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Saumon atlantique : la remise à l’eau est bénéfique pour l’espèce

Saumon atlantique : la remise à l’eau est bénéfique pour l’espèce
Julien Garon-Carrier / AGENCE QMI

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Au grand profit des pêcheurs, les stocks de saumons de l’Atlantique dans les rivières du Québec sont en augmentation, depuis l’imposition de la remise à l’eau obligatoire des grands saumons, en 2016. 

Dans les cinq dernières années, «la remise à l’eau a permis d’augmenter les stocks de saumons reproducteurs de 4 %, [permettant] à 30 000 grands saumons [de se reproduire] au Québec», a confirmé Daniel Labonté, relationniste pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

En outre, à mi-chemin dans le plan 2016-2026 de gestion du saumon atlantique, l’évaluation de l’impact de cette mesure conclut à une diminution de la récolte de 51 % pour les grands saumons (plus de 63 cm), ce qui favorise la «conservation et la valorisation de l’espèce», a signifié M. Labonté dans un échange de courriels avec l’Agence QMI.

Les stocks de saumons de l’Atlantique ont subi un grand déclin dans les années 1990, avant de se stabiliser dans les années 2000, passant d’environ 80 000 à 40 000 individus, selon les données de montaison (nombre de saumons qui partent de l’océan pour venir frayer dans les rivières du Québec) du plan de gestion. Aujourd’hui la population est à peu près stable dans ces eaux-là, et depuis 2016, seuls les madeleineaux (saumons de moins de 63 cm) peuvent être conservés lors d’une capture.

Mais après le décompte des saumons à la mi-saison, il est possible de conserver un grand saumon par année par pêcheur, pour les rivières qui rencontrent certains standards de montaison. Par exemple, cette année le MFFP permet depuis le 1er août à 11 rivières du Québec de bénéficier de ce traitement.

Saumon atlantique : la remise à l’eau est bénéfique pour l’espèce
Julien Garon-Carrier / AGENCE QMI

Une adaptation réussie

Si l’instauration de cette mesure est maintenant bien ancrée dans le comportement des pêcheurs, certains avaient d’énormes appréhensions en 2016, se rappelle Myriam Bergeron, directrice générale de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA). «Les ZEC croyaient que la pêche aux saumons allait s’effondrer [si on empêchait les pêcheurs de conserver leurs prises]», a-t-elle confié, précisant qu’il y en avait quand même eu «des gens qui avaient lâché le sport à cause de ça».

Aujourd’hui grâce à toute la sensibilisation effectuée par la FQSA et d’autres organismes, «c’est vraiment plus accepté, surtout chez les nouvelles cohortes de pêcheurs», a affirmé Mme Bergeron en entrevue.

La remise à l’eau c’est «une tendance mondiale [...] qui rejoint de plus en plus de pêcheurs», a souligné M. Labonté, du MFFP. Ainsi, «plus de 12 500 saumons sont remis à l’eau au Québec par année», a-t-il affirmé. Cela signifie, par exemple, que pour la rivière Matapédia, en Gaspésie, la «récolte annuelle a diminué de 694 à 108 grands saumons», a indiqué le relationniste du MFFP.

Cette mesure de préservation de l’espèce n’est pas sans aléas puisque 7 % des saumons remis à l’eau ne survivent pas. Toutefois, «la situation actuelle aurait été pire sans cette pratique», croit Daniel Labonté.

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