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Difficile de se sortir de la rue pendant la crise du logement

La pénurie d’appartements abordables ou subventionnés freine plusieurs femmes

Leïla Benaissa
Photo Nora T. Lamontagne Leïla Benaissa est intervenante sociale à La rue des Femmes, où elle aide les occupantes des studios de l’organisme à se trouver un chez-soi adapté à leurs besoins.

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Des femmes décidées à prendre leur envol après avoir connu la rue sont freinées par la crise du logement à Montréal, qui les empêche de trouver un appartement abordable bien à elles.

« Rendue là, je veux juste un endroit propre, avec ma propre toilette », soupire Hélèna (nom fictif), qui envisage de quitter son petit, mais confortable studio au centre-ville, l’un des douze que possède l’organisme La rue des Femmes.

Les femmes anciennement en situation d’itinérance, comme elle, peuvent y rester pendant deux ans tout au plus, le temps d’être accompagnées pour se loger ailleurs. 

« Mais on fait beaucoup d’exceptions parce qu’on n’arrive pas à trouver de logements pour elles. Tout est trop cher », constate Leïla Benaissa, une intervenante psychosociale qui les aide dans leurs recherches. 

Hélèna est un cas de figure : après deux ans à habiter son petit un et demie baigné de lumière, elle se sent prête à déménager.  

Sauf qu’elle cherche depuis février et ne trouve rien qui corresponde à ce qu’elle peut se permettre en tant que bénéficiaire de l’aide sociale. 

En effet, comment se payer un studio avec moins de 700 $ de revenus par mois, quand le loyer moyen d’un un et demie s’élève à 873 $ sur Kijiji en 2021, selon le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec ?

Tout essayé

Et bien que le logement social existe, les listes d’attente sont interminables, et les démarches administratives, parfois, à s’arracher les cheveux. 

Hélèna, qui a été planificatrice financière et propriétaire de condo dans le passé, ne sait plus à qui s’en remettre. 

« Ce n’est pas la volonté qui manque. Elle a tout essayé », souligne Mme Benaissa, qui la connaît depuis plusieurs années. 

En règle générale, l’intervenante encourage les femmes à s’inscrire sur une liste d’attente pour un appartement subventionné quelques semaines après leur arrivée à la maison Dahlia, où sont situés les studios. 

« Mais j’en connais une qui a demandé un trois et demie il y a des années, et on attend toujours », dit-elle. 

Colère et désespoir

Parfois, des femmes qu’elle accompagne sont désespérées ou en colère face à toutes ces démarches qui n’aboutissent pas. 

« Mais nous [comme intervenantes], on ne peut pas se décourager et abandonner les femmes », affirme-t-elle, résolue à trouver une place pour chacune de ses protégées. 

Quand l’une d’entre elles trouve enfin un endroit convenable où déménager, elle avoue pousser un soupir de soulagement. « C’est un peu le sentiment du devoir accompli. »

Mais peu après, déjà, une autre femme prend la place de celle qui s’est trouvé un endroit où déménager, et elle doit se battre pour lui trouver un lieu où vivre à Montréal. 

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