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Une infirmière se bat pour maintenir sa clinique en Montérégie

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Une infirmière qui a ouvert depuis plus de neuf ans sa propre clinique à Candiac, en Montérégie, se bat contre le système de santé qui privilégie les médecins et demande l’aide de Québec pour éviter la fermeture de son établissement.

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Linda Jurick a fondé le central médical TaLin, qui est différent de ceux qui existent déjà dans la province puisque la majorité des soins y sont assurés par des infirmières selon leur champ de compétences.

Si les infirmières sont plus nombreuses pour assurer les examens et réaliser des soins au besoin, la clinique compte tout de même deux médecins de famille à temps partiel, un médecin en médecine interne qui est présent quelques heures par mois, ainsi que des chirurgiens en général et une pédiatre à temps partiel.

«C’est une pratique qui est collaboratrice, qui dit «on fait du mieux pour mieux soigner», mais chaque médecin a sa propre clientèle et les infirmières ont leur propre clientèle, mais au besoin, les patients de chacun peuvent consulter l’autre», a expliqué Mme Jurick en entrevue vendredi à Qub radio.

La clinique de Mme Jurick se retrouve cependant endettée puisqu’aucune subvention n’est donnée lorsque les patients voient des infirmières.

«Les médecins font payer leurs frais par la [Régie de l’assurance maladie du Québec] (RAMQ). Les infirmières ne peuvent pas facturer leurs coûts par la RAMQ, elles ne peuvent pas facturer le CISSS», a précisé l’infirmière au micro de Caroline St-Hilaire et Varda Étienne.

Elle souhaite donc recevoir plus de compréhension de la part du gouvernement Legault afin d’empêcher la fermeture de sa clinique.

«Je veux vraiment, et ce depuis le début, que le centre médical TaLin soit intégré d’une manière ou d’une autre dans la structure de l’assurance-maladie comme les CLSC ou comme les [Groupes de médecine de famille] (GMF)», a-t-elle souligné.

Un double standard entre médecins et infirmières

Mme Jurick a notamment dénoncé le double standard qui peut exister entre les cliniques de médecins et les cabinets d’infirmières qui sont plus rares dans la province.

«Pourquoi c’est bien correct que les impôts du contribuable payent un médecin dans son cabinet, mais ils ne peuvent pas payer une infirmière dans un cabinet?», s’est-elle interrogée.

«Nous sommes presque 90 000 infirmières dans la province, on a des compétences, on peut faire énormément de choses. [...] Nos mains sont liées, on ne peut pas pratiquer l’éventail de nos compétences et de notre pratique, parce que les médecins l’empêchent», a déploré la propriétaire de la clinique TaLin.

L’infirmière souhaite donc trouver une solution afin que sa clinique ne se trouve plus entre les systèmes public et privé.

«Je crois vraiment qu’on est encore dans une roue culturelle, traditionnelle, où l’infirmière doit maintenir sa place d’une personne sage qui suit les ordonnances du médecin», a-t-elle illustré.

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