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Prince pour une dernière fois?

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Prince redescend sur Terre avec un album posthume qui divise.

Prince 

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Welcome 2 America

Voyage dans le temps

Icône pour certains, personnage problématique pour d’autres (les récents commentaires de Sinead O’Connor viennent en tête), Prince demeure dans la culture populaire cinq années après sa mort et tout particulièrement ces jours-ci via Welcome 2 America, un album enregistré en 2010 autour de séances d’improvisations avec ses musiciens de tournées, inspiré en partie par les grands albums jazz et funk quasi improvisés des années 1970 et l’actualité d’alors. En résulte donc un album RNB qui détonne musicalement du son plus pop actuel, mais dont les références — désormais poussiéreuses — font souvent sourciller. 

Dès la pièce-titre qui ouvre le bal — une chanson très « état du monde » (pour reprendre l’expression du critique Noel Murray) faisant notamment écho à Sign O’ The Times —, un malaise pèse alors que l’artiste multiplie les références aux téléphones cellulaires et aux vedettes instantanées. Déjà à l’époque, l’iPhone circulait depuis trois années. Les histoires de sex tapes menant à la célébrité, elles, pullulaient depuis plus longtemps encore. Bien qu’on puisse tracer des parallèles (le métier d’influenceuse, par exemple), Prince y multiplie malheureusement clichés et idées maintes fois ressassées depuis et même avant.

Consolation, toutefois, d’autres chansons vieillissent mieux (on y reviendra) et, surtout, le groove est bon.

Plus ça change...

Dix ans plus tard, le racisme et l’exploitation de la classe ouvrière — deux autres thèmes chers à l’œuvre et abordés ici sur Running Game (Son Of A Slave Master) par exemple — demeurent toujours aussi d’actualité. Les pièces les abordant sont donc, une décennie plus tard, incroyablement dans l’air du temps.

Ce qui est aussi surprenant que triste.

Pour fans, surtout, mais les mélomanes voulant s’initier à Prince en contournant ses hits ne devraient pas bouder ce legs.

Tragedy 

Photo courtoisie

★★★

Disco Balls to the Wall 

Le péché mignon de la semaine! Tragedy se veut une réponse heavy metal à Me First And The Gimme Gimmes et autres projets remâchant des classiques en reprises d’un autre genre. Le titre du LP vend le punch, mais quand même : ici, le sextuor se frotte à moult reprises metal et stoner rock d’ABBA, Grease et autres vers d’oreille de la belle époque des pantalons éléphants. Inégal, prévisible, mais ô combien sympathique. 

Bleachers 

Photo courtoisie

★★ 1/2

Take the Sadness Out of Saturday Night

Méconnu du grand public jusqu’à tout récemment, Bleachers est ce projet pop qui a surpris plusieurs mélomanes en recrutant Bruce Springsteen pour une de ses pièces – le single Chinatown en circulation depuis novembre dernier et évidemment retrouvé ici). Des mois plus tard, le líder máximo Jack Antonoff y ajoute d’autres invités de marque dont Lana Del Rey (diablement effacée sur la ballade Secret Life). En résulte toutefois un album de pop bien foutue, mais surtout oubliable aussitôt écouté outre quelques (rares) exceptions. Dommage.

Martha Wainwright 

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Hole In My Heart

Au moment d’écrire cette chronique, le nouvel album de Billie Eilish — le tant attendu Happier Than Ever — ne m’a toujours pas été envoyé. Ce n’est évidemment pas une montée de lait, juste un fait expliquant ma couverture de cette nouvelle pièce rock fort accrocheuse de l’incontournable autrice-compositrice-interprète montréalaise Martha Wainwright tant la semaine est chiche en albums remarquables. On l’abordera évidemment plus tard dans le contexte de LP qui y est lié (Love Will Be Reborn, disponible fin août), mais Hole In My Heart annonce une œuvre qui déménage ! À suivre bientôt.

COUP DE COEUR 

The Halluci Nation 

Photo courtoisie

★★★★

One More Saturday Night

Groupe autrefois connu sous l’appellation A Tribe Called Red, The Halluci Nation conserve toutefois sa quête culturelle et musicale (le duo — issu des Premières Nations — incorpore des références autochtones à ses rythmiques électros aux influences diverses) ainsi que son don pour les musiques qui stimulent le déhanchement de façon quasi hypnotique. Les fans de Poirier, notamment, devraient tendre l’oreille si ce n’est pas déjà fait.