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Une prothèse haut de gamme afin d’améliorer le confort des amputés

Ethnocare est lauréate du 2e prix au concours des Bourses Pierre-Péladeau

Abygaelle Lorentz
Photo courtoisie Abygaelle Lorentz a mis à l’essai la prothèse qui a été conçue par Ethnocare.

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En voyant sa mère souffrir grandement de porter des prothèses à ses jambes amputées, Louis Philippe-Garneau n’a eu qu’une envie : mettre au point un produit prothétique qui allierait haute performance et confort afin d’améliorer sa vie et celle de toutes les personnes amputées.  

« En 2011, ma mère a eu de graves problèmes de santé qui ont abouti à une septicémie, soit une infection qui se propage dans le sang. Les médecins n’ont eu d’autres choix que de l’amputer des deux jambes sous les genoux. Ses prothèses étaient d’un grand inconfort. Je me suis dit qu’il y avait moyen de faire mieux », raconte Louis-Philippe Garneau, cofondateur d’Ethnocare.  

Il s’est penché sur la question dans le cadre du projet de fin d’études de son baccalauréat en design de produit à l’Université Laval. 

Il lui a fallu 18 mois de recherche et développement pour mettre au point ce qui deviendra le premier produit d’Ethnocare, le Airstream Liner. Il s’agit d’une prothèse qui intègre un système d’ajustement personnalisé au membre résiduel et qui améliore grandement le confort et permet de gagner en mobilité. Elle est également munie d’une solution technologique qui favorise l’aération.  

« Les prothèses traditionnelles sont très chaudes à porter. Elles causent aussi de la douleur et des blessures parce qu’elles sont souvent mal ajustées. Notre prothèse utilise un système d’extension qui permet un réglage facile et efficace du volume et un meilleur ajustement dans la prise », explique Louis-Philippe Garneau. 

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Un marché mondial 

En 2020, le projet académique est devenu une entreprise. Deux collègues étudiants, Marc Antoine Malouin et Vincent Breton, se sont joints à l’aventure. Les trois associés s’attaquent à un marché d’envergure.  

« En Amérique du Nord seulement, il y a 2,3 millions de personnes amputées en raison surtout du diabète et du vieillissement de la population, soutient le jeune entrepreneur. Le marché mondial de la prothèse est évalué à 1,4 G$ US, et il connaît une croissance de 7 % par année. »  

Ethnocare, qui a reçu le 2e prix de 50 000 $ dans le cadre du concours des Bourses Pierre-Péladeau, entend bien devenir un joueur majeur à l’échelle internationale. Avant d’en arriver là, il lui faut terminer le prototypage et procéder à des essais cliniques. 

« Notre preuve de concept est faite. Nous avons testé notre produit avec des personnes amputées et les résultats ont été concluants. Il nous faut maintenant procéder à des tests à plus grande échelle. La bourse que nous avons gagnée va nous aider à finaliser le développement », soutient Louis-Philippe Garneau. 

Fabrication locale

En plus d’être associé avec des centres de recherche, Ethnocare travaille avec deux partenaires techniques, soit Alto Design, qui a une expertise dans le développement de produits pour le domaine médical, et Tactix, qui conçoit de l’équipement pour les sports d’équipe.  

Les associés visent une commercialisation en 2022 et prévoient déjà mener une première ronde de financement d’ici la fin de l’année pour aller chercher le capital nécessaire, soit 500 000 $. Ils vont d’abord s’attaquer aux marchés canadien et américain.  

« On fera affaire avec des distributeurs pour assurer une livraison rapide, explique-t-il. Notre produit sera prescrit par les prothésistes et les médecins spécialisés. Déjà, on sait que le prix de notre prothèse pourra être couvert par la RAMQ. Aux États-Unis, on répond aussi aux normes des assureurs. » 

Au début, Ethnocare prévoit faire fabriquer ses produits en Asie, mais dans l’objectif de rapatrier rapidement la production au Québec. « On étudie différentes options, dont celle d’acheter notre propre machinerie. Notre ambition, c’est de créer des emplois ici. » 

Même si l’aventure entrepreneuriale est faite de hauts et de bas, Louis-Philippe Garneau et ses associés ne se laissent pas décourager pour autant. 

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