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Jeux vidéo : «Pac-Man», la franchise aux 16 milliards $US de revenus

Jeux vidéo : «Pac-Man», la franchise aux 16 milliards $US de revenus
Photo d'archives, AFP

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Le célèbre monstre jaune de Pac-Man aurait dû s’appeler Puck-Man. Mais Namco, la compagnie à l’origine du jeu, s’est ravisée à la dernière minute, par peur que des petits malins changent le «P» en... «F» sur les arcades!

À la fin des années 1970, l’industrie des jeux vidéo telle qu’on la connaît aujourd’hui n’existe pas. Les jeux d’arcade en sont à leurs balbutiements. Pong a obtenu du succès et Space Invaders, sorti en 1978 dans la foulée du premier Star Wars, confirme l’intérêt de la population – on ne parle pas encore de «gamers» – pour tout ce qui touche à l’espace. Surtout lorsqu’il s’agit de tuer des extraterrestres... Space Invaders avait d’ailleurs provoqué une pénurie de pièces de monnaie au Japon.

Conte pour enfants

Toru Iwatani, Japonais de 22 ans, travaille chez Namco, plus précisément dans la toute nouvelle division des jeux vidéo de la compagnie. Il est designer de jeux et œuvre de concert avec un programmeur, puisqu’il n’a aucune connaissance en codage. Il veut développer des billards électriques («pinball»), mais ses patrons s’y opposent.

Il crée alors Gee Bee, un jeu de padel. Mais Namco veut son équivalent de Space Invaders. Or, Toru Iwatani ne croit pas à la pérennité des jeux de tir, n’y voyant qu’une mode destinée à passer. Il se met alors à imaginer un jeu sans violence, pouvant plaire tant aux femmes qu’aux hommes.

Il s’inspire de la légende japonaise, racontée aux enfants, d’une créature qui les protège des monstres en les mangeant. L’idée de base de ce qui deviendra Pac-Man vient alors de naître. Iwatani se concentre sur la bouche, l’arrondit (en japonais, l’idéogramme pour «bouche» est carré), renonce à ajouter des yeux.

En entrevue à l’occasion du 30e anniversaire du jeu, Toru Iwatani explique:

«La nourriture est l'autre partie du concept de base. Dans mon concept initial, j'avais placé le joueur au milieu de nourriture qui remplissait l’écran. En y réfléchissant, je me suis rendu compte que le joueur ne saurait pas exactement quoi faire. Le but du jeu serait obscur. J'ai donc créé un labyrinthe et placé la nourriture dedans. De fait, le joueur aurait une certaine structure en se déplaçant dans le labyrinthe. Les Japonais ont un mot d'argot, "paku paku", qu'ils utilisent pour décrire le mouvement de la bouche qui s'ouvre et se ferme pendant qu'on mange. Le nom "Puck-Man" vient de ce mot.»

Le créateur ajoute également quatre fantômes – les monstres du conte pour enfants, auxquels il donne les noms de Pinky, Akabei, Aosuke et Guzuta –, qui apparaissent par vagues, comme dans Space Invaders. Puis, Toru Iwatani décide de placer quatre «super pac-gomme», permettant de manger les fantômes.

Le délire

Enfin, 17 mois de développement plus tard, «Puck-Man» fait son apparition dans les arcades du Japon. Nous sommes le 22 mai 1980. Aux États-Unis, Midway Games obtient la licence d’exploitation des consoles d’arcade. Le nom est changé, le jeu devient Pac-Man et les fantômes sont renommés Blinky, Pinky, Inky et Clyde. Et, le 10 octobre 1980, les Américains découvrent l’œuvre.

Les joueurs adorent, et Midway vend pas moins de 100 000 arcades dès la première année. Ms. Pac-Man fait son apparition deux ans plus tard. Rapidement, Pac-Man s’impose comme le personnage d’une franchise de jeu le plus connu – aux États-Unis, il atteint les 94% de reconnaissance – et, depuis, les droits d’utilisation des visuels ont été acquis par plus de 250 compagnies, qui ont mis plus de 400 produits sur le marché.

Quant aux chiffres, ils donnent le vertige. Selon le site spécialisé US Gamer, les jeux d’arcade valent à eux seuls 7,6 milliards $US. Ms. Pac-Man, elle, vaut 2,4 milliards $US. Les titres ont généré plus de 16 milliards $US de revenus... Et c’est sans compter les produits dérivés, les droits payés par le film Pixels, etc.

Pas de doute, Pac-Man a encore de beaux jours devant lui!

Le carnet de liens

Le Google Doodle: jouable sur ordinateur et créé pour le 30e anniversaire de Pac-Man en 2010.

Le site officiel de Pac-Man (www.pacman.com): incluant une version gratuite du jeu original et une boutique de produits dérivés.

Pac-Man: le jeu classique gratuit pour iOS et Android.

Ms. PAC-MAN Lite: le jeu classique payant pour iOS et Android

PAC-MAN Party Royale (pour iOS): une bataille multi joueurs, disponible uniquement via Apple Arcade.

Namco Museum: une collection des classiques de Namco pour la Nintendo Switch.

La perte de temps (utile) de la semaine

«Pac-Man Geo» (pour iOS et Android), c’est la possibilité de jouer, gratuitement sur son téléphone, à une version de Pac-Man dans le monde réel. Le joueur peut ainsi se transporter dans les rues des grandes villes du monde ou créer un labyrinthe à partir de rues réelles. L’idée n’est pas nouvelle ; en 2015, Google Maps avait offert aux utilisateurs de jouer à Pac-Man sur ses cartes et, en 2017, le géant du Web avait réitéré avec Ms. Pac-Man.