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Le CH meilleur? Plutôt différent

COUPE STANLEY : Lightning vs Canadiens
Photo d’archives, Martin Chevalier Le défenseur David Savard portera maintenant les couleurs du Tricolore.

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Alors que la parité a considérablement changé la gestion quotidienne des formations de la Ligue nationale de hockey, et avec un plafond salarial encaissant les contrecoups de la pandémie, un fait demeure : il faut toujours jeter un coup d’œil dans la cour du voisin.

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Marc Bergevin le sait très bien.

Après une journée passablement occupée, marquant l’ouverture du marché des joueurs autonomes, une question s’impose. Peut-être deux.

Le Canadien est-il une meilleure équipe que celle qui s’est inclinée 1 à 0 devant le Lightning de Tampa Bay, il y a trois semaines ?

Meilleure ? Il y a beaucoup d’inconnues.

Pourra-t-il rivaliser au même niveau que les meilleures formations de la section Atlantique et faire de même avec les clubs de la division Métropolitaine ?

On reviendra à l’ancien système, ne l’oubliez surtout pas.

Le Canadien s’engagera dans une lutte éreintante face à des équipes aussi redoutables que les Panthers de la Floride, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston et le Lightning de Tampa Bay, même si cette organisation a perdu son troisième trio, son plus polyvalent. 

Et les bons résultats en fin de saison des Sénateurs d’Ottawa laissent présager qu’ils seront d’attaque.

Le CH doit s’assurer de terminer parmi les trois premières équipes de la division afin d’obtenir un laissez-passer pour les séries. S’il échoue, il devra cumuler suffisamment de points pour devancer quatre des cinq clubs ayant raté la qualification automatique dans la Métropolitaine tout en s’assurant d’occuper le quatrième rang de sa division. 

Une lourde commande.

Le Tricolore est-il supérieur à l’an dernier ? Il y a toujours des questions qui demeurent sans réponse. Certes, ce sera une équipe différente : Phillip Danault est parti pour Los Angeles. Tomas Tatar ne figure pas dans les plans, du moins pour l’instant. Eric Staal ne répond plus aux attentes. Shea Weber ne jouera pas. Jon Merrill a signé avec le Wild du Minnesota. Erik Gustafsson devra trouver du boulot dans une autre ville.

Et un joueur dont on souhaitait le retour a faussé compagnie au Canadien. On ne peut blâmer Corey Perry d’avoir succombé à la tentation d’aller en Floride, avec le Lightning, et surtout avec un contrat de deux ans.

Du positif

Par ailleurs, Jonathan Drouin est en bonne forme, dit-on. Mike Hoffman devrait donner plus de lustre à l’attaque à cinq. Cédric Paquette ne pourra pas remplir le rôle confié à Danault par le passé, mais il demeure un joueur intense, capable de bien travailler dans le cercle des mises en jeu. David Savard comblera certains aspects du jeu qu’affectionnait Weber, notamment balayer le devant du filet, frapper l’adversaire, être fiable dans son territoire. 

Chris Wideman ? Attendons.

À l’occasion de son point de presse, tenu à 15 h, mercredi – quelques minutes plus tard, Bergevin faisait l’acquisition de Hoffman, bizarre n’est-ce pas ? –, le directeur général n’est pas passé par quatre chemins pour reconnaître que Jesperi Kotkaniemi devra finalement répondre aux attentes. 

« Il ne faut pas oublier qu’il était encore l’un des plus jeunes joueurs de la ligue l’an dernier, a dit Bergevin, donc on s’attend à ce qu’il progresse et qu’il devienne le joueur de centre de premier plan. »

Être le plus jeune, on est d’accord, mais comment explique-t-on qu’il éprouve un mal fou à s’adapter à la LNH ? Le Finlandais de 21 ans n’a pas joué lors des deux dernières parties de la finale, dont l’ultime s’est finie par une défaite de 1 à 0. On avait expliqué son absence par un manque de constance.

Pourtant, n’avait-il pas marqué des buts importants ?

Une bonne ligne de centre

Dominique Ducharme et Bergevin ont clairement indiqué par cette décision que Kotkaniemi n’a toujours pas atteint les standards anticipés. Au contraire.

Peut-on entreprendre la prochaine saison avec autant d’incertitude, surtout à une position aussi stratégique que celle de joueur de centre. Nick Suzuki représente une valeur sûre. Maintenant que Danault est parti en Californie, normalement, Kotkaniemi devrait occuper le poste de centre numéro deux.

On ne peut le confirmer. On est loin de vouloir le confirmer.

Si Bergevin soutient qu’il est encore à la recherche d’un autre défenseur, il se retrouve avec un problème qu’on semble incapable de résoudre depuis quelques années : la création d’une ligne de centre productive.

Molson n’avait qu’à dire non  

Marc Bergevin n’a pas répondu à la question à savoir si la réaction de Geoff Molson désavouait ni plus ni moins les actions prises par son directeur général, vendredi dernier.

Désavouer signifie qu’on n’a pas accordé le droit à quelqu’un d’agir comme il l’a fait...

Or, ce n’est pas le cas.

Molson n’a pas désavoué Bergevin.

Quand le DG a quitté le bureau du président, il avait obtenu le feu vert. Du moins, il faut interpréter les événements de cette façon à la lumière du message de l’actionnaire du Canadien.

Molson et sa garde rapprochée savaient très bien qu’ils allaient provoquer des réactions et sûrement pas pour les bonnes raisons lors du repêchage.

Malgré tout, on est passé aux actes parce qu’on avait la possibilité de frapper un circuit comme l’avait donné à entendre Trevor Timmins avant l’encan amateur. On a choisi Logan Mailloux en dépit des événements graves et inacceptables qui se sont produits lors de son séjour en Suède.

Cinq jours

Ce qu’on retient, c’est qu’il s’est passé cinq jours avant que le président ne se manifeste.  

Tout le monde est à blâmer dans cette triste affaire. 

Mais celui qui doit en assumer l’entière responsabilité, c’est l’homme en charge, celui qui a tous les pouvoirs, c’est le propriétaire.

Molson n’avait qu’à dire non à Bergevin.

Pour une fois qu’un propriétaire n’avait pas à cautionner un geste que s’apprêterait à poser son directeur général sans pour autant amenuiser ses pouvoirs. 

Parce que ce n’était plus une simple question de hockey. 

L’image de l’organisation était en cause...