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Un chantier fait trembler son condo de 7h à 15h

Des résidents en télétravail vivent avec des secousses infernales dans Griffintown

chantier
Photo Olivier Faucher Ryad Ramda, résident du quartier Griffintown, n’en peut plus des secousses du chantier qui l’agressent depuis un mois.

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Des résidents du quartier Griffintown n’en peuvent plus d’endurer les secousses quotidiennes dans leur appartement générées par le chantier de construction d’une tour à condos et certains craignent des dommages sur la structure des bâtiments avoisinants.

« Je me sens obligé de partir loin de ma maison, chaque jour, parce que ça a un impact sur ma santé mentale », soutient Ryad Ramda.

Le résident habite un condo dans un complexe de la rue des Bassins, dans le quartier montréalais de Griffintown.

Lui et d’autres résidents se plaignent de vivre avec des tremblements continuels, tous les jours, depuis plus d’un mois en raison de l’implantation de nombreuses poutres de métal dans le sol sur le chantier d’une future tour à condos. 

Ces résidents à qui Le Journal a parlé estiment que cette phase des travaux est anormalement longue. 

Même s’ils sont habitués à cohabiter avec la construction de ce quartier émergeant, ce chantier génère des désagréments sans précédent.

« C’est un bruit infernal, fait savoir la voisine Francine Blais. Quand on est debout, on ne se sent pas stable. À un moment donné, j’ai pensé que les armoires allaient décrocher. »

Méchant télétravail...

« Ce n’est pas évident de se concentrer, exprime M. Ramda, qui est en télétravail. C’est un bruit atroce qui fait vibrer l’appartement de 7 h pile jusqu’à 15 h-16 h l’après-midi. C’est impossible de mettre ma fille à la sieste. »

« Je n’ai jamais ressenti des vibrations en continu comme ça pendant plusieurs semaines, indique également le voisin Nicolas Dexionne. Est-ce qu’on connaît le véritable impact que ça a sur [la structure] des tours du quartier ? » se demande-t-il.

« C’est inquiétant pour la sécurité de l’immeuble [où j’habite] », pense également M. Ramda.

Construction Musto, le promoteur du projet, a indiqué au Journal ne pas être en mesure de répondre à nos questions en raison des vacances de la construction. 

Ces vacances offrent un répit temporaire aux voisins, qui ne savent toutefois pas quand est prévue la fin définitive des secousses sur ce chantier.

L’arrondissement rassurant

L’arrondissement Sud-Ouest a indiqué que la méthode du chantier respecte les normes et standards applicables au Québec, mais qu’un suivi additionnel était assuré dans ce dossier considérant l’inquiétude des citoyens.

« Il s’agit d’une méthode de construction utilisée pour beaucoup de projets dans Griffintown et liée à la capacité portante des sols et la hauteur de la nappe phréatique, explique Marc-André Hernandez, directeur de l’aménagement. Les piliers sont ancrés à même le roc, afin d’assurer une stabilité à la structure du bâtiment en construction. » 

L’arrondissement a reçu trois plaintes pour « bruit excessif » en lien avec ce chantier, indique Hugo Bourgouin, relationniste pour la Ville de Montréal.

« L’arrondissement est sensible aux préoccupations et à la qualité de vie des citoyens de son territoire et est intervenu auprès du chantier, mais n’a constaté aucun non-respect au Règlement [sur le bruit de l’arrondissement] », a déclaré M. Bourgouin.