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Rugby Canada: un message d’appui aux joueuses

Karen Paquin applaudit le congédiement du responsable de l’Académie de haute performance à Rugby Canada

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Photo AFP La Canadienne Karen Paquin pourchassée par des rivales du Brésil lors d’un match de qualifications jeudi dernier.

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TOKYO | Karen Paquin croit que le congédiement de Jamie Cudmore 24 heures après ses propos déplacés sur les réseaux sociaux démontre que Rugby Canada s’en va dans la bonne direction après le tumulte de la dernière année.

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Entraîneur adjoint de la formation masculine à 15 et responsable de l’Académie de haute performance de Rugby Canada, Cudmore, un ancien joueur de l’équipe nationale, a ridiculisé les résultats de la formation féminine à 7 à Tokyo sur son fil Twitter en remettant en question les plaintes des joueuses sur l’équité et les troubles de santé mentale. Il a rapidement retiré ses propos avant de présenter des excuses qui n’avaient rien de sincère.

Message clair

« Ce congédiement en 24 heures envoie le message que c’est maintenant tolérance zéro, croit Paquin. Ça envoie le message que l’inclusion et la solidarité sont des priorités. Avec une telle réponse, je peux dire que je suis fière de faire partie de Rugby Canada. »

Ce dernier épisode démontre jusqu’à quel point la dernière année a été éprouvante pour les joueuses. Cudmore a plaidé que ses liens d’amitié avec Tait expliquent sa réaction « émotive ».

« Son message sur les réseaux sociaux que les gens ont vu n’est que la pointe de l’iceberg de ce que nous avons vécu, a affirmé Paquin. On a reçu des messages de ce genre depuis longtemps en privé par des gens de l’organisation. La plupart de ces personnes ne sont plus en place. »

« Ce sont des commentaires inacceptables qu’il a tenus, mais pas vraiment surprenants, poursuit Paquin qui a bien hâte de rentrer à Québec pour retrouver son copain et son chien. Quelqu’un qui pense qu’il peut se permettre de tenir de tels propos doit réévaluer ses privilèges et sa personnalité. »

Paquin a été déçue de la réaction de plusieurs personnes de Rugby Canada au moment du départ de Tait. « Je pensais que les gens allaient réagir de façon professionnelle, souligne-t-elle. Certains n’ont pas fait preuve de professionnalisme. Dès novembre, quand nous avons fait part de nos plaintes, certaines personnes nous ont crues dès le départ et ont enclenché les processus, mais les politiques de Rugby Canada n’étaient pas assez fortes et ces gens avaient les mains liées. »

Espoir de changement

La médaillée de bronze aux Jeux de Rio en 2016 et représentante des athlètes croit qu’une telle situation ne risque pas de se reproduire. « Rugby Canada s’est engagé à tout faire pour protéger les athlètes. Les filles de l’édition actuelle et des anciennes vont s’assurer que Rugby Canada prenne ses responsabilités correctement. »

« Rugby Canada n’était pas prêt à gérer la tempête, poursuit Paquin. Il y a encore beaucoup à faire. La nouvelle politique de gestion des plaintes adoptée par Sport Canada est un énorme morceau. Briser le silence est vraiment difficile et fait peur quand tu te plains à quelqu’un qui est en situation de pouvoir au-dessus de toi. »

Des joueuses qui ont porté plainte se sont fait tasser au fil des ans. « C’est facile d’isoler une joueuse qui se rebelle et de la sortir de l’équipe parce qu’elle ne performe pas, déplore Paquin. Comment peux-tu performer dans ces circonstances ? »