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Peau d’âne: une relecture surprenante

Peau d’âne lance la 10e édition du Festival d’opéra

Peau d'âne
Photo courtoisie, Louise Leblanc Francis Belcourt et Éva-Marie Cloutier offrent de très belles performances dans la relecture, sous forme d’opérette, du conte Peau d’âne de Charles Perreault.

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Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la création d’une opérette ou d’une œuvre lyrique. Et cette relecture du célèbre conte Peau d’âne, offerte, mardi, lors du lancement du Festival d’opéra de Québec, était une belle et surprenante réussite. 

Jean-Philippe Lavoie, qui a écrit le livret, et Jean-François Mailloux, qui a composé la musique, ont travaillé trois ans sur ce projet ambitieux et ont remporté ce pari à haut risque. On constate qu’il y a beaucoup de travail derrière la proposition, et ça fonctionne. Vraiment.

Leur version du conte de Charles Perrault, offerte en première, mardi, dans la salle Henri-Gagnon du Pavillon Casault de l’Université Laval, est légère, agréable à écouter, fort divertissante et aussi délicieusement drôle par moments.

Les voix sont de grande qualité, avec sept chanteurs et chanteuses accompagnés par un chœur féminin. Éva-Marie Cloutier, Jessica Latouche et Dominique Gagné se sont distingués dans les rôles de Peau d’âne, de la Fée des Lilas et du Prince des Lys. 

Peau d'âne
Photo courtoisie, Louise Leblanc

La soprano Jessica Latouche et le ténor Dominique Gagné, qui jouent des personnages qui s’aiment plus que beaucoup, excellent en ce qui concerne le jeu. 

Et le compositeur Jean-François Mailloux a brillé, lui, durant 1h45 en interprétant de belles lignes musicales et mélodiques au piano.

Dans ce conte, le Roi des Fées, en deuil, souhaite se marier avec sa fille, parce que sa défunte lui en a donné la permission, à la condition que la future soit plus belle et mieux faite qu’elle. Sa fille, elle, juge la situation inappropriée et va tout faire pour s’en sortir. Toutes sortes de petites bulles amusantes explosent tout au long de l’opérette.

On fait référence à Ricardo, à la Castafiore qui, dans Tintin, rit de se voir si belle en ce miroir, à des chansons de Plamondon, dont Je danse dans ma tête de Céline Dion, et même à Robert Lepage. On a même inséré, ici et là, les noms de certains partenaires qui ont permis la présentation de l'œuvre.

Lorsque la Reine des Lys demande au valet d’appeler le page, celui-ci lance: «Robert!»

Peu de temps morts

On fera même une petite allusion à la pandémie, lorsque la Fée des Lilas désire s’approcher de la Princesse des Fées pour mieux voir quelque chose. «Deux mètres», se fera-t-elle répondre.

On reconnaît ici et là la signature de Ghislaine Vincent, à qui l'on doit la mise en scène.

Peau d'âne
Photo courtoisie, Louise Leblanc

Il y a des performances en solo, des duos, des numéros à cinq et même un numéro de groupe où toutes les voix sont présentes. C’est diversifié, il y a très peu de temps morts et on ne s’ennuie pas. Le public a manifesté son plaisir tout au long de la prestation.

On regarde cette opérette avec un sourire presque constant sur le visage. Peau d’âne est une réussite et une belle façon d'entamer cette nouvelle ère du Festival d’opéra avec la présence de Jean-François Lapointe à la direction artistique.


Peau d’âne est présenté à nouveau mercredi soir et jeudi à 19h30.