/news/coronavirus
Navigation

Des centres refusent de donner la 3e dose

L’information sur l’injection de plus pour les voyageurs ignorée sur le terrain

Coup d'oeil sur cet article

Des Québécois qui prévoyaient voyager dans les prochains mois se sont vu refuser l’administration d’une « dose additionnelle » du vaccin, même si le gouvernement l’a autorisée.

« On m’a dit que je devais avoir un billet d’avion afin de prouver que j’avais un départ imminent pour avoir ma dose additionnelle », raconte Jacques Perrier, qui comptait quitter le pays dans quelques semaines.

L’homme voulait éviter une mauvaise surprise, comme celle du couple qui a fait les manchettes après s’être fait interdire une croisière parce qu’il avait une vaccination mixte. Ayant lui-même reçu deux vaccins différents, M. Perrier s’est rendu dans un centre de vaccination de Blainville où il s’est buté à un refus net, samedi.

« Ça n’a aucun sens ! Je n’irai pas acheter un billet d’avion sans être en état de partir ! » peste-t-il. 

Pourtant le ministère de la Santé a indiqué vendredi qu’aucune preuve n’était exigée pour l’obtention de cette dose additionnelle.

Cette autre dose « pourra être administrée à toute personne dont la vaccination ne sera pas reconnue dans le pays où elle se rend », sur demande.  

  • Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec le virologue Benoît Barbeau sur QUB radio:   

Comme un extra-terrestre 

Une situation semblable est survenue près de Québec, ce week-end, lorsque Mélanie Gilbert a tenté d’obtenir une troisième dose de vaccin en vue de son voyage au Mexique cet hiver. 

Les employés du centre de vaccination de l’entreprise Biscuit Leclerc, à Saint-Augustin-de-Desmaures, semblaient alors « totalement désemparés ». 

« On m’a regardée comme si j’étais une extra-terrestre. On m’a dit qu’on ne faisait pas ça ici et que, de toute façon, mon voyage n’était pas assez imminent », lance celle qui a reçu deux doses dépareillées. 

Photo Agence QMI, Guy Martel

Précisons que le ministère de la Santé recommande de ne pas demander cette autre dose trop longtemps à l’avance « puisque la situation peut évoluer rapidement ». Toutefois, il n’y a aucun délai maximal à respecter. 

Manque de cohésion 

Contacté à ce sujet, le CIUSSS de la Capitale-Nationale dit s’adapter à cette nouvelle directive et affirme qu’elle sera appliquée rapidement dans l’ensemble de leur site. 

Même si le gouvernement a donné son aval vendredi, les CISSS et CIUSSS ont reçu la directive officielle de la Santé publique nationale samedi après-midi, se défend-on. 

« C’est fâchant ! Chaque fois qu’un changement survient en santé publique depuis le début de la crise, ça prend toujours une éternité à se rendre sur le terrain », déplore Mme Gilbert. 

Panne et scepticisme pour la loto-vaccin  

La loterie vaccinale n’aura pas vraiment d’impact réel sur la couverture vaccinale de la province contrairement à l’imposition de restrictions aux récalcitrants, estiment des experts. 

Le concours « Gagner à être vacciné », créé par le gouvernement Legault dans l’espoir d’augmenter la couverture vaccinale, a commencé sur les chapeaux de roues hier matin.  

Impossible de s’inscrire

L’achalandage était tel que le site web, surchargé, était hors d’usage en matinée. Mais ce n’est pas nécessairement un gage de succès, d’après le professeur en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique Alain Lamarre.  

« Tout le monde qui a été vacciné peut s’inscrire, pas seulement ceux qui viennent de se décider. Une chance sur 80 % de la province, ce n’est pas un gros incitatif et je ne suis sûrement pas le seul à faire ce calcul », lance-t-il. 

C’est ce qu’a constaté Le Journal au site de vaccination du Centre de foires de Québec, hier. Sur la cinquantaine de personnes rencontrées, une seule a confirmé avoir pris sa seconde dose plus tôt en raison de la « loto-COVID ».

Le concours pourrait faire pencher la balance pour quelques personnes, explique M. Lamarre, mais il en faudra plus pour convaincre les irréductibles.

« Ce qui fonctionnerait le mieux, ce serait qu’il y ait un réel avantage à être vacciné. Sans interdire l’accès à certains endroits, il faudrait que ce soit compliqué pour les non-vaccinés d’y accéder. En étant obligé de passer un test au préalable, par exemple », propose-t-il.

Du même avis que M. Lamarre, le virologue à la retraire Jacques Lapierre croit que l’imposition d’un genre de passeport vaccinal est inévitable, si le gouvernement veut atteindre sa cible.

« Les concours du genre, notamment aux États-Unis, n’ont pas eu vraiment de résultats probants. Si la carotte ne fonctionne pas, il faudra sortir le bâton, aussi mince soit-il », lance le Dr Lapierre.   


Des lots de 150 000 $ seront tirés chaque vendredi d’août pour les personnes qui ont reçu une dose et un gros lot de 1 M$ sera offert aux personnes entièrement vaccinées le 3 septembre. Des bourses de 10 000 $, ou 20 000 $ pour le gros lot, seront offertes aux adolescents vaccinés. 

À VOIR AUSSI    

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres