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Rassemblement à Repentigny: On demande justice pour l’homme abattu

Il a été tué par la police dimanche à Repentigny

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Une foule hétéroclite de quelques centaines de personnes s’est rassemblée mercredi devant l’hôtel de ville de Repentigny pour réclamer justice après la mort d’un homme noir abattu par les policiers.

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« Pourquoi trois balles ? Ils étaient six ou huit policiers. Je ne comprends pas de quoi ils avaient peur », s’est exclamé Kayshawn, un des fils de Jean René Junior Olivier, abasourdi. 

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Dimanche matin, l’homme de 37 ans a été tué de trois balles au ventre après que sa mère eut appelé les policiers pour obtenir de l’aide, car son fils était désorganisé.

Péniblement, elle s’est tenue devant la foule mercredi pour dénoncer la situation et réclamer des changements concrets, à commencer par une enquête sur le corps de police de Repentigny.

Marie Mireille Bence, la mère de Jean René Junior Olivier, s’est tenue devant la foule pour réclamer justice.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Marie Mireille Bence, la mère de Jean René Junior Olivier, s’est tenue devant la foule pour réclamer justice.

« Au lieu de m’aider, on a assassiné mon fils. Quand les policiers agissent ainsi, ils sont des criminels », a insisté Marie Mireille Bence, la voix brisée, en demandant justice. 

De nombreux citoyens de tous âges ont témoigné au micro, alléguant avoir aussi été victimes de profilage racial. Présente sur les lieux à des fins de sécurité, la police s’est quant à elle faite discrète.

Un tabou 

Dans la foule, Jodana Surpris, 37 ans, tenait à être présente pour son petit frère qui souffre de psychoses liées à un trouble de santé mentale. Elle l’a reconnu dans l’histoire de Junior Olivier et tenait à dénoncer les tabous.

« On a préféré intervenir entre nous, garder le silence. C’est un ours en peluche, mais il mesure six pieds. Pourquoi on déroule le tapis quand un blanc parle de maladie mentale, mais quand c’est une personne racisée, on la trouve menaçante ? », a-t-elle déploré.

Selon des proches, la victime tentait activement d’obtenir de l’aide pour ses troubles mentaux, au moment des évènements. Par le passé, il avait passé plusieurs années en prison pour un vol qualifié en 2005, ainsi que pour avoir possédé une arme à feu en 2020.

La mairesse de Repentigny brise le silence

Près d’une semaine après le décès de l'un de ses concitoyens, la mairesse de Repentigny, Chantal Deschamps, a pris la parole pour s’adresser publiquement à la famille de Jean René Junior Olivier, jeudi.

La mairesse a notamment indiqué que sa ville luttait contre le profilage racial pour que chaque résident puisse se sentir en sécurité. «Comme mairesse, je m'engage que ce soit l'affaire de tous», a-t-elle dit. La mairesse a aussi précisé que les témoignages, les revendications et la colère des gens réunis, mercredi soir, devant l’hôtel de ville ont été entendus.

SIMON DESSURAULT/L'ÉCHO DE REPENTIGNY/AGENCE QMI

«Notre municipalité a beaucoup changé au cours des dernières années, faisant de notre Ville un milieu de vie plus diversifié que jamais et où chacun devrait pouvoir vivre en harmonie, dans le respect des droits et des différences. La discrimination, quelles que soient ses formes, est inacceptable parce qu'elle remet en question les valeurs d'inclusion, d'égalité et de diversité qui sont chères à l'ensemble de notre communauté», a ajouté Mme Deschamps qui s’est dite directement interpellée par la tragédie.

Dimanche matin, Jean René Junior Olivier a été abattu par un policier du Service de police de la Ville de Repentigny, en pleine rue. Sa famille avait appelé la police parce que l’homme, atteint de schizophrénie, était en crise.

Une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a été lancée depuis.

«Pour les organisations policières, les problématiques de santé mentale font partie des réalités d'aujourd'hui. Et bien que je ne puisse commenter les événements de dimanche dernier, ma confiance demeure pleine et entière envers l'enquête que mène actuellement le BEI et le coroner», a fait savoir la mairesse de Repentigny qui se retira de la vie politique en novembre prochain.

«Aucun parent ne souhaite vivre la mort de son enfant. Je ne peux m'imaginer à quel point ce deuil doit être difficile à vivre pour les proches. J'ai d'ailleurs témoigné à Mme Bence le soutien et la solidarité de notre organisation. Je lui ai également proposé la possibilité de discuter une seconde fois pour l'écouter et l'entendre, afin de nous permettre de faire avancer positivement les choses, sur tous les fronts», a indiqué la mairesse.

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