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Un très grand banquier qui laisse un héritage marquant

Le parcours de Louis Vachon est jugé quasi sans tache par les observateurs

Louis Vachon
Photo Pierre-Paul Poulin Louis Vachon, qui est à la barre de la Banque Nationale depuis 2007, a annoncé, mercredi, qu’il prendra sa retraite le 31 octobre prochain.

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Si sa nomination avait soulevé bien des craintes à l’origine, la plupart saluaient, mercredi, le passage long et remarqué de Louis Vachon à la tête de la Banque Nationale (BN). 

« Je crois que Louis a été un grand banquier, respecté de ses pairs et que les craintes suscitées à l’époque ont vite été dissipées, estime l’ex-numéro deux de la Caisse de dépôt et placement, Michel Nadeau. De mon point de vue, la relève ne sera pas facile. Ce sera définitivement de grosses chaussures à porter. »

L’homme âgé de 59 ans, président et chef de la direction de la BN depuis 2007, a annoncé mercredi son départ pour la retraite. Il quittera ses fonctions le 31 octobre, après presque 15 années comme patron de la première banque en importance au Québec. Il sera remplacé par Laurent Ferreira, actuel chef de l’exploitation.

Le président du conseil de la BN, Jean Houde a vanté la contribution du natif de Lévis aux commandes de l’organisation et a qualifié de « marquant » l’héritage qu’il laisse. 

« Sous sa gouverne, la Banque a affiché des résultats exceptionnels et généré, pour les actionnaires, un rendement annuel composé total de premier plan [dans] l’industrie, soit de 13 % du 1er juin 2007 au 31 juillet 2021 ».

Louis Vachon n’accordait pas d’entrevue mercredi. Il en demeurera ainsi jusqu’à la divulgation de prochains résultats financiers de la banque, le 25 août.

Mais par voie de communiqué, celui qui cumule actuellement le plus d’années d’expérience parmi les présidents de grandes banques toujours en fonction au Canada, a indiqué que sa carrière au sein de la Nationale avait été « un privilège ». 

« L’une de mes plus grandes fiertés est certainement d’avoir contribué à développer une culture d’agilité à la Banque, pour qu’elle puisse toujours mieux s’adapter au changement, saisir les occasions et faire face aux défis qui se présenteront »

Un candidat qui faisait peur

C’est justement ce vent de changement qu’incarnait le « jeune » Louis Vachon, encore dans la quarantaine, qui inquiétait parmi le cercle restreint de professionnels impliqués dans le choix du successeur, se souvient Michel Nadeau. Avant, André Bérard avait régné en maître de 1990 à 2002. Ensuite vint Réal Raymond jusqu’en 2007. 

« La Banque était une institution conservatrice, relate M. Nadeau. Certains avaient peur de lui. On craignait de Vachon qu’il amène des produits nouveaux qui causeraient des problèmes à l’organisation... Ces gens-là lui préféraient un Léon Courville, par exemple. »

Finalement, Vachon l’emporte. C’était quelques mois à peine avant que ne frappe la crise des PCAA et le début de la crise financière qui suivit. Une expérience qui aura profondément marqué les premières années de règne du nouveau venu, sans pour autant provoquer sa chute. 

« Au total, je dirais qu’il a un parcours assez impeccable, affirme l’ex-DG de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques. J’ai beau réfléchir. Je ne vois pas de fautes majeures. » 

Des fleurs du MÉDAC

Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), qui ne craint pas d’ordinaire de critiquer les dirigeants de sociétés, n’avait aussi que de bons mots pour le président sortant, avec qui elle affirme avoir su entretenir de bonnes relations.

« Ça n’est évidemment pas une relation parfaite [...], a nuancé son directeur, Willie Gagnon. Mais elle est assurément très bonne, notamment en ce qui concerne la prise en compte des intérêts des parties et du caractère soutenu du dialogue. M. Vachon y est assurément pour quelque chose. Nous sommes navrés de le voir partir. »

La nouvelle n’a pas affecté le cours de l’action de l’entreprise. À la clôture de la Bourse de Toronto, mercredi, la valeur de son titre avait progressé de 0,75 % pour s’établir à 98,03 $, un sommet. Depuis 12 mois, son titre a crû de 48,96 %.