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Pénurie de main-d’œuvre: la boss transporte ses employés sur des centaines de km

Pour exploiter son restaurant, la copropriétaire de L’Étape fait le taxi chaque semaine

La copropriétaire de L’Étape, Sandy Laforge, travaille tous les jours pour pallier le manque de main-d’œuvre. « On n’a pas le choix. On le prend un jour à la fois et chaque jour est une victoire », dit-elle.
Photo Didier Debusschère La copropriétaire de L’Étape, Sandy Laforge, travaille tous les jours pour pallier le manque de main-d’œuvre. « On n’a pas le choix. On le prend un jour à la fois et chaque jour est une victoire », dit-elle.

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Ne reculant devant rien pour pouvoir exploiter son établissement, la copropriétaire du restaurant de L’Étape transporte elle-même ses employés de Québec et de Saguenay sur des centaines de kilomètres par semaine, pour qu’ils viennent travailler.

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«Ça m’est arrivé dernièrement, je passais quelqu’un en entrevue Facetime et dix minutes après, j’étais dans mon auto pour aller le chercher à Québec», illustre la copropriétaire, Sandy Laforge.

Mme Laforge transporte tous les jours au moins huit employés qui n’ont pas de voiture. «Chaque matin, j’en amène de Saguenay et je vais parfois en reporter à Québec. Je n’ai pas le choix, je suis très dépendante», dit-elle, à bout de souffle.

La copropriétaire de L’Étape, Sandy Laforge, travaille tous les jours pour pallier le manque de main-d’œuvre. « On n’a pas le choix. On le prend un jour à la fois et chaque jour est une victoire », dit-elle.
Photo Didier Debusschère

Heureusement, elle a l’aide de son associé et de quelques employés, ce qui lui évite de faire plusieurs aller-retour quotidiennement.

En raison de la pandémie, les transports d’autobus Intercar qui relient les deux villes n’ont pas encore repris complètement. Pour le moment, les trajets ne se font que quatre jours par semaine, à raison d’une ou deux fois par jour.

Même si elle accueille des travailleurs étrangers et fournit des chambres près du restaurant pour les employés, Mme Laforge n’arrive pas à pourvoir ses postes manquants. À l’heure actuelle, il lui manque au moins cinq employés.

Camion de rue fermé

Pour se «donner un peu d’oxygène», Mme Laforge s’est récemment dotée d’un camion de rue qu’elle a installé à L’Étape. Mais elle ne peut l’ouvrir que deux jours par semaine, faute de main-d’œuvre.

La copropriétaire de L’Étape, Sandy Laforge, travaille tous les jours pour pallier le manque de main-d’œuvre. « On n’a pas le choix. On le prend un jour à la fois et chaque jour est une victoire », dit-elle.
Photo Didier Debusschère

Comme d’autres propriétaires de restaurants en halte routière interrogés par Le Journal, Mme Laforge a aussi des problèmes avec des employés qui partent sans préavis. 

«Les gens partent et ne reviennent plus, ou encore, on va voir dans les chambres et la chambre est vidée, il n’y a plus personne», déplore celle qui est aussi propriétaire du restaurant Chez Georges, de Chicoutimi.

Pénurie dans les haltes routières

Prises d’assaut par les touristes et les vacanciers, les haltes routières en arrachent cet été, en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Plusieurs ont cessé d’opérer la nuit, d’autres ferment plus tôt, alors que certaines sont contraintes de fermer.

C’est le cas entre autres de la halte routière de Maskinongé sur l’autoroute 40, où le restaurant Tim Hortons est fermé depuis deux mois, les dimanches, faute d’employés en nombre suffisant. «On ne voit pas la lumière au bout du tunnel», mentionne le propriétaire, Hugo Ouellet.

Critique envers la PCRE

Les restaurateurs sont aussi critiques envers la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), qui n’aide en rien au recrutement, nous dit-on. 

«Si des gens sont à la maison et reçoivent un salaire, c’est certain que ce ne sont pas des CV que j’ai», indique Mme Laforge. 

— Avec la collaboration de Patrick Bellerose

Distance parcourue pour transporter des travailleurs   

Une prestation populaire      

  • À ce jour, 348 550 Québécois ont reçu une aide de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE)   
  • Début juin, 117 830 en bénéficiaient toujours    
  • Plus de 23 milliards $ ont été distribués à l’échelle canadienne.      

QUELQUES CRITÈRES POUR Y AVOIR DROIT   

  • Ne pas avoir d’emploi en raison de la COVID-19 ou avoir subi une baisse de 50 % du revenu hebdomadaire moyen par rapport à l’année précédente.    
  • Être à la recherche d’un emploi.    
  • Vivre et avoir un domicile au Canada.    
  • Avoir plus de 15 ans.    
  • Ne pas avoir quitté son emploi ou réduit ses heures de façon volontaire après le 27 septembre 2020, sauf pour des raisons valables.    
  • Ne pas refuser un travail raisonnable pendant la période de 2 semaines visée par la demande, au risque de s’exposer à des pénalités.      

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