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Jeux de Tokyo: merci au Canada

Caroline Veyre en présence de sa mère, Danielle Piazzoli, au Club de boxe de l’Est en 2016.
Photo d'archives, Didier Debusschère Caroline Veyre en présence de sa mère, Danielle Piazzoli, au Club de boxe de l’Est en 2016.

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TOKYO | Pour la première fois de sa carrière aux Olympiques, la boxeuse Caroline Veyre portera les couleurs du Canada, un pays qui a joué un rôle déterminant dans sa vie et dans sa carrière.

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Débarquées au Québec en 2002 après que sa mère eut subi des traitements pour soigner un cancer du sein l’année précédente, Veyre et sa famille ont adopté le Canada. « Une meilleure vie nous attendait, mais l’adaptation fut très difficile au début, mentionne la boxeuse de 32 ans. C’était très différent de la France. La boxe a toutefois facilité mon adaptation et est devenue une nouvelle passion. J’ai attrapé la piqûre. La boxe m’a permis d’apprendre à me connaître. J’ai vécu beaucoup de moments difficiles avant de gagner mon premier titre national, en 2013. »

Grande fierté

Danielle Piazzoli est très fière de la sélection de sa fille. « Le Canada nous a donné une chance incroyable, et je suis très fière que Caroline représente le pays qui nous a accueillis. À 13 ou 14 ans, elle a été parachutée à Montréal dans un monde complètement différent. Je n’étais pas consciente à l’époque que Caroline vivait une adaptation difficile, mais la boxe l’a énormément aidée et a joué un grand rôle dans son adaptation. Léo [son premier entraîneur] a joué un rôle prépondérant », de confier la mère, qui occupe un poste à l’UNESCO.

« Si Caroline ramène une médaille, ça serait un bel accomplissement et le point d’orgue de cette aventure. Toutes les épreuves débouchent sur quelque chose de positif », espère-t-elle.

Déçue de ne pas participer aux Olympiques de Rio en 2016, Caroline a tout de même fait le voyage au Brésil en compagnie de sa mère, qui est native de ce pays. Elle a été la partenaire d’entraînement de la Canadienne Mandy Bujold.

Changement profitable

L’inclusion des 57 kg dans le tournoi olympique a procuré de vives sensations à Veyre, qui avait tenté sa chance chez les 60 kg dans le processus de sélection menant à Rio en 2016. « Mon vrai poids est 57 kg, et c’est dans cette catégorie que je suis à mon meilleur », précise-t-elle.

« C’était très difficile d’affronter les meilleures filles au monde chez les 60 kg, ajoute-t-elle. Je sentais une différence physique. Je vais mieux performer chez les 57 kg. »

Premier entraîneur de Veyre au Club de boxe de l’Est, où elle a découvert le noble art, Léo Kwitkowski est heureux que son ancienne protégée puisse se battre dans une catégorie inférieure. « C’est une naturelle 57 kg, affirme-t-il. Elle est plus forte. Chez les 60 kg, elle mangeait beaucoup. Je ne suis pas surpris de sa qualification, et elle possède de bonnes chances de médaille. » 

Tout le monde est content de ce changement de catégorie. « Comme maman, je n’étais pas rassurée quand Caroline affrontait des filles à la portée et au gabarit assez impressionnants. Mon mari était toutefois plus craintif que moi. Il ne voulait pas qu’elle se fasse casser son beau petit nez. »