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Corps de sa conjointe aux ordures: les pompiers de Sherbrooke auront des comptes à rendre

Le conjoint de la dame décédée qui a été jetée aux ordures exige des réponses

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Le conjoint de la femme qui s’est immolée à Sherbrooke la semaine dernière exige que les services d'urgence rendent des comptes pour savoir comment ils ont pu confondre son corps avec un mannequin avant de le jeter aux ordures.

« J’aimerais parler aux pompiers qui ont décidé que ce n’était pas un corps humain. Ils sont formés, ils sont censés savoir c’est quoi un corps brûlé », a soutenu Fernand, qui a préféré taire son nom de famille, trop ébranlé par la perte de sa compagne des 20 dernières années.

Fernand, le conjoint de la victime, a passé une grande partie de la journée de vendredi à se recueillir sur les lieux du drame, où de nombreux citoyens avaient déposé des bouquets de fleurs.
CAPTURE D’ÉCRAN TVA NOUVELLES
Fernand, le conjoint de la victime, a passé une grande partie de la journée de vendredi à se recueillir sur les lieux du drame, où de nombreux citoyens avaient déposé des bouquets de fleurs.

Cette dernière s’est immolée au matin du 23 juillet près du parc Paul-Marin, à Sherbrooke, en Estrie, déclenchant par la même occasion un feu de broussailles.   

  • Écoutez l'entrevue avec Frank Crispino, Chercheur au Site de Recherche en Sciences Thanatologiques Expérimentale, Directeur Laboratoire de recherche en criminalistique et Professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières sur QUB radio :    

Les pompiers qui sont intervenus sur place ont pris à tort son corps pour un mannequin et ont disposé des restes calcinés dans les poubelles du Service de police de Sherbrooke (SPS), avant de réaliser leur méprise des heures plus tard.

Entre-temps, son conjoint avait signalé sa disparition, après l’avoir cherchée en vain au travail et au chevet de ses deux sœurs handicapées, dont elle prenait soin. 

S’il connaissait ses angoisses, jamais il n’aurait cru que cette femme « extraordinaire » s’enlèverait la vie, et encore moins qu’elle finirait dans une benne à ordures. « C’est une double tragédie », a-t-il résumé.

Le soi-disant mannequin a été récupéré, puis jeté dans un conteneur à déchets sur le terrain du service de police.

Le conteneur où le corps de sa conjointe a été déposé.
Photo Agence QMI, Audré Kieffer
Le conteneur où le corps de sa conjointe a été déposé.

Questions sans réponses

Au-delà de la mort de sa conjointe, Fernand s’interroge sur le comportement des pompiers dans les heures qui ont suivi. « Est-ce que quelqu’un a pris ses signes vitaux avant de la mettre dans un conteneur ? Comment ont-ils pu penser que c’était un mannequin s’ils l’ont finalement identifiée avec la photo sur sa carte d’assurance maladie ? »

La Ville de Sherbrooke a ordonné une enquête administrative sur les agissements des employés de ses services de police et d’incendie, a confirmé sa porte-parole Nancy Corriveau, en se refusant à tout autre commentaire.

Au Québec, les pompiers n’ont pas de code de déontologie, contrairement aux policiers, et c’est à chaque municipalité de gérer leurs manquements professionnels.

Par ailleurs, une enquête du coroner, épaulé par le SPS et l’équipe des crimes majeurs de la Sûreté du Québec, fera la lumière sur les circonstances qui ont mené au décès de la sexagénaire. 

Le maire de Sherbrooke sort de son silence 

Jasmin Dumas

Devant l’ampleur de la crise et la consternation dans la population, le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, est sorti de ses vacances vendredi pour offrir publiquement ses sympathies à la famille de la dame dont le corps a été confondu avec un mannequin et jeté aux ordures par les pompiers.

Des excuses se font cependant toujours attendre par le conjoint de la femme, qui s’est recueilli vendredi matin à l’endroit où elle est décédée et où de nombreuses fleurs ont été déposées en mémoire.

«En mon nom et en celui de tous les membres du conseil municipal, je tiens à offrir à la famille de cette dame mes plus sincères condoléances. Ce qui s’est passé, c’est absolument invraisemblable et j’ai bien hâte de connaitre le résultat de l’enquête. Il faut faire la lumière sur ces évènements, savoir exactement ce qui s’est passé», a indiqué le maire.

Steve Lussier s’est engagé à communiquer directement avec le conjoint de la dame dont le corps a été jeté aux ordures par les services d’urgence, mais a refusé de s’excuser pour le moment.

«On va attendre de voir les conclusions de l’enquête, on verra par la suite. Mais je peux vous assurer que je vais parler aujourd’hui avec le conjoint et on va avoir une bonne discussion», a-t-il ajouté.

La présidente du Comité de sécurité publique de la Ville de Sherbrooke, Danielle Berthold, était elle aussi ébranlée par cette histoire.

«C’est un drame pour cette femme, sa famille et également pour les intervenants qui ont procédé à l’intervention. Soyez assurés qu’on va faire la lumière sur cette affaire. Moi je maintiens ma pleine confiance en notre service incendie et notre service de police», a-t-elle mentionné.

Le corps de la victime avait été retrouvé le 23 juillet dernier dans un conteneur à déchets situé sur le terrain du Service de police de la Ville de Sherbrooke (SPS), alors qu’il aurait été confondu avec un mannequin.

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