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Un enfer financier causé par la COVID-19

Businessman drowning in sea COVID-19 in economic crisis of Coronavirus.
Illustration Adobe Stock

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Jeanne, 28 ans, a lancé son propre salon d’esthétique il y a trois ans. Sans rouler sur l’or, ses affaires allaient bon train et elle construisait progressivement sa clientèle. Mais la pandémie est venue bouleverser ses plans.

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En effet, pour faire face à la crise sanitaire, le gouvernement a exigé que tous les commerces non essentiels ferment leurs portes pendant plusieurs semaines. Une mesure qui a entraîné une chute de revenus drastique pour Jeanne, qui, du même coup, a perdu une bonne partie de sa clientèle. 

Pour pallier le manque à gagner, elle décide de chercher un emploi à temps partiel en attendant qu’elle puisse reprendre ses activités. Ce revenu d’appoint lui procure 1 000 $. Mais c’est bien loin de suffire pour faire face à toutes ses dépenses. En effet, Jeanne n’a jamais vécu au-dessus de ses moyens, mais chaque dollar gagné dans son entreprise était aussitôt réinjecté pour payer des coûts fixes élevés (loyer, produits de soin, etc.). 

Dans ces conditions, elle a souvent dû avoir recours à ses cartes de crédit pour boucler son budget, et ses soldes s’élèvent aujourd’hui à 15 000 $. Elle a aussi contracté un prêt personnel de 25 000 $ pour acheter de l’équipement pour son salon d’esthétique et doit encore 3 000 $ à l’impôt. Enfin, elle a un prêt automobile de 15 000 $. Au total, l’ensemble de ses dettes s’élève à 58 000 $.

Dans une impasse

Quand elle a pu enfin rouvrir son salon, certaines clientes sont retournées voir Jeanne pour recevoir des soins esthétiques, lui permettant de gagner environ 1 800 $ par mois. Avec son emploi à temps partiel, elle touche donc mensuellement 2 800 $. Mais c’est bien peu pour faire face à toutes ses obligations financières. Car elle doit non seulement payer ses dépenses courantes, mais également rembourser ses dettes. Si on additionne les paiements minimaux de ses cartes de crédit et celui de son prêt personnel, cela représente un montant de mensuel 950 $. Jeanne a d’ailleurs déjà accumulé deux mois de retard sur ces paiements. Elle doit aussi débourser 500 $ par mois pour ses dettes d’impôt et 550 $ pour son prêt auto. Des sommes astronomiques pour son petit budget !

Pour se tirer de ce mauvais pas, la jeune femme a bien essayé d’obtenir un prêt de consolidation de son institution financière, mais compte tenu de l’état précaire de ses finances et de son niveau d’endettement, le prêteur a exigé un endosseur. 

Or, Jeanne réalise qu’advenant le cas où elle serait dans l’incapacité de rembourser le prêt, c’est l’endosseur qui en serait à 100 % responsable et elle ne souhaite pas placer un proche ou un ami dans cette position. Il faut savoir qu’un prêt endossé ne peut pas non plus entrer dans une proposition de consommateur ou une faillite. Par conséquent, si Jeanne devait en passer par là, l’endosseur demeurerait malgré tout responsable du prêt de consolidation. Dans une impasse, elle se décide donc à consulter des experts en insolvabilité.

Proposition de consommateur

Sarah-Maude Daviau, conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot, a analysé le dossier de Jeanne et lui a proposé deux options. La faillite est l’une d’entre elles, mais la jeune femme souhaitait l’éviter à tout prix. La proposition de consommateur – le syndic autorisé en insolvabilité offre aux créanciers un montant moindre que les sommes totales dues – semble lui convenir mieux. Ce faisant, et moyennant le versement d’un montant pendant 60 mois, elle pourra liquider l’intégralité de ses dettes, incluant celles d’impôt, mais à l’exclusion de son prêt automobile. 

« Jeanne souhaitait conserver son véhicule et, pour cette raison, elle poursuivra ses paiements », explique Sarah-Maude Daviau.

Cette dernière lui a aussi conseillé de passer son budget au peigne fin pour réduire ses dépenses. La jeune femme a donc magasiné ses assurances et a déniché un forfait Internet moins coûteux. Elle a aussi fait le ménage dans ses abonnements télévisés et a coupé le câble. 

« Jeanne a également conservé son emploi à temps partiel afin de s’assurer une certaine stabilité de revenus. Elle compte enfin diversifier ses services de façon à regagner de la clientèle à son salon d’esthétique », précise la conseillère. 

Sa situation financière  

Actif  

  • Véhicule financé : valeur de 10 000 $, prêt de 15 000 $    

Dettes de consommation :  

  • Cartes de crédit : 15 000 $   
  • Prêt personnel : 25 000 $   
  • Impôts encore dus : 3 000 $  
  • Prêt auto : 15 000 $    

TOTAL DES DETTES DE CONSOMMATION : 58 000 $ dont 43 000 $ non garantis

Revenus mensuels  

  • Revenus nets de travailleur autonome : 1 800 $  
  • Revenus de salarié à temps partiel : 1 000 $    

TOTAL DES REVENUS : 2 800 $

Dépenses mensuelles  

  • 3 670 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, assurances, épicerie, paiements minimaux des cartes de crédit et du prêt personnel, paiement d’impôt, paiement du prêt automobile, etc.)   

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