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Des œufs frais tous les jours

poules en liberté
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Depuis quelques années, des poulaillers font leur apparition au cœur des cités canadiennes. Face aux demandes de la part de nombreux citoyens férus d’agriculture urbaine, plusieurs municipalités telles que Blainville, Drummondville, Longueuil, Saint-Bruno et Québec ont modifié leur réglementation afin de permettre l’élevage de poules sur leur territoire.

De grands bienfaits

Outre le fait d’obtenir des œufs frais quotidiennement et de permettre une certaine autonomie alimentaire, l’élevage de poules urbaines a de nombreux autres avantages, dont celui de débarrasser les jardins et les potagers d’une foule de bestioles nuisibles dont elles se nourrissent, particulièrement les limaces et les escargots. Toutefois, au-delà de ces bienfaits essentiellement physiques et écologiques, l’élevage de poules en milieu urbain est une formidable expérience qui a aussi de grands bénéfices psychologiques et sociaux. En plus de permettre aux adultes comme aux enfants de comprendre les cycles qui régissent la nature et de retrouver l’essence des aliments, les poules urbaines sont en quelque sorte un facilitateur social puisqu’elles permettent de créer des liens entre voisins en suscitant les discussions et les échanges.

Toutefois, la cohabitation entre poules urbaines et humains peut parfois se faire avec difficulté. Certains citoyens voient d’un mauvais œil la présence de poules dans leur environnement, ne serait-ce que parce que celles-ci peuvent parfois dégager des odeurs. Il y a aussi cette peur d’être aux prises avec un coq qui chante très tôt, dès le lever du soleil. D’autres personnes, sensibles aux droits des animaux, craignent que des poules soient maltraitées par certains citoyens peu soucieux ou mal informés.

Quoi qu’il en soit, avant de vous lancer dans cette aventure, soyez bien conscients que les poules exigent une présence quotidienne, ce qui peut parfois être contraignant, au même titre que d’avoir un animal de compagnie comme un chat ou un chien. La gestion des excréments peut aussi poser problème et doit être faite de façon très rigoureuse.

Dans tous les cas, assurez-vous de vous conformer aux règlements municipaux qui prévalent dans la ville où vous habitez. Bien que les poules urbaines soient permises à maints endroits, certaines municipalités ne permettent pas l’élevage de poules, tandis que d’autres les tolèrent à condition qu’elles n’incommodent pas les voisins. Si vous installez un poulailler chez vous, respectez vos voisins en vous assurant que vos poules ne s’échappent pas de leur enclos et faites en sorte de réduire le plus possible les odeurs et le bruit.

Est-ce qu’un coq est nécessaire ?

La poule Chantecler est une variété de poule québécoise patrimoniale qui résiste très bien à nos hivers.
Photo courtoisie, moulindespionniers.com
La poule Chantecler est une variété de poule québécoise patrimoniale qui résiste très bien à nos hivers.

Le meilleur endroit pour se procurer des poules est assurément chez un fournisseur spécialisé dans la vente d’animaux d’élevage ou dans une coopérative agricole. Certaines jardineries vendent aussi des poules pondeuses provenant d’un couvoir certifié. Évitez à tout prix l’achat de poussins par la poste. Assurez-
vous également que les poules que vous achetez ont été vaccinées contre les maladies les plus fréquentes. À ce sujet, consultez un vétérinaire dès que vos poules présentent des signes anormaux.

Plusieurs personnes se demandent s’il est nécessaire d’acheter aussi un coq. La réponse est simple : pour obtenir des œufs frais, nul besoin de coq. En fait, les poules pondent dès qu’elles ont atteint leur maturité, vers l’âge de cinq à six mois, et la présence d’un coq leur est nécessaire uniquement pour avoir des poussins.

Une poule pond en moyenne un œuf par jour ou à tous les deux jours, soit entre 150 et 250 œufs par an. Durant le printemps et jusqu’au début de l’été, vous pouvez espérer ramasser trois œufs par jour avec au moins quatre poules. En automne et en hiver, la ponte diminue toutefois nettement. Trois ou quatre poules permettent donc de combler les besoins d’une famille de quatre personnes.

Il est important de garder à l’esprit qu’une poule diminue sa production d’œufs vers l’âge de deux ou trois ans et cesse complètement quelques années plus tard. La plupart des poules vivent une dizaine d’années, mais sachez cependant que certaines peuvent dépasser l’âge vénérable de quinze ans !

Ainsi vous devrez renouveler régulièrement votre basse-cour et devrez prendre la décision de garder ou de donner vos poules les plus âgées à un éleveur ou un autre citoyen qui en fera l’élevage. Il est également possible de mandater un abattoir agréé pour procéder à leur abattage.

Un abri essentiel

Une cabane de jardin inutilisée peut être transformée en poulailler.
Photo courtoisie, Farmers’ Almanac
Une cabane de jardin inutilisée peut être transformée en poulailler.

Les poules sont beaucoup plus intelligentes et organisées qu’il n’y paraît. Comme ce sont des animaux sociaux, qui ne peuvent vivre seuls, une hiérarchie s’instaure rapidement au sein d’une basse-cour. Les poules peuvent voler et dorment perchées comme plusieurs autres espèces d’oiseaux. De plus, elles ont besoin de beaucoup d’espace afin de pouvoir gambader et se nourrir. Il faut idéalement compter entre 5 et 8 m2 par poule. Ainsi un enclos de 20 m2 sera suffisamment grand pour quatre poules. En outre, elles ont besoin d’ombre pour se mettre à l’abri du soleil ardent. Un abri ou un arbre sont des lieux sous lesquels elles trouveront refuge durant les périodes chaudes.

Les poules doivent avoir accès à un abri afin qu’elles soient protégées contre les renards, coyotes et autres animaux sauvages ou domestiques – eh oui ! il y a des renards et des coyotes dans les grandes villes canadiennes comme Montréal et Toronto ! – qui pourraient les attaquer, manger leurs œufs ou leur nourriture. Il est donc essentiel que vos poules aient accès facilement à un poulailler à l’épreuve des prédateurs. L’idéal est que le poulailler soit ceinturé d’une clôture de métal d’environ 1,80 m de hauteur, dont les mailles font 10 cm sur 10 cm, et dont une portion est enfouie sous le niveau du sol.

L’installation de perchoirs dans un poulailler est aussi très appréciée par les poules. On retrouve dans les coopératives agricoles et certaines jardineries des petits poulaillers préfabriqués avec abri fermé et enclos grillagé. Malheureusement, certains de ces poulaillers sont trop petits pour l’élevage de trois ou quatre poules.

Aux petits soins

poules en liberté
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Ayant eu la charge d’un petit poulailler pendant les étés de mon adolescence, je peux affirmer que prendre soin des poules n’est pas complexe, mais qu’il s’agit d’une tâche qui doit être effectuée quotidiennement, avec rigueur, et qui peut devenir ardue pour certaines personnes. La tâche principale consiste à leur fournir de l’eau et de la nourriture chaque matin. Une autre tâche essentielle est également de nettoyer le poulailler régulièrement.

Le sol de l’enclos peut être simplement recouvert de pelouse ou d’une plante tapissante comme du trèfle, tandis que le plancher du poulailler doit idéalement être couvert d’une litière faite de copeaux de bois ou de paille. Cette litière doit être enlevée et remplacée tous les sept à dix jours. En milieu rural, la litière souillée peut être épandue au jardin, sur le sol des plates-bandes. Toutefois, en milieu urbain, il est souvent préférable de la mettre aux ordures. Dans tous les cas, il est important de vous conformer à la réglementation municipale à cet égard. La propreté du poulailler et de l’enclos est essentielle pour éviter les odeurs et la propagation de maladies telles que la salmonelle.

Quant à l’abreuvoir, il doit être nettoyé et rempli chaque matin. La mangeoire doit aussi être remplie chaque jour si nécessaire. Les œufs doivent être ramassés chaque jour, lavés et séchés. Les œufs peuvent se détériorer rapidement par temps chaud ou par temps froid.

Il est possible de garder des poules durant l’hiver à la condition toutefois de bien isoler le poulailler. Toutefois, nul n’est besoin de chauffer le poulailler puisque plusieurs variétés de poules peuvent résister à des froids hivernaux approchant les –30 degrés Celsius. Il suffit d’installer une lampe chauffante au-dessus de l’abreuvoir afin d’empêcher l’eau de geler et s’assurer qu’il est toujours bien rempli. En fait, les poules sont beaucoup plus affectées par l’humidité et les chaleurs estivales.

Il est nécessaire de donner à vos poules une alimentation équilibrée avec un apport quotidien de moulée spécialement conçue pour elles. L’achat de moulée pour poules pondeuses se fait généralement auprès de fournisseurs spécialisés, tels que les coopératives agricoles. De plus, les poules aiment bien manger à l’occasion certains restes de table comestibles, tels que des fruits et des légumes – elles ont un faible pour la laitue et les croûtes de pain. Les légumes de la famille des choux, l’ail et les oignons sont toutefois à éviter. Elles aiment aussi se nourrir des feuilles de certaines herbes indésirables, telles que le pissenlit et le trèfle, par exemple. En terminant, il est préférable de ne pas donner trop souvent de viande à vos poules – elles adorent toutefois le gras de prosciutto ! –, car ceci les incitera peut-être à se picorer entres elles.

En terminant, comme les poules n’ont pas de dents, il est essentiel de leur fournir un supplément alimentaire servant à broyer les aliments, tels que des écailles d’huîtres, qui constituent par ailleurs une bonne source de calcium et contribuent aussi à la solidité de la coquille de leurs œufs.


Pour en savoir plus sur l’élevage des poules en milieu urbain

www.poulesenville.com

agripoule.com