défis, parce que je pense que le défi principal de Kaamelott en tant que série était d’évoluer dans un environnement "heroic fantasy", avec les contraintes d’un budget de série télévisée. Il fallait absolument suggérer, faire croire que...», explique Alexandre Astier, joint en France par l’Agence QMI en vidéoconférence.

«Dans le film, on y va. S’il y a des bateaux de pirates, on va en mer et on le fait. On fait 6 000 kilomètres d’avion pour aller à Oman. Tout ça est aussi une histoire de budget, mais le long métrage est plus facile pour mettre des personnages de comédie face à de grands périls. J’ai eu la sensation de plus de facilité à raconter ce que j’avais à raconter dans un environnement de long métrage.»

Les préventes de billets pour Kaamelott – Le premier volet ont été un succès de l’autre côté de l’Atlantique, les places disponibles se vendant en quelques minutes. La série télévisée était, elle aussi, devenue un succès populaire, et elle a même été le sujet de thèses, de conférences ou de colloques. Comment Alexandre Astier explique-t-il l’attrait pour Kaamelott, devenu désormais partie intégrante de la culture populaire?

«Je ne me l’explique pas, répond-il. Parce qu’il est arrivé sans que je m’en occupe. Le résultat c’est, effectivement, une certaine popularité. Une niche, certainement; après, c’est la taille de la niche...»

«Ce succès populaire est venu par le biais d’un gars qui raconte exactement ce qu’il veut, sur le ton qu’il veut, sans se préoccuper du succès et de la popularité du résultat. Donc, ma recette, c’est de ne pas regarder cela. Je peux m’en réjouir, je peux en être fier et je peux être heureux, mais ça ne peut pas changer ce que je fabrique et ça ne peut pas influencer les directions.»

«Il faut absolument que ça reste neutre de tout ça. Et ça l’est, d’ailleurs, parce que je suis parfaitement prêt à déplaire à tous ces gens-là. Pas volontairement, pas par provocation, mais par sincérité. Si jamais ce que je fais leur déplaît, ce n’est pas grave. C’est la vie, je suis prêt à ça, ce n’est pas grave. Donc je ne m’explique pas trop le succès de Kaamelott

Kaamelott projeté dans la Station spatiale internationale

Thomas Pesquet est un astronaute français qui s’est envolé vers l’ISS en avril dernier pour un séjour de six mois. Alexandre Astier raconte comment une copie de Kaamelott – Premier volet s’est retrouvée dans l’espace...

«Les astronautes ont une espèce de "pack entertainment" qu’ils emmènent là-haut pour les rares moments où ils ont le droit d’avoir un peu la paix. Je savais que Thomas Pesquet avait demandé à la production de Kaamelott de pouvoir emmener les épisodes de la série. C’est à cette occasion que j’ai appris qu’il aimait la série.»

«Je me suis rendu compte qu’il serait dans l’espace au moment de la sortie du film. Et je lui ai proposé, en privé, de me débrouiller pour qu’il puisse le voir. Ça lui a plu et nous avons mis ça en place. Concomitamment, les "fans" ont commencé à faire signer des pétitions pour que je lui envoie le film, mais c’était déjà en route! Je ne voulais pas que ce soit public, je ne voulais pas que ce soit pris comme une fausse promo.»

«L’espace est grand, mais ses frontières ne sont pas si loin de nous, finalement. Je crois que Thomas Pesquet est à moins de 200 kilomètres de nous, cela veut dire que vous êtes [au Québec, NDLR] beaucoup plus loin de moi que Thomas Pesquet! Je pense qu’il contribue à faire reculer les frontières de l’espace, c'est-à-dire que tout cela est de plus en plus proche, j’en veux pour preuve ses "tweets" et le contact constant qu’il garde avec la Terre, tout en étant le commandant d’une station spatiale.»

«Je trouve surréaliste que le film soit là-haut. Je trouve surréaliste que des gens qui vivent des trucs aussi fous que la micropesanteur, le fait d’être au-dessus de nous, dans l’espace, prennent le temps de voir un film, a fortiori le mien. Je trouve cela très touchant, très émouvant. Je vais aller voir le film avec le public, dans les salles, mais j’avoue que j’aurais beaucoup aimé le voir, là-haut, avec Pesquet.»

Kaamelott – Premier volet a pris l’affiche dans les salles obscures de la province le 23 juillet.