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Washington promet d’accueillir des milliers de réfugiés afghans supplémentaires

Washington promet d’accueillir des milliers de réfugiés afghans supplémentaires
AFP

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WASHINGTON | Les États-Unis, déjà engagés dans une course contre la montre avant leur retrait d’Afghanistan pour évacuer les Afghans ayant travaillé pour l’armée américaine, tentent d’accueillir des milliers d’autres personnes qui risquent de subir les représailles des talibans, mais le processus s’annonce complexe.

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«À la lumière de la hausse de la violence de la part des talibans, le gouvernement américain travaille pour fournir à certains Afghans, y compris ceux qui ont travaillé avec les États-Unis, l’opportunité de bénéficier des programmes d’admission de réfugiés aux États-Unis», a annoncé lundi le département d’État dans un communiqué.

Cette décision «étend la possibilité de relocalisation permanente aux États-Unis à plusieurs milliers d’Afghans et aux membres de leur famille immédiate qui pourraient être en danger en raison de leur proximité avec les Américains, mais qui ne sont pas admissibles aux visas d’immigration spéciaux» actuellement octroyés à une partie des interprètes, traducteurs et autres auxiliaires afghans de l’armée américaine, a-t-il précisé.

Le président américain, Joe Biden, a fixé au 31 août la date butoir pour le retrait total des forces américaines d’Afghanistan, juste avant le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 à New York et au Pentagone qui avaient déclenché leur intervention.

Mais les talibans ont lancé une offensive généralisée; on craint alors qu’ils ne s’emparent du pouvoir après le départ des forces étrangères et qu’ils ne se vengent contre les Afghans qui ont travaillé pour ces dernières.

Pour les évacuer, la diplomatie américaine a commencé à leur fournir des visas d’immigration spéciaux. Un premier groupe de 200 personnes est arrivé vendredi aux États-Unis, sur 2500 individus ayant franchi toutes les étapes pour l’obtention de ce visa et qui sont attendus dans les prochaines semaines.

D’autres, qui ne sont pas aussi avancés dans le processus, doivent être mis à l’abri dans des bases américaines à l’étranger, le temps d’attendre leur visa.

Mais quelque 20 000 Afghans ayant travaillé pour l’armée américaine ont demandé à être accueillis aux États-Unis, selon la Maison-Blanche, et leur nombre pourrait s’élever à 100 000, selon certaines estimations, si l’on compte les membres de leur famille. Et tous ne sont pas admissibles à ces visas spéciaux.

12 à 14 mois

D’autres Afghans qui ont travaillé pour des organisations non gouvernementales ou des médias américains sont aussi menacés, sans pouvoir obtenir ces visas.

Le gouvernement Biden est donc sous pression, notamment de la part d’élus républicains et démocrates, pour en faire davantage.

D’où l’idée de les faire bénéficier d’un des programmes d’admission des réfugiés aux États-Unis.

Mais ce processus est long et complexe: les candidats au statut de réfugié doivent ainsi être recommandés par leur employeur actuel ou ancien. À l’inverse des demandeurs de visas spéciaux, Washington n’a pas prévu d'évacuer ces futurs réfugiés, et ils doivent quitter l’Afghanistan par leurs propres moyens.

Ce n’est qu’une fois qu’ils auront rejoint un pays tiers que leur demande commencera à être examinée, ce qui prend ensuite 12 à 14 mois.

«Nous continuons d’observer la situation sur le terrain et d’examiner toutes les options pour protéger ceux qui ont travaillé avec nous ou pour nous», a seulement dit une responsable de la diplomatie américaine à la presse.

Elle a reconnu «la difficulté pour ces gens de devoir quitter le pays par leurs propres moyens», dans une région où les voisins de l’Afghanistan sont parfois jugés proches des talibans, comme le Pakistan, ou sont des ennemis des États-Unis, comme l’Iran.

«Nous discutons avec les pays voisins ainsi qu’avec le HCR (Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés) pour être prêts à un éventuel afflux», a assuré un autre responsable américain. «Dans un endroit comme le Pakistan, il sera important que la frontière reste ouverte», et en Iran, ils pourront s’enregistrer «auprès du HCR», a-t-il ajouté.