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Un projet prometteur vendu à des Australiens

Il s’agit d’un autre revers pour la stratégie d’électrification des transports du gouvernement du Québec

Les projets d’extraction de terres rares Kipawa et Zeus sont tous deux situés non loin du lac Kipawa (photo ci-haut), en Abitibi-Témiscamingue. Leur cession à des intérêts australiens a été annoncée hier par leur propriétaire, Métaux précieux du Québec.
Photo courtoisie, Société de développement du Témiscamingue Les projets d’extraction de terres rares Kipawa et Zeus sont tous deux situés non loin du lac Kipawa (photo ci-haut), en Abitibi-Témiscamingue. Leur cession à des intérêts australiens a été annoncée hier par leur propriétaire, Métaux précieux du Québec.

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Un projet minier lié à l’électrification des transports sur lequel Québec avait misé 4 millions $ s’apprête à passer dans le giron d’une firme australienne.

Métaux précieux du Québec (QPM) a annoncé, hier, la cession des projets de terres rares Kipawa et Zeus, situés en Abitibi-Témiscamingue, à l’entreprise Vital Metals de Sydney pour 8 millions $. 

En 2012 et en 2013, Toyota avait investi quelques millions de dollars dans ses actifs québécois dans le but de s’approvisionner en terres rares, des métaux utilisés notamment dans la production de véhicules hybrides et électriques.

« Important pour le Québec »

Puis, en 2014, le gouvernement péquiste de Pauline Marois avait injecté 4 millions $ dans Kipawa, malgré l’opposition de résidants et de groupes écologistes. 

À l’époque, le gouvernement parlait d’un projet présentant « un intérêt économique et technologique important pour le Québec ». 

La vente des projets découle de la décision de QPM de se concentrer sur l’exploration aurifère à la baie James dans la foulée d’une transaction financière effectuée en 2018 avec le concours du géant Goldcorp (aujourd’hui Newmont) et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

« On n’avait pas l’expertise ni le désir de faire avancer ces projets-là », confie au Journal le président de QPM, Jean-François Meilleur.

Pas d’acheteur local

La direction de l’entreprise assure avoir tenté de trouver des acheteurs canadiens pour les actifs Kipawa et Zeus, mais en vain.

« Personne n’a levé sa main, relate M. Meilleur. Je suis bien prêt à vendre quelque chose, mais si tout le monde veut payer pas cher... Moi, j’ai une job, c’est de valoriser [l’avoir de] mes actionnaires. C’est de valeur, mais... Sans entrer dans les détails, on parle du jour et de la nuit. Si je vous offre 1 $, alors que vous pouvez avoir 10 $, pourquoi je ferais la transaction à 1 $ pour garder ça au Québec ? [...] Quand tu reçois une offre pour ta maison, puis que tu pars à rire... Bien non. »

Tout n’est pas perdu puisque Québec conservera une participation de 32 % dans Kipawa, soutient le dirigeant.

« Avoir un partenaire australien qui vient appuyer Investissement Québec [...], ça va quand même être des jobs au Québec, affirme-t-il. [...] Il y aura encore de la valeur ajoutée au Québec. »

Les Australiens sont de plus en plus présents dans le secteur minier québécois. La firme Sayona vient de mettre la main sur la mine abitibienne de North American Lithium, tandis que la mine de fer du lac Bloom appartient à Champion Iron. 

QPM entend utiliser les 8 millions $ provenant de la vente pour financer ses activités d’exploration aurifère. 

La somme devrait lui permettre de ne pas avoir à effectuer de financement pendant au moins deux ans.