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Jeux de Tokyo: un défi financier qui n’a pas brisé le rêve de l’haltérophile Tali Darsigny

GEN - TALI DARSIGNY HALTÉROPHILE
Photo Martin Alarie

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TOKYO | L’haltérophile Tali Darsigny fait assurément partie d’un groupe très restreint au sein de l’équipe canadienne à Tokyo, qui ne possède pas un brevet de Sport Canada et qui par conséquent ne reçoit pas de financement pour s’entraîner.

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« Ça fait deux ans que je n’ai pas reçu d’aide de Sport Canada. Je n’ai pas obtenu de bons résultats au mondial en 2019 et j’ai perdu mon financement. En raison de la COVID-19, je n’ai pas eu d’autres compétitions pour me reprendre et ils ont conservé le même classement », raconte Tali Darsigny.

Dans le dernier droit avant de s’envoler pour Tokyo, l’étudiante en chiropractie à l’Université du Québec à Trois-Rivières a travaillé deux semaines à temps plein dans une clinique de Saint-Hyacinthe en plus de s’entraîner en soirée.

« Ce fut comme une claque au visage, a illustré l’haltérophile qui sera en action chez les 59 kg aujourd’hui [mardi]. Ce ne fut pas facile parce que j’ai dû payer mes voyages pour les compétitions. »

Réalité difficile

« Breveté depuis trois ans [avant], je n’avais pas de travail, mais je n’avais pas le choix. Au lieu de recevoir de 1750 $ par mois de Sport Canada, j’ai reçu deux bourses de l’équipe du Québec de 6000 $ chacune. Malgré tout, ça ne m’a jamais traversé l’esprit d’abandonner, ajoute-t-elle. »

Darsigny reconnaît que sa réalité financière complique les choses. 

« C’est moins idéal et ce n’est pas facile de concilier travail, études et entraînement, mais je suis habituée à maintenir un rythme un peu fou », souligne celle dont le père Yvan est présent au Japon comme entraîneur.

Ce dernier a participé aux Jeux de 1984 à Los Angeles et à ceux de 1992 à Barcelone dans la même discipline que sa fille. 

Première victoire

Avant même de monter sur la plateforme à Tokyo, Darsigny a déjà une première victoire à son actif.

Son grand-père Bernard Barré avait promis à ses petits-enfants que le premier qui allait prendre part aux Jeux olympiques allait hériter de ses quatre médailles de participation des Jeux. 

Analyste en boxe pendant les Jeux de 1996, 2000, 2004 et 2008 pour le compte de Radio-Canada, le bras droit d’Yvon Michel chez GYM conserve précieusement ses médailles dans un boîtier avec miroir qu’il a fait confectionner par un artisan.

« Mon petit frère n’était pas content, raconte Tali avec le sourire. Parce que je suis la plus vieille à 23 ans, il disait que ce n’était pas juste et qu’il n’avait aucune chance. »

À 18 ans, Shad et son frère aîné Matt (19 ans) visent eux aussi les Jeux olympiques.

Encore d’âge junior, les deux ont obtenu les critères pour prendre part au dernier mondial.

« Quand Tali s’est qualifiée pour Tokyo, j’aurais tout arrêté pour aller la voir sur place si on avait pu entrer au Japon, raconte le passionné grand-père. Les Jeux olympiques, c’est magique et il n’y a pas de prix pour rater ça. »