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Sept-Îles: une mère lance un cri du cœur pour son enfant

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En attente d’un rendez-vous en pédopsychiatrie pour son fils depuis un an et demi, Émilie Parent, au bout du rouleau, essaie de comprendre le problème qui afflige son enfant depuis près de deux ans.

Quand Liam est entré à la garderie, les éducatrices ont constaté chez lui un retard de langage et des pleurs incessants. Après de nombreux rendez-vous auprès de spécialistes, notamment avec une orthophoniste en 2017 qui confirmait que Liam n’avait pas de problème d’élocution, la spécialiste a recommandé qu’il soit vu par un pédopsychiatre, car elle soupçonnait un trouble du spectre de l’autisme (TSA) qu’elle ne pouvait pas diagnostiquer elle-même, a précisé Émilie Parent à TVA Nouvelles mercredi.

Entre-temps, la dame a reçu de l’aide du centre de protection et de réadaptation L’Émergent de Sept-Îles. «Il y a une éducatrice spécialisée qui l’a suivi pendant environ un an. C’est quand il a commencé l’école qu’on s’est aperçu que c’était plus grave qu’on pensait», a expliqué Mme Parent.

Après sa rentrée en prématernelle, Liam a développé des accès de colère, devenant violent envers le personnel et les élèves.

«Si Liam ne donnait pas la bonne réponse, pour lui, c’était la fin du monde. Ça déclenchait une colère extrême. J’ai rencontré la directrice pour établir un plan d’intervention, parce qu’en prématernelle, il n’y a pas de services pour les enfants qui ont des difficultés comme Liam. On a établi un plan d’intervention, où Liam va à l’école juste les matins ou les après-midi», a indiqué Mme Parent.

Cela n’a pas empêché la situation de dégénérer en mai dernier.

«Il a pété une très grosse crise. Il a commencé à lancer des objets, des pupitres, il a commencé à faire mal aux autres, il était incontrôlable. Ils lui ont fait une salle spécialement capitonnée pour qu’il ne se fasse pas mal. Mais la directrice m’a dit qu’il était un danger pour lui-même et les autres qui l’entouraient», a-t-elle déploré.

La mère de l’enfant craint maintenant que son fils ne pose un geste grave ou qu’elle ne puisse plus avoir l’horaire flexible dont elle a besoin pour s’occuper de lui.

«Ce n’est pas flagrant comme problème. C’est juste que ça devient de plus en plus pire. Même moi, je commence à avoir de la misère. Il vient me faire mal, me pincer. Son regard change. Je reconnais plus mon garçon», a-t-elle confié.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord n’a pas souhaité commenter la situation, mais a toutefois laissé savoir à TVA Nouvelles que «la situation en pédopsychiatrie est très difficile partout au Québec».

«À Sept-Îles, le manque de pédopsychiatres, au cours des dernières années, a fait en sorte que le nombre de patients sur la liste d’attente a augmenté continuellement», a écrit Pascal Paradis, porte-parole pour le CISSS de la Côte-Nord.

«J’aimerais que mon enfant soit pris en charge et qu’on me dise ce qu’il a, mon enfant. C’est ce que j’espère le plus et que ça se passe rapidement parce que je ne peux plus vivre comme ça. Ce n’est pas le fun en tant que parent de voir son enfant vivre comme ça. Je ne suis pas la seule à vivre ça, mais je trouve qu’après deux ans, ce n’est pas normal», a indiqué la résidente de Sept-Îles, avec la gorge serrée.

Le CISSS de la Côte-Nord a embauché deux pédopsychiatres l’année dernière, «mais il est impossible pour ces deux médecins de rattraper en une seule année tout le retard accumulé», a ajouté M. Paradis.