/news/coronavirus
Navigation

Frontières: en quarantaine pour une visite à la douane en vélo

Un athlète voulait se renseigner avant de participer à une compétition aux É.-U.

Simon Leblanc Ironman
Photo Jean-Francois Racine Simon Leblanc sur son vélo.

Coup d'oeil sur cet article

Parti en vélo de Saint-Georges pour aller chercher des informations au poste de Jackman, un athlète d’endurance et propriétaire d’un commerce s’est retrouvé en quarantaine obligatoire à son retour par l’Agence des services frontaliers du Canada.

Simon Leblanc souhaitait se rendre par voie terrestre à Lake Placid, aux États-Unis, pour une compétition prévue le 25 juillet. Il s’agissait de sa dernière chance de se qualifier pour le Championnat du monde IRONMAN de Kailua-Kona, à Hawaï.

Le 11 juillet, il part donc s’entraîner vers la frontière américaine, située à 45 kilomètres de son domicile.

L’objectif était de savoir comment obtenir une dérogation pour l’événement de Lake Placid en évitant de prendre l’avion.

« Je suis doublement vacciné. J’ai discuté avec les douaniers américains. Après discussion, ils m’ont expliqué que mes chances étaient meilleures au poste Champlain [Lacolle]. Je n’ai pas traversé la frontière, j’étais en vélo », explique le sportif.

  • Écoutez l'entrevue de Simon Leblanc au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:

Décision du Canada

Au moment de repartir, la situation s’est compliquée, dit-il. « J’arrive au poste canadien et j’explique la raison de ma présence. Ils m’ont donné deux boîtes de tests COVID en me disant que j’étais en quarantaine 14 jours. Ils m’ont dit que je n’avais pas fait le ArriveCAN, la plateforme pour fournir nos renseignements à notre arrivée. Mais je ne suis jamais parti », ajoute Simon Leblanc.

De retour chez lui, son père se propose de retourner au poste frontalier pour présenter son code QR. La démarche n’a toutefois pas donné de résultat.

« J’ai appelé la planète au complet ! Je ne peux pas travailler et j’ai une boutique. Je ne pouvais même pas sortir m’entraîner. »

Cependant, l’Agence des services frontaliers du Canada n’a fait qu’appliquer la loi.

« Se faire arrêter à 102 km/h sur l’autoroute, c’est la loi, mais c’est pas une preuve de jugement », répond M. Leblanc.

Après des jours de vaines tentatives et de multiples tests, Simon obtient finalement la permission de pouvoir s’entraîner à l’extérieur. « J’ai eu l’autorisation d’aller faire ma quarantaine à l’extérieur du pays. C’est aberrant ! » 

Au Championnat du monde Ironman à Kona, à Hawaï, en 2019.
Photo courtoisie
Au Championnat du monde Ironman à Kona, à Hawaï, en 2019.

L’athlète décide donc d’étoffer son dossier avec sa licence professionnelle de l’année 2020, de même que ses résultats antérieurs aux mondiaux et au championnat national.

« Je suis parti à Lacolle avec mes papiers et mes tests. Après une entrevue d’une demi-heure, les Américains m’ont permis de me rendre à la compétition. » 

Dénouement heureux

Dimanche, Simon Leblanc a terminé au 1er rang chez les 30-34 ans avec un temps de 9 h 4 min 38 s. Il a obtenu sa qualification pour Hawaï, où il portera les couleurs de son pays en octobre prochain.

L’athlète à son travail chez Joe Bicycles à Saint-Georges, en Beauce.
Photo Jean-Francois Racine
L’athlète à son travail chez Joe Bicycles à Saint-Georges, en Beauce.

Le Canada ne lui a pas imposé une autre quarantaine à son retour et il était au travail à son commerce, Joe Bicycles, hier, en Beauce. 

Un pouvoir discrétionnaire des agents  

Les agents des services frontaliers du Canada possèdent le pouvoir discrétionnaire d’imposer ou non la fameuse quarantaine aux voyageurs qui veulent entrer ou revenir au pays.

La mésaventure de Simon Leblanc n’est pas unique et le mécanisme d’appel ne réussit que très rarement à faire annuler la décision. Les délais font souvent en sorte que les 14 jours s’écoulent pendant les démarches de contestation.

« Nous avons référé M. Leblanc aux autorités fédérales », a précisé Samuel Poulin, député provincial de Beauce-Sud.

« M. Leblanc a effectivement contacté notre bureau. Nous avons fait les suivis nécessaires auprès des ministères concernés. Les informations obtenues lui ont été transmises au fur et à mesure », a aussi expliqué un membre de l’entourage de Richard Lehoux, député conservateur, à Ottawa.

Cas par cas

Des travailleurs qui continuent de se déplacer outre-mer subissent parfois les aléas du métier en temps de COVID-19.

« Je suis allé en Belgique au mois de mai et j’ai eu une exemption comme travailleur essentiel. Je suis retourné au Portugal ensuite et j’ai eu un refus au retour. On m’a dit que ce sont les agents qui décident », mentionne Sylvain Richard, de Richard Sports Services, une compagnie québécoise spécialisée en gestion des résultats sportifs.

À son retour, l’entrepreneur a raté quelques jours d’un contrat sur une sélection olympique. Pour un voyage professionnel précédent en Bulgarie, le père de trois enfants avait dû respecter sa quarantaine obligatoire. 

Amende et prison

Le non-respect d’une ordonnance constitue une infraction à la Loi sur la quarantaine.

Même si une profession peut être considérée comme essentielle, l’exemption de quarantaine n’est pas automatique. Chaque demande est traitée au cas par cas. Il incombe à la partie qui cherche à entrer au Canada de prouver à l’agent qu’il satisfait à une exemption de quarantaine.

Le fait d’enfreindre les instructions données lors de l’entrée au Canada constitue une infraction et peut entraîner six mois d’emprisonnement et 750 000 $ d’amende.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres