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Je n’ai pas fini de vivre le deuil de mon père

Brulotte 0725
Photo courtoisie Mario Tessier

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Mario Tessier, humoriste-animateur, se décrit comme un gars de la campagne, malgré le fait qu’il a passé sa jeunesse dans les rues de LaSalle et de Ville Saint-Pierre. Il adore la qualité de vie de la campagne, mais avec un brin d’humour je lui ai demandé : « Pourquoi avoir choisi de vivre sur Le Plateau-Mont-Royal ? » 


De quel quartier es-tu natif ?

Je suis né à l’Hôpital de LaSalle pendant la semaine de la tempête du siècle hivernal, en 1971. J’ai demeuré à LaSalle et à Ville Saint-Pierre, car maman aimait déménager souvent.


Ton père était avant-gardiste. 

Il se déplaçait avec son ski-doo jaune dans les rues de LaSalle avec les membres de la famille et les amis comme passagers afin qu’ils puissent venir voir ma mère et son nouveau-né, moi, à l’hôpital.


Propriétaire de la première discothèque à LaSalle.

Mon père voulait fréquenter une fille, ma future maman, qui travaillait au Caribou, alors pour la convaincre de le fréquenter, il a acheté le bar et l’aura converti en discothèque, la première à LaSalle.


Tu aimais jouer au baseball et au hockey.

L’été, je passais mes journées au terrain de balle. L’hiver, je faisais partie d’une équipe de hockey-balle qui affrontait les anglophones dans les rues de Ville Saint-Pierre. 


Un jeune hockeyeur, c’est distingué.

Martin Lapointe était plus jeune que nous, mais tellement dominant. Après avoir connu une carrière de 14 saisons dans la LNH, aujourd’hui il fait partie de l’organisation du Canadien. 


Quelle était ta première voiture ? 

Une voiture Suzuki Swift 3 cylindres, mais je crois que seulement deux fonctionnaient. D’ailleurs, je l’ai vendue à un individu qui voulait se rendre au Mexique. Je doute qu’il ait pu se rendre à la frontière américaine. 


Ton père a influencé ta carrière.

Juste entendre mon père rire comme le personnage « Charlemagne » lorsque nous écoutions l’émission Festival de l’humour, à CKAC, a exercé une grande influence sur ma carrière. Aujourd’hui, c’est à mon tour de faire rire le monde, chanter et imiter des personnages.  


Parle-moi de tes études.

J’ai étudié à la Polyvalente Cavalier de LaSalle et au Cégep André-Laurendeau. La Polyvalente m’a permis de rencontrer mon grand ami, José Gaudet, en 2e secondaire. Tandis que le Cégep m’a dirigé vers une carrière dans l’armée. 


Stéphane Rousseau est une source d’inspiration.  

José et moi étions en 2e secondaire lorsque nous assistions au spectacle d’humour d’un élève en 5e secondaire qui est devenu notre source d’inspiration, Stéphane Rousseau.


Est-ce que vous animiez des événements ?

À l’époque de nos études à la polyvalente, on animait des spectacles d’humour, de l’impro, des mariages et même des activités pastorales.


Pourquoi le cégep t’a-t-il dirigé vers l’armée ?

Je n’avais aucun plan d’après-carrière au cégep. Un jour, je me suis inscrit dans l’Armée canadienne. J’ai été déployé à Saint-Jean et à la base de Valcartier, avant de terminer ma carrière comme parachutiste premier commando à la base de Petawawa.


C’était payant ton séjour dans l’armée ?

Je gagnais 8500 $ par année, cependant mon séjour de trois ans dans l’armée m’a enseigné l’importance d’être bien organisé. Cet atout joue encore un rôle tellement important dans ma carrière.


Le décès de ton père est encore difficile.

J’avais 19 ans. L’armée m’a rendu la situation difficile. Je n’ai eu qu’une période de 24 heures pour me recueillir avec les membres de ma famille. Mon père me manque encore beaucoup. Je t’en parle présentement et j’ai la larme à l’œil. 


À cause de sa maladie, ta mère ne te reconnaît plus.

Premièrement, ma mère est une femme formidable qui a su gérer les finances de la famille après son divorce. Elle a 13 frères et sœurs. Cela lui arrive souvent d’être confuse, mais son amour, qu’elle m’a toujours donné, m’empêche d’être triste lorsqu’elle ne me reconnaît pas.


Ton premier appartement était sur Le Plateau-Mont-Royal.

Après ma carrière dans l’armée, Jose Gaudet, son frère Richard et moi demeurions dans un logement sur la rue Messier, sur Le Plateau-Mont-Royal. J’ai passé de belles années avec eux. 


Josélito Michaud a découvert deux jeunes humoristes.

José Gaudet et moi avions accompagné des étudiants dans le Sud, et notre rôle principal c’était de donner des spectacles d’humour. Cela nous a permis de voyager gratuitement dans une région ensoleillée. Josélito nous avait entendus au loin avant de s’approcher pour s’informer à savoir si on désirait faire une carrière d’humoriste.


Le début de tes auditions à CKMF.

José Gaudet et moi avions préparé des textes et sketches d’humour pendant des mois pour notre audition avec Mario Lirette, qui portait son énorme chapeau de cowboy. En apercevant nos textes, il se les est appropriés en déclarant : « Faites rire mon oncle Mario, sans des textes devant vous ». Il était de parole, car il nous a donné notre première chance. 


D’Alain « le chef » Chantelois aux autres. 

Deux gars de LaSalle qui étaient en ondes avec Mario Lirette, Alain « le chef » Chantelois, Gilles Payer, Michel Lafrance et la regrettée Michelle Therrien. 


Patrice L’Écuyer est ton mentor ?

J’étais tout jeune lorsque je surveillais ses prouesses, son respect envers les autres, sans oublier son talent humoristique. Je suis choyé, car aujourd’hui, c’est un bon ami que j’aime beaucoup. 


Tu as gagné un million de dollars ?

Non, mais non, mais non ! Au début de nos carrières, Mario Lirette est venu nous chercher José et moi en limousine. En voyant cette limousine, une femme du quartier, sur le Plateau, s’approche de nous avec des bigoudis dans les cheveux : « Avez-vous gagné un million de dollars à la Loto pour vous promener en limousine ? »  

En réalité, j’ai gagné la Loto trois fois !

Je suis papa de trois merveilleuses filles : Maeva, Jade et Naomie, qui a donné naissance récemment à son premier enfant, Allie.