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Gagnons la course contre les variants

Clinique de vaccination Le Relais
Photo d'archives, courtoisie CIUSSS C-N Au Canada et ailleurs, les éditos, chroniques et experts favorables à l’approche Macron se multiplient.

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La course entre les variants de la COVID-19 et les vaccins se corse. Pour atteindre la cible de 75 % de Québécois de 12 ans et plus pleinement vaccinés, il ne reste plus qu’un mois. Soit le délai prescrit entre les 1re et 2e doses.

Le temps court. C’est pourquoi, le 14 juillet, j’avançais qu’il nous faudrait suivre la voie tracée par Emmanuel Macron. Le président français annonçait la vaccination obligatoire pour tous les soignants, sans exception.

Il imposait aussi l’exigence d’une preuve vaccinale ou d’un test négatif pour avoir accès à plusieurs endroits et activités, dont les restos, bars, spectacles, transports, etc. 

Résultat : la vaccination s’accélère à coups de millions de réservations. Redisons-le. La coercition, ça fonctionne. Depuis, au Canada et ailleurs, les éditos, chroniques et experts favorables à l’approche Macron se multiplient.

Parce que nos systèmes de santé craquent et que l’économie doit revivre, l’heure de la persuasion est passée. Inutile d’insulter les hésitants et récalcitrants. L’important est de rendre leur refus le plus désagréable possible pour eux. 

Tu refuses la vaccination ? C’est ton droit. Mais face à une pandémie, la société doit se protéger de toi. Donc, pas de vaccin, pas de resto, pas de bar, pas de spectacle, pas de gym.  

Libre de rester dans ton salon

Parce que la logique est coercitive tout en laissant aux gens le libre choix de rester dans leur salon au lieu de sortir plus librement, elle les incite fortement à se faire vacciner.  

En France, manifs antivaccins ou pas, l’opération est un succès fulgurant. Le virus se transmettant aussi par aérosols suspendus dans l’air, pas question non plus de cesser de porter le masque dans les lieux publics clos.  

Cette pandémie n’a pas dit son dernier mot. Plus nos gouvernements repousseront l’application de méthodes plus coercitives pour la double vaccination, plus les variants auront la chance de se multiplier.

Selon de nombreux experts, même la cible de 75 % pour les pleinement vaccinés doit être revue à la hausse. Une autre raison pour s’inspirer de Macron. 

Le temps est venu

Une autre raison parmi tant d’autres est de rendre les « assouplissements » annoncés plus sécuritaires pour la majorité de personnes vaccinées. 

Au Canada, l’idéal serait que les conditions entourant l’exigence d’une preuve vaccinale soient coordonnées et uniformes à travers le pays. D’autant plus qu’on ouvre bientôt nos frontières alors que les cas de variants explosent aux États-Unis. 

Mais comme ça n’arrivera pas, le gouvernement du Québec peut bouger seul. Plus de 60 % des Québécois de 12 ans et plus sont doublement vaccinés. À quatre semaines de la cible minimale de 75 %, attendre encore avant d’annoncer des mesures plus coercitives n’est-il pas trop risqué ?  

À Montréal, derrière les chiffres globaux se cachent aussi de grands écarts dans le taux de vaccination selon les quartiers, les niveaux d’éducation et de pauvreté, l’âge, etc. 

On le sait. Nous ne sommes pas tous égaux devant la COVID-19. Que ce soit volontaire ou non, nous devrions cependant tous l’être pour la protection qu’offrent les vaccins. D’où l’urgence d’une approche plus coercitive. 

Après 16 mois de pandémie, le temps de décourager concrètement le refus d’être vacciné, quelles qu’en soient les raisons, n’est-il pas enfin venu ?