/lifestyle/hangout
Navigation

Terroir: découvrir le Québec une bouchée à la fois

Terroir: découvrir le Québec une bouchée à la fois
Claude Fortin / AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

Prendre les routes du Québec, c’est partir à l’aventure pour découvrir des trésors insoupçonnés. Depuis plus de 20 ans, Yves Camus et sa compagne empruntent les chemins de travers et visitent les moindres recoins de la province pour explorer les couleurs de sa paysannerie et les saveurs de son terroir. 

«J’ai passé ma vie comme ingénieur à m’intéresser aux questions techniques sans trop me demander ce qui se trouvait dans mon assiette. À un moment donné je me suis dit: faudrait peut-être que je sois curieux de quelque chose d’aussi fondamental que ce je mange», nous a raconté l’homme aujourd’hui retraité.

Celui qui se fait appeler «Yves de Granby» hésite toutefois à parler de lui et souhaite que l’on s’abstienne de le prendre en photo pour les fins du présent article afin que l’attention soit portée, non pas sur lui, mais sur les artisans dont il admire le courage, la ténacité et la générosité. C’est d’ailleurs à la Fromagerie Nouvelle France, à Racine, en Estrie, que nous l’avons rencontré par hasard alors qu’il était bénévole à une dégustation de fromages et de merguez, un samedi matin d’été.

Terroir: découvrir le Québec une bouchée à la fois
Claude Fortin / AGENCE QMI

On sent l’amoureux du terroir tirailler lorsqu’on lui demande de nous parler de ses coups de coeur. Il hésite puis cite finalement Jean Morin, de la Fromagerie du Presbytère, à Sainte-Élizabeth-de-Warwick, un peu au sud de Victoriaville, dont la qualité du produit fait rayonner la municipalité à travers le Québec. Il nous parle des «vendredis du Presbytère» où le producteur de fromages fins se met au fromage en grains, l’espace d’une journée, pour en garnir les frites que savourent des milliers de personnes tout au long de l'été.

Pour Yves Camus, visiter les artisans c’est aller à la rencontre de l’authentique. L’exemple de Marie-Chantal Houde, de la Fromagerie Nouvelle France, lui vient à l’esprit. «Marie-Chantal est la seule à faire le halloumi [du fromage à griller] à partir du lait de brebis selon l’inspiration d’une recette authentique qui vient des Chypriotes», soutient-il, admiratif.

Terroir: découvrir le Québec une bouchée à la fois
Photo Facebook

L’enthousiasme de l’explorateur des campagnes dépasse les fromages. Il s’étend à tout ce qui se mange et se boit. «Nous avons ici au Québec de vrais vignerons. On a même des bulles fameuses qui se font ici. Retenez ce nom: Domaine Bergeville, à Hatley», nous dit-il, passionné.

Puis il y a Christian Barthomeuf, du Clos Saragnat, à Frelighsburg, près de la frontière américaine, l’inventeur du cidre de glace, pour lequel il ne peut cacher son admiration. Yves Camus évoque les trois cidres que vient de lancer le vigneron, Le Bon, La Brute et Le Truand, dont les caractères rappellent ceux des personnages du film de Sergio Leone, et qui travaille maintenant sur une autre sélection consacrée aux frères Dalton et leur non moins colorée mère, Ma Dalton.

Malgré son enthousiasme, Yves Camus s’inquiète. L’entente Canada-Europe fera entrer des tonnes de fromages industriels au pays parce que «les artisans [européens] n’ont pas la capacité d’exporter».

Puis il manifeste un souhait pour l’avenir du terroir québécois: «le consommateur devrait penser que, oui si ça coûte un peu plus cher [le fromage et les produits artisanaux d’ici], c’est normal parce que c’est fait avec beaucoup plus de passion, de talent et de soin [que les fromages industriels]».