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Visages de notre histoire: portrait de Hector Perrier

Hector Perrier (à droite) en compagnie du premier ministre Adélard Godbout, vers 1940.
Photo courtoisie de Bibliothèque et Archives nationales du Québec Hector Perrier (à droite) en compagnie du premier ministre Adélard Godbout, vers 1940.

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UN AVOCAT TRÈS IMPLIQUÉ

L’école est certainement un passage important de la vie... De nos jours, la majorité des gens admet sans problème que l’instruction publique, aujourd’hui de rigueur jusqu’à la fin des études secondaires, est essentielle au développement d’un individu. C’est à Hector Perrier qu’on doit l’instauration de l’instruction publique obligatoire, sous le gouvernement libéral provincial d’Adélard Godbout. Perrier, natif de Montréal en 1895, fait partie de cette génération qui construira les premiers jalons de structures importantes pour l’évolution du Québec moderne. Formé en droit dans les années 1920, il exerce jusqu’à la fin des années 1940. Il aura notamment pour associé Athanase David, avec qui il partage des convictions politiques libérales. Perrier s’implique dans plusieurs associations, du régiment de Châteauguay au Club Canadien, en passant par nombre de clubs sportifs, et sera directeur du Bien-être de la jeunesse. Il s’intéresse depuis longtemps à la politique et s’il est défait lors du scrutin de 1923, il en va tout autrement en 1940. 

RÉALISATIONS 

L’instruction et les arts 

Hector Perrier (à droite) en compagnie du premier ministre Adélard Godbout, vers 1940.
Photo courtoisie de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Élu député en 1940, Perrier fait partie du gouvernement d’Adélard Godbout entre 1940 et 1944. Secrétaire de la province, il sera aussi ministre de l’Éducation et s’attaquera au dossier de l’instruction obligatoire. À l’époque, c’est une question délicate. En effet, le précédent ministère de l’Instruction publique avait été aboli en 1875 et la direction de l’éducation relevait des clergés catholiques et protestants pour leurs communautés respectives. La parenthèse libérale au sein de l’ère duplessiste aura fait adopter le projet de loi qui, concrètement, met à l’amende les parents qui n’envoient pas à l’école leurs enfants âgés de 6 à 14 ans. Perrier sera un ministre important pour l’histoire de l’éducation au Québec et dans la création d’institutions culturelles, comme le Conservatoire de musique et d’art dramatique, qu’il contribue à mettre sur pied en 1942, avec entre autres Wilfrid Pelletier et qui sera installé un temps dans la bibliothèque Saint-Sulpice. En cela, il reprend le travail qu’avait amorcé son ancien collègue Athanase David. 

HÉRITAGE 

Un patrimoine à protéger

Hector Perrier (à droite) en compagnie du premier ministre Adélard Godbout, vers 1940.
Photo courtoisie de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

 

À Montréal, le Conservatoire loue dans la bibliothèque Saint-Sulpice certains espaces pour son programme de musique. La bibliothèque, fondée par les Sulpiciens en 1915, compte en effet une salle de concert, idéale à l’époque pour en faire un lieu de formation et de diffusion pour le public canadien-français. Situé dans le Quartier latin, le Conservatoire contribue à asseoir le secteur comme un carrefour de lieux de formation à Montréal. Le Conservatoire est aujourd’hui installé, pour sa branche montréalaise, sur la rue Henri-Julien. Quant à la bibliothèque Saint-Sulpice, reprise par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, elle est vacante et ne demande qu’à accueillir le public à nouveau. Quant à l’instruction obligatoire, il a fallu, dans les années 1940, convaincre les membres du clergé que cette démarche n’allait pas à l’encontre de leurs intérêts. Si l’instruction publique a connu d’autres modernisations dans les années 1960 et 1970, voilà un héritage sans prix que l’on doit, en bonne partie, à Hector Perrier.