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La force du mentor

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Photo AFP Les nageuses artistiques canadiennes Claudia Holzner et Jacqueline Simoneau lors des préliminaires du programme libre lundi à Tokyo.

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TOKYO | Si plusieurs athlètes ont vécu des moments difficiles pendant la pandémie, la nageuse artistique Jacqueline Simoneau a pu compter sur un appui de taille dans son coin pour l’aider à naviguer dans ses flots d’incertitude.

Avant les Jeux panaméricains en 2015 dans le cadre d’un programme de soutien financier et de mentorat de CIBC à 67 athlètes, Simoneau a fait la connaissance de Kyle Shewfelt, un ancien gymnaste canadien qui a remporté l’or en 2004 à Athènes. 

Il s’agissait de la première médaille d’or canadienne de l’histoire à l’épreuve au sol. L’Albertain a aussi pris part aux Jeux de 2000 et de 2008.

« Kyle est une personne incroyable, affirme-t-elle. Nous avions été jumelés ensemble et nous avons toujours gardé contact depuis cette première rencontre. »

« Kyle a écrit un livre sur son parcours sportif et à compter d’avril 2020 il lisait un chapitre sur Instagram live à chaque soir », raconte Simoneau. 

« J’étais là à chaque pour l’entendre. Cette activité m’a donné la motivation de continuer de m’entraîner dans le creux de la quarantaine. Des centaines de personnes étaient en ligne pour l’écouter », ajoute-t-elle.

En juin avant son départ pour Tokyo, Simoneau a reçu une copie du bouquin Make it Happen de son mentor. 

Un bouquin qui aide

« J’ai reçu une copie de son livre dédicacée qui contenait un très beau message », souligne l’olympienne qui a pris part aux Jeux de Rio en 2016 en duo avec sa grande amie Karine Thomas où elles ont terminé en 7e place. 

« Sa passion pour le sport est contagieuse. Nous sommes demeurés en contact très, très près et je n’hésite pas à l’appeler si j’ai des questions ou des inquiétudes », explique-t-elle.

« Kyle m’aide beaucoup dans ma préparation mentale », de poursuivre Simoneau qui est entrée en scène, hier [lundi], lors du programme technique en duo en compagnie de sa partenaire Claudia Holzner. 

Jacqueline Simoneau et son mentor Kyle Shewfelt aux Jeux de Rio en 2016.
Photo courtoisie
Jacqueline Simoneau et son mentor Kyle Shewfelt aux Jeux de Rio en 2016.

« Il m’aide à composer avec les incertitudes touchant le sport, mais aussi l’école alors que j’attendais une réponse à mes demandes en médecine. Avant les Jeux de Rio, j’avais eu un très long appel. Il m’avait aidée et rassurée », se souvient l’athlète.

Redonner au suivant

Shewfelt a pu compter lui aussi sur des mentors au cours de sa carrière et au moment de faire la transition vers son après carrière qui ont joué un rôle important. 

« Mark Tewksburry, Catriona Lemay Doan et Marnie McBean [cheffe de mission du Canada à Tokyo] m’ont aidé et c’est tout un honneur de m’impliquer à mon tour, mentionne l’ancien gymnaste qui est analyste pour CBC à l’occasion des Jeux olympiques depuis plusieurs années et qui a ouvert un club de gymnastique qui porte son nom à Calgary. Je suis tellement fier de Jacqueline. Je savais dès le départ qu’elle était spéciale. Jacqueline est l’une des personnes dont je suis le plus fier. » 

Shewfelt souhaite aider les athlètes dans leur préparation olympique. Il joue un rôle similaire avec le gymnaste René Cournoyer qui s’est lui aussi qualifié pour Tokyo. 

« C’est difficile pour les athlètes de s’entraîner pour les Jeux. C’est une expérience unique qui se déroule sur une journée. Tu te questionnes si tu fais tout correctement. Mon rôle est d’être disponible en tout temps. C’est merveilleux de gagner une médaille olympique, mais ça dure une journée. Le plus important est comment tu partages cette expérience historique. C’était naturel de m’engager dans cette voie. »

Tout comme son mentor, Simoneau redonne au suivant. 

Elle a pris sous son aile Marilou Duvernay-Tardif, une athlète d’aviron et la sœur de Laurent Duvernay-Tardif. « Je me compte chanceuse de pouvoir partager mon parcours. Je suis là pour elle depuis le premier camp en 2017. »

Une expérience rehaussée par un fort lien d’amitié

La nageuse artistique Andrée-Anne Côté lors d’une compétition antérieure aux Jeux de Tokyo.
Photo courtoisie
La nageuse artistique Andrée-Anne Côté lors d’une compétition antérieure aux Jeux de Tokyo.

TOKYO | Une participation aux Jeux olympiques représente une expérience unique, et la vivre avec une de ses grandes amies rehausse encore plus le moment.

Les nageuses synchronisées Andrée-Anne Côté et Camille Fiola-Dion ont misé sur un parcours identique pour atteindre leur rêve. 

Natives de Saint-Georges et de Rimouski respectivement, elles ont quitté leur région natale à l’âge de 13 ans et de 15 pour s’établir à Québec, où elles ont joint les rangs du club Synchro-Élite, maintenant connu sous l’appellation de Québec Excellence Synchro.

Après trois années dans la Vieille Capitale où elles nageaient en duo en plus du solo, elles sont parties pour le centre national à Montréal à un an d’intervalle. Et les voici maintenant réunies aux Jeux de Tokyo à l’âge de 23 ans. 

« Nous avons un lien à vie, exprime Côté. On rêvait toutes les deux de participer aux Jeux olympiques un jour, mais c’est vraiment important de vivre cette expérience avec des personnes qu’on apprécie. Ça ajoute tellement à l’expérience. »

« Andrée-Anne est mon amie depuis tellement longtemps et nous avons partagé les hauts et les bas que participer aux Jeux ensemble rend l’expérience encore plus spéciale, de renchérir Fiola-Dion. Même si on ne nage plus en duo et que je m’ennuie de cette époque, on s’entraîne ensemble tous les jours et nous avons développé une connexion spéciale. Nous sommes très proches l’une de l’autre. »

Choix difficiles

Si elles ont maintenant atteint le sommet de la montagne, les deux amies ont dû faire des choix parfois déchirants dans la poursuite de leur rêve. 

« À 15, quand j’ai déménagé à Québec, je pensais déjà aux Jeux. C’était déjà gros de me joindre à Synchro-Élite. En 2019 quand j’ai choisi de m’en aller à Montréal, mon objectif était de me qualifier pour les Olympiques. J’ai dû faire beaucoup de choix qui n’ont pas toujours été faciles, mais ma sélection prouve que j’ai pris les bonnes décisions. »

Côté abonde dans le même sens. « Quand j’ai déménagé à Québec à l’âge de 13 ans, je ne pensais pas aux Jeux, mais je voulais savoir où je serais en mesure de me rendre, raconte la future étudiante en médecine qui a repoussé ses études universitaires en raison du report des Olympiques. En 2017, quand je suis arrivée à Montréal, les Jeux étaient dans ma tête. J’étais prête à faire tous les sacrifices nécessaires pour réaliser mon rêve. »

Plus jeune membre de l’équipe canadienne à 18 ans, Rosalie Boissonneault, de Drummondville, a aussi porté les couleurs de Québec Excellence Synchro en 2015 avant de se joindre au club Montréal Synchro. L’entraîneuse adjointe de l’équipe nationale Kasia Kulesza a travaillé pour le club de Québec de 2013 à 2018.

Compétition par équipe

De retour aux Jeux pour la première fois depuis Londres en 2012, l’équipe canadienne est arrivée à Tokyo il y a quelques jours. Les nageuses entreront en action dans la compétition par équipe le 6 août à l’occasion du programme technique. Le programme libre suivra le lendemain.

Si tout se passe bien, Fiola-Dion pourrait devenir la deuxième athlète de Rimouski à grimper sur un podium olympique à Tokyo après la médaille d’or de Maude Charron en haltérophilie chez les 64 kg.

Quant à Côté, elle aura l’occasion de se produire sous les yeux de son père, Stéphane, présent à Tokyo comme attaché de presse de Natation artistique Canada.