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Capitole: des témoignages à glacer le sang

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Leurs témoignages sont à glacer le sang. Devant le comité spécial de la Chambre des représentants chargé d’enquêter sur l’invasion du Capitole du 6 janvier, quatre policiers ont raconté l’horreur absolue de ce jour fatidique.

Quatre policiers. En première ligne. En pleine insurrection menée par des supporteurs enragés de l’ex-président républicain Donald Trump. 

En réaction à sa défaite électorale, cette invasion visait à ébranler la démocratie américaine jusque dans ses fondements. Encouragée dans les heures la précédant par Trump lui-même, elle fut d’une violence inouïe.

Quatre policiers. D’une franchise admirable. Ils ont tout détaillé. La violence débridée des émeutiers. Leurs insultes racistes et odieuses. Leurs menaces ouvertes de mort. 

Ils ont décrit comment ils ont été roués de coups par eux. Chacun a cru mourir. Là. En devoir. Lynchés par une foule délirante pendant qu’ils défendaient des élus, terrorisés et tapis dans d’autres salles. 

Ils ont aussi raconté les graves séquelles physiques et psychologiques avec lesquelles ils doivent vivre depuis. 

« Tue-le avec son arme »

Le policier Michael Fanone a tout résumé en cette phrase brutale : « J’ai entendu des gens dans la foule crier : “Prends son arme, tue-le avec son arme”. » 

Leur criant qu’il avait des enfants, il a dû supplier les émeutiers de ne pas le tuer. En 2021. Dans l’antre d’un parlement au beau milieu d’une grande démocratie occidentale.

Comme l’a souligné avec force un autre policier, les émeutiers, ces terroristes, n’étaient pas de la « gauche » américaine. Ni de la mouvance qu’on appelle woke. Ni du mouvement Black Lives Matter.

Ces fous furieux, persuadés de pouvoir faire tomber la démocratie américaine au nom de leur messie Trump, étaient des produits pleinement assumés de l’extrême droite américaine.  

L’extrême droite des suprémacistes blancs. Des racistes. Des antisémites. Des antimusulmans. Des misogynes bienheureux. Tous nourris depuis des années au biberon de la haine par Trump. 

Aux États-Unis et à travers l’Occident, leurs « compagnons de route » essaiment aussi leurs discours haineux à travers les médias dits sociaux.

Même délire contre les vaccins

Comme le notait hier mon collègue Pierre Martin, même la « recrudescence de la COVID-19 parmi les millions d’Américains non vaccinés est la résultante directe de la politisation insensée de cette pandémie par les républicains, qui continue à entraîner des milliers de décès évitables ».

L’extrême droite. De loin la plus grande menace posée depuis longtemps à la démocratie américaine et à la paix sociale. 

Pendant ce temps, au Texas, dans une longue entrevue récente accordée à Joe Lonsdale, un jeune et richissime homme d’affaires américain, l’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper, s’en est pris durement à ce qu’il appelle le « wokisme de gauche ».

Selon lui, « LA » gauche serait toujours extrême. Ajoutant même ceci : « Ce qui est le plus menaçant dans l’extrême gauche woke est qu’elle tente de détruire la démocratie. [...] Son but final est l’autoritarisme. » Vraiment ?

Pourtant, ce sont bel et bien des trumpiens d’extrême droite qui, le 6 janvier, ont envahi un parlement, armes de tout acabit au poing et l’écume haineuse à la bouche. 

Quand on pense qu’il reste des conservateurs au Canada rêvant encore au retour éventuel de Harper en politique fédérale, sauve qui peut...