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Un camp de jour pas comme les autres

Une initiative unique permet aux nouveaux arrivants de parler français tout l’été

camps francisation
Photo Chantal Poirier Des enfants venus de partout dans le monde participent à un atelier de francisation au camp de jour Saint-Fabien, à Montréal, où ils font un exercice sur tablette sous l’œil attentif de l’enseignante brevetée Andréanne Roy-Plourde.

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Qu’ils parlent arabe, roumain ou espagnol à la maison, une centaine d’enfants échangent tous en français dans un camp de jour de Montréal qui veut rendre leur intégration aussi facile qu’agréable.

« Moi, je préfère le camp. L’école, c’est seulement travailler », confie dans un français presque parfait Ahmed, 9 ans, originaire du Soudan.

Son opinion est visiblement partagée par ses amis du camp de jour Saint-Fabien, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, qui ont droit à des ateliers de francisation à saveur estivale quatre fois par semaine.

Ils produisent des courts métrages, jouent au bingo ou au détecteur de mensonges, mais toujours dans une visée pédagogique.

« Il existe des camps de jours avec soutien linguistique, mais notre démarche est beaucoup plus solide que des moniteurs qui disent simplement aux enfants : “jouez ensemble et parlez français” », explique Suzanne Dansereau, directrice générale de la Fondation pour les élèves de Montréal, qui finance l’initiative.

Une précieuse occasion

Les ateliers sont donnés pendant quatre semaines par des enseignants brevetés et représentent l’unique occasion pour plusieurs jeunes nouveaux arrivants de perfectionner leur français pendant l’été, soutient-elle.

« Il faut absolument leur donner la possibilité d’apprendre, de pratiquer et d’aimer la langue française, poursuit Mme Dansereau. C’est par là que passe l’intégration. »

Au passage du Journal, l’enseignante Judith Cajelais faisait d’ailleurs réviser aux enfants le vocabulaire lié au transport maritime, de manière ludique.

« Qui ici a déjà vu le fleuve Saint-Laurent ? », demande-t-elle au groupe d’une dizaine d’enfants de 9 ou 10 ans, dont la moitié a le français comme langue seconde.

Au gré des réponses, Judith Cajelais, surnommée « Capitaine », continue son animation dans la bonne humeur et s’adapte aux connaissances et à leur niveau de français.

« Ce n’est pas toujours facile de gérer ceux qui viennent tout juste d’arriver, car le groupe n’est pas homogène », fait remarquer Andréanne Roy-Plourde, qui anime aussi ces ateliers.

Différents niveaux

Et tous ne progressent pas à la même vitesse. « Le créole a des mots en français, donc ça n’a pas été trop difficile pour moi d’apprendre », dit avec un grand sourire Lynn-Carla, une Haïtienne en quatrième année, immigrée au Québec depuis la maternelle.

Une timide fillette de la Moldavie arrivée il y a quelques semaines part de plus loin. 

« En même temps, c’est beau de voir tous les enfants se mélanger et s’entraider, peu importe la langue ou l’origine. Les adultes devraient prendre exemple sur eux », suggère Andréanne Roy-Plourde.